La Voie des Marchombres

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 Besoin de reconnaissance

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Vayel
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MessageSujet: Besoin de reconnaissance   Sam 5 Avr 2014 - 20:51

Bonjour,

Dans les Âmes croisées, page 112, un Armure inconnu déclare à Ergaïl : "Mon nom n'a ni importance ni intérêt, jeune homme."
Puis il rajoute que seul ses actes comptent.

Cet Armure, me semble-t-il, agit donc uniquement pour l'acte. Quelque chose doit être fait et c'est tout ce qui compte : qui l'a effectué n'est pas important.

En théorie ça paraît une très belle philosophie. Agir pour agir et non pour récolter reconnaissance, admiration, etc.

Mais est-ce possible ? Peut-on - toujours ? - agir sans arrière pensée, agir parce qu'il le faut, sans rien attendre en retour ? Pourrait-on en permanence rester anonyme comme le fait cet Armure ?
Ou au contraire, n'a-t-on pas besoin d'être reconnu pour nos actes ? Le cas échéant, est-ce mal ? Quelle est la limite entre besoin de reconnaissance et immodestie ?

Merci !
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Jack_Til'Aian
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MessageSujet: Re: Besoin de reconnaissance   Dim 6 Avr 2014 - 2:48

Question intéressante ^^.

Je ne pense pas avoir raison mais je vais donner mon avis.
Tout d'abord la trilogie de L'Autre remonte à tellement longtemps pour moi que je n'ai que des vagues souvenirs.
Donc je vais eviter de trop en parler.

Pour moi la reconnaissance peut aussi être ce que l'on cherche en faisant une bonne action, certes il est possible pour certaine personne qui n'en ont rien à faire de l'honneur et agissent pour leur voie.
Mais moi personnellement le plus souvent quand je fais une bonne action (ce qui est assez rare) je cherche une reconnaissance, avoir la certitude que lorsque j'en aurai besoin la personne me rendra la pareil.
Il m'arrive aussi de faire des bonnes actions sans arrière pensée, (ce qui est encore plus rare) mais je n'ai aucun intérêt à le faire (encore une fois de l'égoïsme).
Donc pour moi je ne pense pas qu'il y est une limite entre le besoin reconnaissance et "l'immodestie", l'un impliquant forcément l'autre.
On peut aussi débattre sur la fausse modestie, être conscient que faire une chose plus dure que les autres est plus gratifiant, mais faire semblant qu'il n'en est rien. La par contre de mon avis il y a 2 sortes de fausse modestie :
- La fausse fausse modestie : Faire semblant d'être modeste, mais pour être encore plus gratifié pour son actes
- La fausse modestie modeste : Faire semblant d'être modeste car on est gêné de tous cette reconnaissance.

Voilà j'ai donné mon avis, maintenant je vais me coucher, il est un peu tard à mon avis   .
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Aziliz
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MessageSujet: Re: Besoin de reconnaissance   Lun 7 Avr 2014 - 15:15

Je vais poser plein de question, parce qu'à mon avis, ton post en contient un certain nombre.

Pourquoi agit-on ?
Pourquoi a-t-on besoin de reconnaissance ?
Peut-on rester anonyme ?
Quel est le rapport entre l'anonymat et la gratitude ?
Quel est le rapport entre l'acte, l'acteur (celui qui a fait l'acte), la personne qui en est témoin (voir à qui l'acte sert) et la gratitude ?

Je ne vais pas répéter ce que j'ai dit dans le sujet sur la société égalitaire mais il y a, là aussi, la question de l'individualisme et du fait de vouloir forcément tirer parti de toutes nos actions... Quelque part, toucher le fruit de notre labeur parce que l'on a pas forcément confiance en le fait que ce que l'on donne aujourd'hui nous sera rendu tôt ou tard.
Pourquoi agit-on ? Pour plusieurs raisons mais celles qui nous intéressent ici sont justement ça : obtenir quelque chose, qu'il s'agisse d'une promesse muette d'une contrepartie (qu'il s'agisse de reconnaissance ou d'un autre service) ou simplement quelque chose que l'on peut obtenir en menant une action (on rend service parce que l'on est payé, par exemple), ... On a du mal à agir de façon désintéressée.
Pourquoi donc avons nous du mal à agir de façon désintéressée ?
Parce que l'on se dit, parce qu'on a été formaté, et que l'on se formate tous entre nous, à se dire "les autres ne nous feront pas de cadeau". Ces cadeaux, il faut donc qu'on se les fasse nous même. Et à partir de là, on ne peut plus agir pour l'autre sans agir également pour soi parce qu'on pense que l'autre agira pour lui sans agir pour nous.

Cela débouche à ce besoin de reconnaissance. Pourquoi en avons nous tant besoin ? Là aussi, nous pensons que c'est la faute des autres : ils ne pensent pas à nous, donc on a besoin de leur donner des raisons de penser à nous.
La vérité, c'est que nous avons ce besoin de reconnaissance parce que nous sommes incapable dans bien des cas de NOUS être reconnaissant. Qui, aujourd'hui, éprouve de la gratitude pour lui même ? D'être ce qu'il est ? D'avoir fait ce qu'il a fait ? Pourtant, on devrait être content de ce que nous faisons (c'est nous qui le choisissons). Or, si nous sommes satisfaits, nous sommes rarement reconnaissants envers nous même d'avoir finalement satisfait nos besoins. On n'éprouve pas de reconnaissance à notre égard... Parce que ? C'est pas bien, c'est pas beau, c'est de l'égoïsme, bouh ! Pourtant, cette reconnaissance ne peut nous être que bénéfique : nous acceptons nos capacités, nous les reconnaissons, nous leur donnons le droit d'exister et nous nous gardons donc de verser dans l'égoïsme : les autres n'ont pas besoin de centrer leur monde sur nous puisque nous nous replaçons au centre de notre propre monde. On n'a plus sans cesse besoin d'amour, de reconnaissance, de confiance parce que l'on accepte de se donner ce que l'on estime mériter.
J'ai conscience que c'est une notion compliquée et qu'il ne s'agit pas de verser dans l'excès inverse à savoir "je pense que tout ce que je fais est génial, donc les autres doivent être reconnaissant de ce que je fais pour eux". N'oublions pas que dans reconnaissance, il y a reconnaître et cela s'applique autant aux erreurs qu'aux réussites. On reconnaît nos erreurs, reconnaissons nos réussites et accordons nous la gratitude que l'on doit s'accorder.

Passons sur l'anonymat... Je ne sais pas s'il est possible de rester anonyme. En effet, même si la personne ne connaît pas votre nom, l'action que vous avez effectué pour elle n'en reste pas moins une action et la personne qui l'a effectué un individu pour lequel elle ressentira de la gratitude. Ne pas lui donner son nom ne changera rien. Cet anonymat finalement empêche juste cette personne de vous donner une quelconque contrepartie. Cela peut-être bon ou mauvais : la personne s'estimeras peut-être redevable ou au contraire, elle sera marqué par le désintérêt de la gratitude et pourrait suivre l'exemple...

Le rapport entre l'anonymat et la gratitude, je viens d'en parler... Peu importe le nom, la gratitude se dirige vers un être et non un nom. On peut ressentir de la gratitude pour un inconnu qui nous a laissé passé, ou nous a sauvé d'un quelconque problème tout comme on ressentiras de la gratitude si nous connaissons la personne.

Passons donc finalement, au rapport entre tous les "protagonistes" d'un événement débouchant sur de la gratitude.

Il y a donc l'acteur, la personne qui va faire l'acte.
L'acte en lui même.
La personne qui nécessite cet acte
Les sentiments de l'acteur
Les sentiments de la personne qui le reçoit.

L'acte en lui même est une chose formelle, avérée, constatable. Elle existe pour les deux personnes. En revanche, les sentiments de l'un et de l'autre n'existe que pour cet un et cet autre. Ainsi donc, que l'acteur ressente un besoin ou non de reconnaissance n'aura (ou presque) aucune incidence sur les sentiments que ressent la personne que le reçoit.

Si l'on schématise, on obtient donc quelque chose qui ressemble à ça :
Sentiment de l'acteur - acteur  >>> ACTE >>> receveur - sentiment du receveur. Les sentiments influent sur l'acteur, l'acteur influe sur l'acte, qui influe sur le receveur (et donc sur ses sentiments). Les sentiments du receveur seront donc influencés par le receveur (son caractère, ce qu'il est, ce qu'il a vécu), puis par l'acte (et l'importance que l'acte a pour lui), puis par l'acteur et enfin, en fonction de l'intensité des sentiments de l'acteur et de l'intention qu'il a mis dans son acte, par les sentiments de l'acteur.
La gratitude, la reconnaissance s'attarde donc avant tout sur l'acte : je suis heureuse que tu aies fais CA pour moi, puis sur l'acteur, sans qui l'acte n'aurait été fait. Mais finalement, cet acteur, peu importe qui il est (ou presque), ce qui déclenche la gratitude du receveur, c'est bien que l'acte ai été fait ou non...

Ou est ce que je veux en venir avec tout ça ?
Prenons le point de vue de la personne qui reçoit. Certaines personnes penseront que "cela leur est dû" et ne ressentirons aucune gratitude vis à vis de l'acte effectué, d'autres au contraire seront heureuse que cet acte leur soit offert sans demande de contrepartie et ressentirons de la gratitude (évidemment, on ressent moins de gratitude quand l'acte nous coûte quelque chose, quand la personne exige un paiement). L'acte en lui même ne change pas : que je tienne une porte à quelqu'un, que ce soit moi ou quelqu'un d'autre, que le receveur soit lui ou un autre, peu importe nos sentiments, l'acte ne change pas : la porte est tenue ou ne l'es pas. C'est pourtant lui qui va déterminer la réaction des deux parties. C'est cela qu'il faut prendre en compte.

L'acteur :
Ce que l'acte lui coûte ou lui demande (temps, argent, énergie)
Ce qu'il espère en retirer (rien, reconnaissance, argent, temps, ...)

Le receveur :
Ce qu'il gagne
La différence entre ce qu'il a reçu et ce qu'il s'estime en droit de recevoir.
Ce qu'il rend.

Finalement, être acteur c'est donner de l'argent à un enfant. On espèrera peut-être que l'enfant nous rende la monnaie. Le receveur est l'enfant, il reçoit le cadeau (l'argent) et rendra probablement par rapport à ce qu'il pense être un cadeau ou être dû. Pour sûr, Duddley Dursley ne rendrait pas la monnaie...

Lorsque nous nous rendons acteur, il faut, selon moi, accepter le prix de cet acte en imaginant qu'on ne reçoit rien en retour. On est toujours déçu d'investir quelque chose qui nous tiens à coeur et ne rien recevoir en retour. Mieux vaut donc ne rien investir... Bien sûr, il y a dans notre tête, bien ancré, cette notion de "ce que je suis en droit d'attendre" mais que vous soyez en droit de l'attendre ou non, cela vaut-il la peine de sacrifier le coût de votre acte si vous n'en retirez rien ?
Je ne dis pas qu'il ne faut plus rien faire pour les autres, au contraire, mais plutôt qu'il faut arrêter de vouloir à tout prix gagner dans l'affaire. Sinon, agissez en tant que receveur plutôt qu'en tant qu'acteur.
Bien sûr, agir en tant qu'acteur vous laisse le droit d'espérer avoir quelque chose, mais si vous ne feriez pas l'acte gratuitement, ... comment dire ? Et bien, demandez le paiement d'avance !

Un vendeur de chaussures ne vous laissera pas repartir avec vos chaussures neuves dans l'espoir qu'un jour vous lui donnerez de l'argent. Il vous demande l'argent pour vous laisser partir avec la paire de chaussure. Cela n'empêche en aucun cas la gratitude et la reconnaissance de s'installer ! Particulièrement si ce vendeur a su trouver la paire qui vous convenait à merveille et que vous n'aviez trouvé nulle part... Et pour cela, il ne demande aucune contrepartie, il considère ça comme étant "son travail".

Faire une bonne action, comme le dit l'expression, ne parle pas de bien ou de mal mais de bonté. Le fait d'accorder à quelqu'un quelque chose simplement parce que vous faîte preuve de bonté. Même si le but est louable, l'action n'est plus réellement bonne si le but est simplement de retirer quelque chose pour vous même. N'oubliez pas qu'il existe un réel bonheur de donner simplement.

Alors savourez ce que la personne est en mesure de vous rendre, qu'il s'agisse d'un sourire, de gratitude, de cadeaux ou du simple fait de savoir que "vous avez fait ce qu'il fallait faire" mais n'agissez pas dans le but unique de recevoir.

Bref, tout un gros paté pour finalement dégager deux choses :
Lorsque l'on agit, il ne faut pas penser à ce que l'acte pourrait nous rapporter mais à l'acte et à ses conséquences bonnes ou mauvaises (vous avez perdu 2 minutes, vous êtes satisfait de vous, l'autre personne est susceptible de...).
Les conséquences de l'acte et l'acte en lui même sont relativement indépendants des acteurs/receveurs (bien sûr, les personnes en jeu dans l'histoire influent sur l'acte, les conditions dans lequel il va s'effectuer et donc les conséquences possibles mais, de base, que vous ou n'importe qui d'autre tienne cette porte, le coût sera le même (2 minutes) et l'acte sera le même : la porte est tenue. Ce qui change, c'est uniquement le rapport social entre les personnes)
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MessageSujet: Re: Besoin de reconnaissance   Lun 7 Avr 2014 - 16:48

DSL Aziliz mais je ne t'ai pas lu (un peu long pour moi et surtout manque de temps).

Une personne qui n'a pas besoin de reconnaissance suite à ces actes est une personne que l'on définie de humble ou sage. Mais pour en arriver là, la voie est souvent longue et/ou a été parsemée de "combat" personnel très difficile.
Je pense que le débat tourne autour de l'acceptation de soi et le voie que l'on suit.
On recherche souvent de la reconnaissance de l'autre pour obtenir l'approbation de son attitude/de la voie que l'on a choisie. Et se conforter dans son "bon" choix.
Je pense que c'est tout le travail qu'effectue le maître Armure de Nawel Héliantas lors de sa formation. Qu'elle apprendre à accepter ses actes tant que la voie qu'elle suit est noble.

Dans le passage donc tu parles, l'Armure n'a pas besoin de reconnaissance donc de donner son nom car il sait qu'il suis la bonne voie. La voie des Armures reconnue et validée depuis des générations.
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