La Voie des Marchombres

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 De la conscience de la nature à la nature de la conscience

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Hooda
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MessageSujet: De la conscience de la nature à la nature de la conscience   Mar 19 Nov 2013 - 1:58

[6 mois que je n'ai pas mis les pieds ici, sans parler du temps écoulé depuis mon dernier post. 206 nouveaux sujets en mon absence. Je ne sais pas trop ce qui a guidé mes pas jusqu'ici aujourd'hui, mais en y pensant, j'aimerais bien partager avec vous une petite réflexion du moment. Quelques recherches consécutives avec 2 - 3 mots-clés différents m'autorisent à penser que rien de tel n'a été abordé (du moins pas en sujet principal)... Alors soyons fou et allons-y !]

J'existe. Je suis. Au cours de mon passage sur Terre, j'ai une conscience qui m'est propre. L'Autre aussi possède une conscience. Une conscience qui lui est également propre. Qui n'est pas mienne. Qui n'est pas Moi. Une conscience différenciée. Il perçoit le monde au travers d'un prisme semblable et pourtant différent du mien. qui est le sien. Nos références, nos repères et les ponts que nous établissons avec eux n'appartiennent qu'à nous et à nous seuls.

Qui ne s'est jamais extasié devant l'énormité de sa conscience et des implications mêmes de son existence ? Étape incontournable des grands questionnements existentiels, chacun en vient, un jour ou l'autre, à mesurer toute la démesure de cette notion : la conscience.
Cette flamme omniprésente en nous, que nous ne voyons jamais sauf si nous faisons l'effort de la regarder. Elle nous est si naturelle, elle nous constitue de manière si intrinsèque que nous n'y prêtons même pas attention. Elle forge notre perception du monde, nos pensées, notre identité, bref, notre être.
Quoi de plus inconcevable que de songer n'être plus ? Ne plus exister ? Imaginer sa conscience se volatiliser ? À vrai dire, RIEN. Et pour cause : le simple fait d'imaginer est subordonné à l'existence même de la conscience. Alors comment, à partir de là, penser l'absence de ce qui conditionne ma faculté de penser ? C'est le serpent qui se mord la queue !

Ne plus penser. Dissoudre sa conscience dans la trame de l'Univers. Rejoindre la "Conscience Universelle" (comme je l'ai appelée dans l'un de mes autres [rares] sujets)... Peut-être bien est-ce là l'apogée, l'aboutissement de la méditation, s'il existe une fin au voyage (ce dont je doute fort). L'ultime pas vers l’Éveil, l'Illumination, le Nirvana, appelez-le comme vous voulez.

Où étions-nous avant de nous incarner dans ce corps physique ? Existions-nous sous une forme ou une autre ? Notre conscience était-elle alors mêlée au cosmos, fondue dans le Tout, partie intégrante de l'Un ? Et est-ce que nous y retournons après notre mort ? Notre conscience succombe-t-elle en même temps que notre corps ? Nous sommes nous déjà incarnés dans la matière au cours d'une vie antérieure, et qu'était-ce, puisque ce n'était pas vraiment nous ? Oui, qu'est-ce que notre conscience, en fin de compte ? Le fruit de l'interaction de l’âme, situé sur un plan énergétique subtil, et de la matière, par le biais de la machinerie ultra-complexe que constitue le cerveau, suis-je tenté de répondre. C'est l'expression du monde subtil sur la matière. La conscience ne se crée pas à partir de rien, elle ne surgit pas de nulle part puisque l’Âme ne fait qu'Un avec l'Univers. La conscience ne se crée pas, elle s'éveille. Elle se construit au fil des expériences vécues sur Terre. Et après notre passage "ici-bas", elle réintègre, se fond dans le Tout, riche de son apprentissage, des leçons tirées de l'enseignement de la Vie.

Parce qu'elle ne peut pas s'évanouir juste comme ça, il faut bien qu'il advienne quelque chose de notre essence ! Non ? Enfin bon, ce n'est absolument pas une question de peur ou quoi que ce soit qui s'y apparente. Juste une incrédulité. Puisque tout notre monde se construit autour de notre conscience et de la perception que l'on en a. Qu'il s'effondre aussi simplement m'apparaît juste inconcevable. Mais au-delà de cela, je crois. Je crois en tout ce que j'ai avancé ici. Voilà tout.  

Et honnêtement, il est pas classe mon titre ? Comment ça il n'a rien à voir avec le texte ? Mais si, regardez mieux, regardez au-delà des apparences. Si vous ne voyez que l'arbre, que vous fixez résolument, sachez que derrière, il y a une forêt. Merci Kvothe !  

Comme vous avez pu le remarquer (si, du moins vous êtes parvenu jusqu'ici sans lire en diagonale), ce texte n'a aucune structure. Vous avez eu le privilège (ou pas) et la patience d'assister aux méandres de mon esprit couchés sur...écran. Félicitations ! Si néanmoins, à la lecture de cette bafouille, des idées germent dans votre esprit (dans votre conscience !  ) et que vous souhaitez les partager, n'hésitez pas une seconde ! Toutes vos remarques, réflexions, commentaires, désaccords et autres sont les bienvenus. Car après tout, c'est à ça que ça sert un forum !

Sinon, si vous avez du temps à perdre, vous pouvez toujours vous amuser à compter le nombre de fois où j'ai écrit "conscience" dans ce message (mais après tout, que signifie "perdre son temps" ? Le temps peut-il réellement se perdre ? Je préfère laisser libre appréciation à chacun). Oui, 20, c'est ça. Mais vous voyez, je vous ai devancé !
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Layramis
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MessageSujet: Re: De la conscience de la nature à la nature de la conscience   Mar 19 Nov 2013 - 18:58

Joli titre de topic, je le trouve très poétique :vache: [Serieux j'adore ce smiley !]

Hum...sujet assez périeux, mais fort intéressant. En effet, tu t'engagerais presque (totalement) sur un débat de religion là. 

Je vais quand-même m'y risquer (mais pas trop non plus) :
Pour commencer je citerais une phrase très  peu  connue de notre chère Shakespeare : " To Be or not to Be, that is the question " (être ou ne pas être, telle est la question)

Willysh serait-il un marchombre !?

Bref... ^^", pour en revenir au sujet initial, je dirais que nous sommes ce que nous sommes (pas très claire tout ça !), je m'explique :
Lorsque tu parle de concience, je crois que tu sous-entends manière de vivre et de penser. Or pour moi notre façon de vivre et de penser, on le tiens généralement de ce que la vie nous donne au cours de notre enfance/adolescence : un milieu, des parents, des professeurs, des amis, etc.

De plus, si on prend le terme "conscience" au sens général, il y a aussi ce qu'on appelle la conscience du bien et du mal : "avoir bonne conscience" ou "ne pas avoir la conscience tranquille". Ces expressions montre que l'on sais ce que l'on mérite au plus profond de soi. Il est impossible de mentir à sa conscience. Certain pense que l'on peut "se mentir à soi-même", ce qui tombe alors dans le domaine de l'inconscience.

Hum..... à court de mots ^^" dsl, je réédite si je trouve des choses à rajouter.

(Dsl de ne pas avoir évoqué le sujet de "l'au-delà", mais je ne suis pas trop partante d'afficher mes opinions religieuses, j'espère que tu comprendras  )

Par contre j'ai une autre question, un peu plus neurologique : depuis que je suis toute petite (5 ans a peu près), je me pose ces "questions existentielles" comme tu dis, mais, étrangement, toujours à des heures tardives (20h à 5 ans; 1h à 15 ans  ) ???
Si quelqu'un avait une réponse à mon énigme ^-^

Seulement 7 fois le mot conscience ou son inverse ! (8 maintenant.... ^^")

EDIT : Merci Tarja xD


Dernière édition par Layramis le Mer 20 Nov 2013 - 18:50, édité 2 fois
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Tarja
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MessageSujet: Re: De la conscience de la nature à la nature de la conscience   Mar 19 Nov 2013 - 20:53

C'est une remarque que je me suis très souvent faite, un être qui a eu une vie, des liens, des malheurs, des joies, des souvenirs, etc peut-il vraiment disparaître comme ça dans le néant après sa mort? Est-ce que toute une vie peut s’annihiler en quelques instants sans qu'il n'y ai plus rien après?

Layramis a écrit:
Lorsque tu parle de conscience, je crois que tu sous-entend manière de vivre et de penser.
Personnellement j’appellerai plutôt conscience ce qui fait que nous réagissons au monde qui nous entoure et à nous même. C'est en quelque sorte ce qui nous rend vivant (pas au sens biologique du terme) car sans elle on ne serait finalement qu'une coquille vide.


La question que tu poses serait donc: est-ce que cette conscience a existé avant et subsistera après nous?
Eh bien malgré ce que j'ai dit au début, je pense que notre conscience disparait effectivement dans le néant après notre mort, tout comme elle n'était pas avant notre naissance même si ça me parait à moi aussi très étrange.
Enfin pour la mort c'est très hypothétique mais pour la naissance, si notre essence avait existé avant, il nous resterait une conscience de ce qui entourait notre conscience avant que l'on naisse (et c'est là que je me rend compte que cette question est vraiment très délicate  ).
Sinon cela voudrait dire que notre conscience aurait en quelque sorte été "remise à zéro", mais pourrait t-on alors dire qui s'agirait de notre conscience? Ce serait seulement une entité qui nous a rejoint en cours de route (du style une petite conscience se ballade et Oh! elle voit de la lumière alors elle la suite et PAF ça fait des chocapics elle devient un bébé!).

Pour la mort, n'étant pas morte moi-même je n'ai pas vraiment de réponse mais pour moi si notre conscience continue d'être après notre mort alors elle doit être porteuse de toute notre vie, de tous nos souvenirs. Si tout cela disparait et qu'elle est "remise à zéro" comme à notre naissance alors ce n'est plus notre conscience même si c'est la même entité. (C'est quand même vachement mystique tout ça...  )

Je ne suis pas sûre d'être très claire ni même si ce que j'avance est pertinent, mais de toute façon quelqu'un se chargera bien de me corriger si je raconte des bêtises!

PS: Layramis, "opignon" c'est un croisement entre les oignons et les opinions?   Très mignon en tout cas!
Et pour répondre a ta question neurologique, je pense que ces horaires correspondent tout bêtement à ce moment où tu es dans ton lit en train de chercher désespérément à t'endormir, donc ton cerveau (puisque monsieur est très logique) va te trouver tout un tas de questions existentielles qui vont te torturer l'esprit et t'empêcher de fermer les yeux! T'inquiètes, je crois que ça nous arrive à tous....
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Revan
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MessageSujet: Re: De la conscience de la nature à la nature de la conscience   Mar 19 Nov 2013 - 21:58

Première contestation, je ne suis pas d'accord pour l'absence de structure : Elle est très linéaire et très fluide, mais bien présente, logique, et c'est franchement délicieux de suivre ton cheminement  

Alors allons-y...



Je pense que la conscience est victime de sa propre nature quand elle se pense elle-même. Et quand elle nous amène à penser qu'il y a un avant et un après. Que nous n'avons pu, en tant qu'esprit, juste purement apparaître. Qu'il faut bien que nous venions de quelque part ! D'où le comos, ce Tout et Un cosmique que tu nommes, ce qui rejoint fortement certaines pensées orientales comme le Tao, ou les philosophies telles que le stoïcisme grec et romain (le terme de cosmos vient d'ailleurs du grec qui signifie "Le Tout").

Ce qui est amusant, c'est à l'opposé cette vision n'est pas démentie par la pure et stricte science physique : On le voit bien avec le célèbre "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" de Lavoisier. Et en effet, les atomes qui composent notre corps viennent de nos parents, de notre nourriture, etc.



Mais bon. N'est ce pas qu'un jeu de dupes ?

Parce que justement, la conscience perçoit les choses en tant que conscience. Sa nature de conscience est comme un prisme qui se pose sur les objets dont elle a conscience. Comme si tu voyais le monde à travers des lunettes teintées. Elle juge et prend conscience des choses non pas telles qu'elles sont, mais d'après elle.
Elle se conçoit donc elle-même non pas telle qu'elle est, mais à travers son propre prisme.

Un exemple, pour illustrer en quoi cela peut-être problématique : Prenons un électron. Je suis sûr que nous nous représentons tous l'électron ici comme une bille tournant autour du centre de l'atome.
L'électron est une des particules élémentaires qui composent notre univers, il possède une masse, une vitesse, ainsi qu'une position dans l'espace. Cependant, il existe en physique des particules un principe appelé le principe d'incertitude qui établit que, pour une particule massive (dont la masse est supérieure à 0) donnée, on ne peut établir simultanément sa position et sa vitesse. Soit on sait où elle est, soit on sait à quelle vitesse elle se déplace, mais pas les deux.

Ce principe est choquant, et nous avons du mal à le concevoir à premier abord : Si l'on suit notre représentation intuitive de la matière à notre échelle, l'échelle physique, alors nous pouvons établir très clairement et très sûrement pour toute chose et sa vitesse, et sa position. Comment pourrait-on établir la vitesse de cette foutue bille sans savoir où elle est, et comment ne pourrait-on pas savoir où elle est si on sait à quelle vitesse elle se déplace ? C'est que notre conception de l'électron suivant notre conscience (physique donc) est erronée : Nous ne pouvons simplement pas le concevoir tel qu'il est réellement parce qu'il évolue à une échelle complètement différente de la nôtre.



Je voudrais établir un deuxième point, en parallèle avec celui-là, qui le complète et donnera forme à ma critique :
Selon le philosophe Heidegger, la conscience est toujours conscience de. Il n'y a pas de conscience toute seule, il n'existe que notre conscience autour d'un objet particulier. Même pour avoir conscience d'elle-même, il faut qu'elle s'extériorise, qu'elle se prenne elle-même pour objet. Observez-vous vous-même, observez votre conscience et vous verrez que vous êtes toujours conscience de quelque chose. Il n'y a pas de conscience toute seule, comme ça. La conscience n'est qu'autour de quelque chose.



Et c'est pour cela que nous ne pouvons concevoir l'électron tel qu'il est réellement : Notre conscience évolue à notre échelle de perception, et notre échelle de perception est celle de la physique. La conscience n'est conscience de quelque chose uniquement parmi ce qui est à la portée de nos capacités d’appréhension. Toutes les représentations qui viennent à la conscience sont porteuses des lois, des particularités de la physique, et notre conscience y est limitée : Pouvez vous imaginer l'infini ? Le néant ? L'abstrait ? L'immatériel ? Une chose qui serait et qui ne serait pas ?

Notre conscience est limitée, non seulement en puissance mais également dans sa capacité de concevoir les autres échelles. En puissance et en nature. Notre conscience est conscience de, et les seules choses que nos perceptions lui apportent sont de la physique, de notre propre échelle, sont intimement liées à ses lois, ses formes, à toutes les spécificités de cette échelle.

Alors lorsque la conscience tente de prendre conscience d'elle-même, elle le fait suivant ce prisme là. Elle s'imagine en partant de cette matière là, de cette échelle, et ne peut se concevoir elle-même autrement. Mais si elle était quelque chose de complètement différent, qui échappait à sa propre compréhension ?
Nous tentons de prendre conscience de la conscience suivant notre point de vue, c'est pour cela que nous avons du mal à imaginer (c'est impossible en fait) que la conscience vienne de rien. Mais tout comme l'électron, la nature de la conscience n'est elle au final pas quelque chose qui échapperait totalement à nos possibilités de compréhension, de conscience justement ? Tout comme l'est l'univers ? Comme l'est la matière ?



Pourquoi parler de Tout cosmique, de conscience universelle, sinon parce que nous sommes nous-même dotés d'une conscience et que nous ne pouvons penser l'univers qu'en partant de nous-même ? Nous le dotons alors d'une mémoire, d'une conscience, nous en faisons une entité, mais est-ce véritablement la nature de l'univers ou seulement celle que nous lui donnons parce que nous ne pouvons le concevoir autrement qu'en partant de nous-même ? N'est-ce, au fond, que de l’anthropomorphisme ?

La comparaison se base toujours sur une matière, à savoir la notre. Nous jugeons toujours sur la base de notre propre modèle. Et notre échelle. Nous n'avons aucune autre base pour imaginer les choses, et nous n'avons aucune base pour imaginer les choses qui ne se trouvent pas à cette échelle. L'exemple de l'atome montre à mon sens combien nous sommes impuissant à rendre compte de la réalité des choses. Nous tentons de faire sens, un minimum, mais nous ne pouvons et ne pourrons jamais savoir réellement ce qui est.



Aussi, pour conclusion, je dirait que... L'univers est quelque chose qui nous échappe. La mort est quelque chose qui nous échappe. La matière, nous-même, nous nous échappons. L'âme, l'esprit, toutes ces étiquettes que nous mettons sur les choses, selon moi, ne là que pour nous rassurer, faire sens, nous faire croire à nous-même que nous connaissons bien quelque chose, qu'il y a bien un sens et du compréhensible là-dedans. Mais cela ne reflète absolument pas la réalité des choses en questions.

Aussi, je finirait joyeusement en disant que je n'en sais rien ! Je doute simplement d'une survie de la conscience après la mort du corps, d'un après et d'un avant parce que cette représentation est bien trop porteuse de la marque de fabrique homme et je doute que les choses soient comme ceci en réalité.

Si vous m'avez suivit jusqu'ici (j'espère avoir rendu tout ça assez compréhensible), félicitation, il fallait du courage xD


EDIT : 34... x)
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MessageSujet: Re: De la conscience de la nature à la nature de la conscience   Lun 16 Déc 2013 - 20:51

Je vous ai tous suivit, jusqu'au bout, et j'avoue que cela me pose de très nombreuses questions. Mais j'ai aussi quelques élèments de réponses.

Je suis d'accord avec toi, Revan, lorsque tu parles de "conscience de", meme si ce n'est pas facile à admettre, à prendre en conscience, à assimiler. Je comprends aussi ce que tu veux dire lorsque tu parles d'échelles différentes et d'incapacité de comprendre d'autres échelles. Est ce qu'un végétal peut avoir une conscience par exemple ? Selon notre propre conscience, la réponse pourra ou non nous paraitre évidente, positive, tranchée, ...
En revanche, je suis sure d'une chose : notre conscience peut se perdre dans le Néant, il en restera toujours quelque chose, une trace dans une autre conscience. Pour la simple et bonne raison que peut importe la durée de notre passage sur terre, la réincarnation ou quoi que ce soit, à moins de vivre totalement en ermite, d'etre un Mouton (oui, avec une majuscule, celui qui n'a jamais osé ne serait-ce que poser une question) ou d'etre avare et de tout garder pour soi, on a tous transmis quelque chose. C'est notamment flagrant avec les écrivains, les philosophes et les grands personnages de l'histoire. Ils ont eu leur propre conscience, différente de la notre, mais par la vie qu'ils ont vécu, ce qu'ils ont fait, écrit, dit, bref, ce qu'ils nous ont transmis, une partie de ce qu'ils avaient pris en conscience nous parvient, nous en prenons conscience à notre tour, et le transmettons. C'est d'ailleurs ce que vous venez de faire : transmettre ce dont vous avez conscience, ce que votre conscience pouvait imaginer. C'est également ce que je fais.
Notre conscience ne disparait donc jamais vraiment dans le Néant et on peut dire qu'elle rejoint un Tout, la conscience "collective" en quelque sorte. Bien sur, ce n'est pas aussi tranché que lorsque nos corps retournent à la terre, pour la simple et bonne raison que ce qui subsiste de nous après notre passage n'est pas l'intégralité de notre conscience mais bien les parcelles que, de notre vivant, nous avons confié à cette conscience collective.

Ensuite, concernant l'antériorité de notre conscience, et sa survivance dans un après, je crois, personnellement et cela n'engage que moi, à une réincarnation, ici ou ailleurs, d'une quelconque manière que ce soit. Je pense donc que notre conscience à une antériorité et une survivance, tout comme notre ame. A ceci près que les connaissances dont je dispose aujourd'hui me seront, sinon inaccessibles, difficiles d'accès dans une vie future. Je ne crois pas en une remise à zéro, mais plutot à une non mémoire. La conscience reste la meme, inchangée, mais elle n'est pas mémoire, elle est façon de penser, de percevoir et d'etre au monde. De meme que l'on peut oublier une partie de nos souvenirs lors d'un choc, je pense que la mort, et la naissance, sont deux chocs extremement puissants que nous n'arrivons pas à prendre en conscience et qui donc, nous empeche de nous remémorrer consciemment l'avant, bien qu'il soit toujours là. Peut-etre avons nous baigné et baignerons nous encore dans le Tout universel, entre ces vies ou avant et après elle, peut-etre, mais ces "souvenirs" ces consciences de ne nous sont pas consciemment accessibles. Soit parce que nous ne parvenons pas à conscientiser ces évènements - et dans nos vies également, il existe des choses que l'on ne peut pas prendre en conscience - soit parce que nous ne parvenons pas à atteindre consciemment ces souvenirs, ou un mélange des deux, pourquoi pas.
Cela reste cependant une croyance personnelle (en fait, comme tout ce que je dis, mais là, c'est encore plus particulier) et cela n'a peut-etre que la vocation de me rassurer, qu'importe, c'est ce que je crois et c'est actuellement la conscience que j'ai de la conscience. De la mienne en tout cas.

J'aimerais revenir sur la conscience collective, pas au sens d'un Tout universel dans laquelle nos consciences baigneraient toutes entières ensemble mais plutot sur ce que nous pouvons apréhender consciemment de cette conscience collective. Y-a-t-il une conscience unique pour toute l'humanité ? Y-a-t-il des groupes de conscience ? Un sorte de rassemblement de consciences d'individus ou d'individus de conscience similaire. On parle d'inconscient collectif, ce sont en général des symboles que nous reprenons, comme celui de la montagne comme réalisation de soi dans les livres et qui se transmettent inconsciemment de générations en générations, mais si le collectif à un inconscient, dispose-t-il également d'une conscience ? De quoi se compose-t-elle ? Est ce une addition de toutes les consciences (ce que moi je sais, ce que toi tu sais, ce que les autres savent) ou au contraire le rassemblement de ce que toute l'humanité (ou le collectif en question) partage en conscience (avoir conscience que la vie entraine la mort par exemple, tout le monde, à l'age adulte, en a a priori le sait) ?

Et une question qui découle directement de ma dernière phrase : A partir de quel age/quand devient on conscient ?

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MessageSujet: Re: De la conscience de la nature à la nature de la conscience   Mar 17 Déc 2013 - 12:42

Bon il est 3h30 du matin tout pile, je n'arrive pas à fermer l'œil, j'ai cliqué au hasard sur les petits sujets qui défilent sur le portail et ça doit faire quatre ans que je n'ai rien écrit ici mais je vais essayer un peu, partiellement parce que je n'ai rien d'autre à faire mais aussi parce que pas mal de trucs m'ont fait sursauter dans ton post. Aussi je ne vais pas lire les réponses au-dessus pour l'instant parce que sinon je vais déprimer et ne rien vouloir écrire. Je ferai peut-être un edit pour rebondir dessus. x)


Ce symbole là, c'est un ouroboros. Il date d'Egypte Ancienne. J'ai lu pas mal de choses dessus. Je ne saurais te dire si ces choses sont vraies, mais je crois que j'ai moi-même développé un certain symbolisme autour en rebondissant sur celles-ci. En fait, c'est l'une des choses qui m'a interpellée, quand tu dis que c'est le "serpent qui se mord la queue", j'ai immédiatement pensé à ça x) mais bref.
La particularité de l'ouroboros, c'est qu'il représente le cycle. Il y a pas mal d'interprétations, mais l'idée principale est celle-ci : l'éternel retour. Mon exemple préféré, que je donne généralement en l'expliquant, c'est qu'en naissant, on pompe une certaine énergie (de sa mère, des forces mystiques de la terre bref ce que vous voulez) et puis qu'en mourrant, on rend cette énergie à la terre (d'un point de vue "réaliste" si vous voulez, cela équivaudrait à se faire bouffer par des vers x)). Mais c'est là que la particularité de l'ouroboros entre en jeu : le cycle se complète par une renaissance. C'est à dire que cette énergie ne se perd pas mais se retrouve sous une autre forme, et en d'autres milieux.
J'ai toujours pensé à tout ça sous terme d'énergie, mais je crois qu'il est facilement remplaçable par celui de conscience.
(il y a pas mal d'autres symboliques concernant l'ouroboros à propos du temps ou de la marche du soleil et bien d'autres choses qui sont hyper intéressantes mais je dévierais du sujet x))
Bref. Donc en gros si vous voulez, la conscience ne se perd pas mais meurt pour mieux renaître. Différemment, oui, mais je doute qu'elle se perde.
En fait j'ai été confrontée à cette idée assez jeune, quand j'ai lu le troisième tome d'A la croisée des mondes de Philippe Pullman ; à vrai dire je ne me rappelle que très vaguement de l'histoire de la série elle-même, mais la fin m'avait profondément marquée parce qu'un des personnages principaux meurt et qu'au lieu de tomber à terre comme un misérable tas il se "désintègre" je crois et ses particules vont dans les arbres les fleurs les oiseaux bref, c'est un peu cette idée là. :3


C'est un bon moyen de rebondir sur le bouddhisme, non ? L'idée de réincarnation me fait tiquer parce que je ne suis pas sûre de croire que la conscience se transpose entièrement d'une entité à une autre. Je suis plutôt pour la "désintégration", donc je parlerais plutôt de réincarnation partielle.

 flower interlude dodo flower 

Je reprend donc x) (ohlala c'est pas sérieux)
En fait je pense que l'on pourrait effectivement parler de réincarnation de conscience ; ce qui me rebutais un peu c'est que je n'avais pas pensé à la distinction entre conscience et intelligence, et que du coup maintenant ça me semble plus clair. Donc oui, peut être une transmission de la conscience + énergie, mais pas vraiment de l'intelligence, dans le sens de la réflexion et du souvenir. Je pense que ceux-ci sont plutôt propre à l'individu, contrairement à la conscience qui ferait partie d'un tout.
Du coup je me demande si la conscience ne pourrait pas être vue comme un simple outil à la vie et à l'individu. Tu prends, tu utilises pour donner vie à ton intelligence à ta personnalité etc. ; tu meurs, tu rends (on revient à l'ouroboros x)
La conscience se détache donc d'expériences et d'apprentissages comme tu le dis ; cela relèverait plutôt de son utilisation par l'individu.

Mais à ce titre là, je pense qu'on pourrait parler de conscience collective dans un sens plus sociétal. J'ai toujours vu cette expression de "conscience collective" de plus inconscient justement, et de moins mystique à la fois, de plus ancré dans le réel, parce qu'elle serait justement construite par des faits et pensées issus de l'intelligence et d'actes d'individus. La première idée qui me viendrait à l'esprit pour caractériser la conscience collective serait l'Histoire (et non, pas parce que j'ai un examen dans deux jours..). Pour prendre, une fois de plus, un exemple très basique, on peut par exemple dire que le génocide juif de la 2nde Guerre Mondiale est présent dans la conscience collective. Dans un sens très large, on pourrait considérer qu'on sait qu'il ne faut pas discriminer, que les juifs ne sont justement pas une race inférieure etc. à cause de ce génocide mais on n'y revient pas forcément à chaque fois, d'où cette idée d'inconscient (exemple très basique à prendre au sens très très large et qui est assez réducteur c'est juste un exemple hein I love you)

Pour la conscience qui atteint un certain nirvana pour atteindre la conscience universelle, par contre, je sais pas trop. Je pense en fait que l'éveil que cherche la conscience est la réponse à sa propre existence, mais je ne saurais te dire si ce n'est plutôt un but de l'intelligence que l'on transposerait à la conscience.
En fait, si je ne me trompe pas, dans le Bouddhisme, l'âme (ou conscience) est vouée à la réincarnation jusqu'à ce qu'elle parvienne à ce nirvana ; elle est alors "délivrée" de ce sort. Je ne suis pas vraiment d'accord avec ça parce qu'à ce moment là, on verrait la réincarnation de la conscience prendrait une dimension plus "punitive" qu'autre chose. Alors que cette réincarnation, je la verrais plutôt comme le devenir de la conscience, un peu comme un devoir qu'elle devrait à l'individu.
La conscience est universelle, mais elle est multitude. Elle se brise et se fond dans l'individu, et ne part pas de l'individu à cette universalité suprême comme on pourrait l'entendre. Elle est universelle dans le sens qu'elle provient d'une même sorte d'énergie.

Bref. Je ne sais pas trop. J'ai l'impression que c'est assez confus en fait, et que je me répète pas mal x) mais bon, hein, ça faisait un moment que j'avais pas écrit un truc comme ça. Maintenant je vais lire vos réponses au lieu de bosser de l'Histoire et voir un peu tout ça.
Aussi, je m'excuse comme toi du manque de structure (même si ton message était tout à fait compréhensible, ton raisonnement est très fluide), les réflexions me venaient en même temps que l'écriture. Voilà.

I love you


Edit : conscience + énergie = 27. \o/
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