La Voie des Marchombres

Forum de réflexion consacré aux Marchombres et aux livres de Pierre Bottero...
 
PortailAccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Décalage

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Misuto
Arpenteur de la Voie
Arpenteur de la Voie
avatar

Nombre de messages : 158
Age : 18
Localisation : Dans un cèdre
Groupe : Marchombre
Livre préféré : Le Pacte des Marchombres
Date d'inscription : 30/08/2012

MessageSujet: Décalage   Jeu 1 Mai 2014 - 19:50

Suite à une discussion sur l'écriture, il est ressorti que certains ressentait un certain décalage dans leurs façons d'être.
Déjà, qu'est ce qu'être en décalage (au niveau des habitudes, manière de voir le monde, de réfléchir...etc)? D'où vient-il? Est ce inné? Acquis?
Certaines personnes sont-elles parfaitement intégrées?
Faut-il vivre avec ce décalage, cette différence, ou au contraire tenter de le résorber?
Comment faire de nos décalages, une force?



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
http://ephemere-eternite.over-blog.com/
Unay
Curieux
Curieux
avatar

Féminin
Nombre de messages : 97
Age : 17
Localisation : Personne ne sait vraiment. Un peu partout. Nulle part. Riant peut-être, rêvant certainement.
Groupe : Dessinatrice
Livre préféré : Pierre Bottero, Tolkien, Pablo Neruda, "Le Petit Prince", "Germinal"
Date d'inscription : 26/04/2014

MessageSujet: Re: Décalage   Jeu 1 Mai 2014 - 21:04

Je fais partie de ceux qui ont exprimé cela dans le sujet "Pourquoi écrivez-vous ?".
Je ne sais pas trop par où commencer.
En fait, j'ai souvent l'impression que je ne comprends pas les autres et que je n'arriverais jamais à les comprendre, comme ils ne me comprendront jamais.
J'ai l'impression d'être trop différente (et ils me le font ressentir...). J'en suis attristée et fière à la fois. Je ne suis pas sûre que j'aimerais leur ressembler. Je l'extase pour le moindre bouton de rose, alors qu'eux ne sont contents que s'ils ont reçus le dernier téléphone à la mode à Noël...
Je passe mes cours de maths à écrire alors qu'eux passent leur temps à dénigrer l'écriture et les livres, préférant l'ordinateur. J'ai parfois l'impression qu'à part leurs écrans, rien ne les intéresse. C'est sûrement faux, et je sais que je suis parfois un peu trop passionnée. Mais j'ai toujours l'impression que je n'ai pas ma place. Ni avec ceux de mon âge, ni avec les adultes. J'ai un peu l'impression d'être celle qui est à part. Bizarre. Bizarrement j'aime quand on dit que je suis bizarre ou trop différente. Je préfère encore être seule mais différente, qu'entourée d'amis dont je ne serais que le reflet.
Personnellement, j'essaie de me conduire comme mes camarades ou presque, même si cela m'est très difficile de peur d'être TROP rejetée.
Et je crois que beaucoup de personne ne sont pas vraiment intégrées. Je rêve souvent d'avoir juste un ami. Un vrai. J'ai des copains, bien sûr. Mais on ne peut pas dire qu'ils me comprennent. Un ami un peu comme Salim. Un ami comme dans les livres, sur qui on peut compter et qui tente tout pour nous comprendre. Mais j'ai compris depuis longtemps que cette amitié n'existait que dans les livres ou alors elle est vraiment rare et je ne la mérite pas.
Je ne tente pas de vivre avec mes différences, ou de les résorber. Je les cache aux yeux des autres pour l'intégrer un petit peu, mais je ne peux passer outre. Elles sont là et les ignorer au fond de moi serait renier ce que je suis.
Après, tout le monde est différent donc les réponses dépendent, comme toujours de qui on est, ce qu'on a vécu et ce qu'on est en train de vivre.
J'ai l'impression que ce post fait un peu (beaucoup) racontage de vie. Mais c'est pas grave, après tout.
Voilà voilà mon petit avis d'oisillon...
A tout à l'heure ou à tout de suite !
Revenir en haut Aller en bas
Lull
Petit Petit
Petit Petit
avatar

Féminin
Nombre de messages : 252
Age : 19
Localisation : Dans la dilution allitérative de mots criés inventés, dans la sonorité éclatante de consonnes claquantes, dans l'amour du Mot vrai, la recherche du Mot juste, et l'envolée du Mot existence.
Groupe : Petite
Livre préféré : La Zone du Dehors, Alain Damasio
Date d'inscription : 03/02/2014

MessageSujet: Re: Décalage   Jeu 1 Mai 2014 - 21:34

Unay, je comprends bien ce que tu ressens (enfin je crois hein, on comprendra jamais tout de toute façon)
Moi aussi j'ai l'impression d'être un peu trop passionnée ^^ Mais ça n'est plus une difficulté.
Avant je me cachais, maintenant ça m'aide à m'affirmer. Ça peut paraître assez égocentrique de se croire différent (et je le clame, je suis très narcissique !), mais je vis avec cette pensée, et je me présente aux autres comme ça, j'agis avec mes amis comme ça... du coup il me trouvent parfois bizarre, du coup je prend ça pour un compliment... et je continue. (moi je le dis tout de suite, l'autosatisfaction y a rien de tel pour être bien dans sa tête ; quoique le fait d'être différente m'amène à penser que je suis pas bien dans ma tête : donc je vais que ça aide à s'accepter avec la tête qu'on a)

Unay a écrit:
Je rêve souvent d'avoir juste un ami. Un vrai. J'ai des copains, bien sûr. Mais on ne peut pas dire qu'ils me comprennent. Un ami un peu comme Salim. Un ami comme dans les livres, sur qui on peut compter et qui tente tout pour nous comprendre. Mais j'ai compris depuis longtemps que cette amitié n'existait que dans les livres ou alors elle est vraiment rare et je ne la mérite pas.
Je dirais pas que l'amitié parfaite existe ; mais tu vas voir, un jour tu trouveras quelqu'un qui te comprendras (enfin j'espère hein ; je suppose que dans le temps d'une vie, c'est possible pour tout le monde). Moi j'ai trouvé ma Fanny adorée qui n'est pas là, mais qu'est-ce que je l'aime ! On fait les folles, on court la nuit dans la rue sous la pluie, on est libres, on crie dans la nuit le plus fort possible, on rêve de ces moments la nuit comme nos moments à nous et les plus beaux de notre vie ; on essaye toujours de se comprendre, on rejette pas les passions de l'autre, on apprend ses passions, on se passionne.

Mais bon, cette idée de la différence me monte toujours un peu à la tête, ce qui fait que j'ai tendance à me croire un peu plus supérieure que je ne le suis.
Je suis en L dans un très bon lycée (premier de France quoi), et je suis passionnée par ce que j'apprend, ce qui m'amène souvent à déconsidérer euh... les chanteurs de rap pourris quoi, ceux qui croient faire des bonnes chansons mais qui n'ont pas d'esprit artistique et qui s'en foutent des paroles (m'énervent ces gens là). Alors qu'en fait ils sont aussi humains que moi, je les connais pas donc je peux pas dire, et au moins (j'espère parce que je rigole pas avec ça) ils aiment ce qu'ils font.

(je suis désolée Misuto, j'ai pas vraiment essayé de répondre à tes questions, mais j'ai dis ce qui me passait par la tête...)
Revenir en haut Aller en bas
Aziliz
Champion de cueillette, mention framboises
Champion de cueillette, mention framboises
avatar

Féminin
Nombre de messages : 640
Age : 27
Localisation : Au détour d'une ligne
Groupe : Petite
Livre préféré : Ellana, le Voleur de chouchous, et d'autres
Date d'inscription : 23/12/2010

MessageSujet: Re: Décalage   Ven 2 Mai 2014 - 9:57

Bon, il est plus que temps pour moi de répondre à ce sujet et je m'excuse déjà parce que je vais devoir dire deux ou trois banalités...

Le décalage, je l'ai ressenti comme vous quand j'étais au collège/lycée. Je n'avais que très peu d'amies (une depuis la 5eme, deux pendant mes deux premières années de lycée et presque une à nouveau en terminale) et forcément je passais pour une folle parce que j'aimais l'école. Autant dire que les gens de mon âge ne cherchaient pas à me comprendre... Quand aux adultes, à quelques exceptions près, je me limitais à "la bonne élève parfois un peu trop chiante". Et, là est la banalité que je me dois de dire c'est : c'est normal, à cet âge, de se sentir en décalage.
C'est normal pour un gros nombre de raisons, à commencer par le fait qu'on est souvent en décalage avec nous même, qu'on change énormément (et pas tous au même rythme) mais aussi, et je dirais même surtout, parce que c'est à cette période que commencent les vrais choix, les vrais changements de direction. Pourtant, dans notre société, malgré nos changements de directions, nos passions, nos envies, on se retrouve tous dans le même collège/lycée et forcément, entre ceux qui sont passionnés de technologie, les accros aux livres, les sportifs, ... On se sent forcément un peu en décalage.

Pourquoi les "littéraires" ont parfois plus de mal à s'intégrer et sont plus en décalage vis à vis des autres que les autres justement ? Parce que contrairement aux sportifs, aux fans de mode, aux passionnés de technologie (dans le sens Iphone dernier cri) sont souvent plus extravertis que ceux qui se plongent dans des livres mais aussi parce que leur passion attire généralement les autres : le dernier truc à la mode, une prouesse sportive, ... C'est plus facile à montrer aux autres que la beauté d'un livre (qui plus est si les autres sont feignants).

Pour ça, ne vous inquiètez pas. Le décalage se réduit (il ne disparaît jamais) avec le temps parce que plus le temps passe plus vous pouvez sélectionner vos amis en fonction de vos goûts et passions et non en fonction de la classe que l'on vous attribue arbitrairement en début d'année.


Ensuite, je disais que le décalage ne disparaît jamais tout à fait. Pourquoi ?
Chaque être humain est différent. Peut-être trouverez vous sur votre chemin quelqu'un qui vous comprendra plus que les autres mais vous êtes et vous resterez unique pour toujours. Et pour cela, personne (pas même vous) ne pourra vous comprendre parfaitement. Il faut donc s'en accomoder et apprendre à partager comme l'on peut, en sachant qu'on ne sera pas pleinement compris mais que l'autre, peu importe ce qu'il comprend, partagera aussi ce genre de choses avec nous.
Forcément, être différent et vivre différemment dans notre monde n'est pas forcément facile. On cultive une soit disant différence (soyez différents, achetez tous le nouveau *****) en pronant pourtant une norme bien cadrée : pour travailler, il faut être original (donc différent) mais surtout pas trop, en fait, l'idéal c'est d'être l'employé modèle : innovant mais pas chiant, travailleur acharné (mais qui se fait mal payer), ...
Rejeter ça et ne pas se faire prendre au piège est difficile, quel que soit l'âge. Personnellement, je pense que la vie et ce que nous sommes profondément à plus d'importance que l'obtention d'un quelconque travail (même s'il paie les factures et nourri l'employé) et qu'au contraire, c'est au travail de s'adapter à nous... Mais c'est un peu un autre débat.

Quand au fait de se sentir supérieure, c'est un sentiment qu'on ressent parfois en se disant qu'on est finalement "au dessus de tout ça" que nous, on est pas tombé dans le piège de la norme. Pourtant, nous ne sommes pas supérieurs nous sommes juste différent. Ce serait comme dire qui est la meilleure couleur entre le rouge et le bleu (ou le vert et le violet, ...). Elles sont différentes mais il n'y en a pas de meilleure.
Par contre, et c'est un peu là le paradoxe, si tu penses qu'effectivement ta voie vaut mieux que celle de tes proches/camarades/collègues, ... Tu peux partager avec eux ce qu'elle t'offre, essayer en quelque sorte de leur ouvrir les yeux. Mais c'est délicat car il y a un monde entre proposer une alternative et pousser les autres à entrer dans notre norme. Un monde qu'il est pourtant facile de franchir. Le mieux, c'est de leur laisser le choix par l'exemple.
Si tu es heureuse comme ça et bien, poursuit ta vie. S'ils sont heureux comme ils sont, tant mieux, sinon, ils se diront peut-être que ta voie semble sympathique ;)




Allez, je résume parce que je sais que je fais des posts très longs :
- décalage à l'adolescence : le collège et le lycée sont propices au sentiment de décalage (on fait des choix pour notre futur pourtant on reste tous ensemble quels que soit nos choix) de même que l'âge (l'adolescence ou l'âge du changement dans le corps et dans l'âme). Décalage exacerbé quand on est plutôt introverti (et donc peu ouvert aux autres et à leurs différences qui sont parfois franchement belles)
- décalé pour toujours : nous sommes tous différents et donc nous ne serons jamais en parfaite symbiose avec les autres. Il faut accepter la différence (ses défauts comme ceux des autres) et s'ouvrir aux autres pour s'épanouir. Partager ce que l'on peut en prenant le temps de recevoir ce que l'autre veut partager avec nous.
- Supériorité ? : Non, différence, simple différence. L'important n'est pas qui est le meilleur (il n'y en a pas) mais est ce que tu es heureux dans la vie que tu mènes ? Et si ton but est d'éveiller les consciences (parce qu'on est d'accord que beaucoup de gens sont insatisfaits de leur vie), gare à ne pas tomber dans l'excès inverse. Pensons à montrer l'exemple et à laisser l'autre choisir plutôt que lui inculquer notre solution. N'oublions pas que nous sommes tous différents et qu'il n'y a donc pas une solution universelle. Laisser les autres piocher ce dont ils ont besoin =)
Revenir en haut Aller en bas
http://lailleurs.uniterre.com
Ellie Tombétoile
Curieux
Curieux
avatar

Féminin
Nombre de messages : 53
Localisation : Ailleurs, peut-être au large sur un beau violier, ou quelque part perdue sur une route qui n'en finit pas, frôle l'horizon
Groupe : Frontalière
Livre préféré : Bottero, Vargas, Connoly, Robin Hobb, La Nuit des Temps de Barjave
Date d'inscription : 01/05/2014

MessageSujet: Re: Décalage   Ven 2 Mai 2014 - 12:56

Je suis aussi de celles qui ont exprimé ce décalage dans le sujet sur l'écriture. Pour moi, se décalage se résume peut-être"simplement" au fait que je me sente un peu tiraillée en tre deux mondes. Parce que oui, j'aime lire, j'aime écrire, enfin, j'adore écrire et je ne trouve pas de mots suffisamment forts pour l'exprimer (ce qui en soit est un peu ironique). Mais je m'attache aussi à ces trucs un peu superficiels dont vous avez parlé: je suis fan de foot par exemple, je peux pleurer pour une défaite de mon équipe dans un match important, en sachant pertinemment que c'est ridicule. Je n'apprécie pas tellement le lycée, meme la littérature, je peux pas m'empêcher de penser qu'on va jamais au fond des choses, qu'on ne fait qu'effleurer des sujets mille fois plus profonds. Enfin, quelque soit l'endroit où je me trouve ou les personnes qui m'entourent, je me sens inexplicablement seule.

Je pense pas que ça tienne forcément à la passion de la lecture ou de l'écriture, curieusement j'ai toujours pensé que c'était le contraire, que ce décalage a trouvé un refuge dans ces passions. Peut-être qu'il y a un rapport avec l'âge, et j'avoue que je me plait à penser qu'avec le temps je trouverai ma place (pour ma part, il s'agit surtout de trouver une place, où qu'elle soit). Enfin, pour ma part j'ai toujours pensé que c'était simplement une façon différente de voir la Vie, la volonté de la savourer quand d'autres ne la voit passer et en oublie tout simplement de Vivre.
Revenir en haut Aller en bas
Misuto
Arpenteur de la Voie
Arpenteur de la Voie
avatar

Nombre de messages : 158
Age : 18
Localisation : Dans un cèdre
Groupe : Marchombre
Livre préféré : Le Pacte des Marchombres
Date d'inscription : 30/08/2012

MessageSujet: Re: Décalage   Ven 2 Mai 2014 - 15:26

Allez à mon tour!
Déjà, merci pour vos réflexions qui sont très justes!
Pour moi, le décalage se joue plus sur un niveau... perceptif.
Je m'explique!
1) Je suis extrêmement sensible: par exemple, un prof qui est a bout de nerf devant une classe trop turbulente va déclencher chez moi une "surdose" d'empathie qui va me faire taire immédiatement mais aussi ressentir une certaine forme de colère envers mes camarades qui de toute évidence, n'ont pas "conscience " du mal être du prof... C'est très énervant (et épuisant!) car ça me demande de créer des "barrières" pour me protéger des émotions que je perçois trop fortement...
1er décalage, donc, qui me rend très fragile aux attaques, vous imaginez bien!
Ensuite, décalage de maturité/ comportement. Avec des ados qui utilisent les mots n'importe comment et qui s'insulte de trisomiques, ou d'autistes   ce que je ne permet pas de faire parce que je connais les difficultés de ses handicaps, par exemple. Et puis bien sûr le contrôle que je dois faire sur mon langage pour ne pas utiliser des mots trop complexes que j'ai appris dans les bouquins (du style dire à un mec qu'il est phallocrate...)
Je suis aussi très peu attirée par la mode (même si je veille quand même à m'habiller pour me sentir bien dans mon corps.
Bref tout ce qui fait que je ne suis pas "dans la norme" En somme, donc, le décalage est relatif à notre environnement.
La lecture/écriture est comme pour Eli' davantage pour moi un moyen de me faire du bien même si elles participent à la formation du décalage.

Ensuite, je pense que la différence, le décalage est plus ou moins inné. On l'a de part notre éducation et façon de penser qui diffère de notre milieu et environnement global.

Je pense également que l'on est tous différent de la norme, même ceux qui ont l'air bien clichés. Simplement, chez certains ça passe inaperçu.

Ensuite, faut-il assumer? Rejeter?
J'imagine que les deux sont possibles avec chacun leurs inconvénients. Et leurs avantages.
En acceptant: on est heureux, en phase avec soi même, mais si l'on est seul à être "particulier", c'est difficile(voir impossible) à vivre. Solution: Se rapprocher de ceux qui nous ressemble, former un groupe soudé (sans pour autant dénigrer les autres) et comme l'a dit Az' sélectionner nos amis. Et là, je crois que l'on est déjà plutôt heureux.
Rejeter: Pourquoi pas, si notre décalage nous pèse trop? Franchement, j'ai déjà essayé de devenir un peu plus superficielle, mais je trouvais que mon état était faux.
Je pense qu'il faut dans ce cas là trouver le juste milieu. Pour les deux cas, enfaite. Essayer de créer des liens avec des gens pas comme nous pour nous enrichir, tenter de nous acclimater, mais rester soi même quand même, même si c'est difficile.

Unay a écrit:
Je rêve souvent d'avoir juste un ami. Un vrai. J'ai des copains, bien sûr. Mais on ne peut pas dire qu'ils me comprennent. Un ami un peu comme Salim. Un ami comme dans les livres, sur qui on peut compter et qui tente tout pour nous comprendre. Mais j'ai compris depuis longtemps que cette amitié n'existait que dans les livres ou alors elle est vraiment rare et je ne la mérite pas.
J'ai juste envie de réagir la dessus pendant que j'y pense:

Je comprends parfaitement ce que tu ressens: avoir des copains, mais avoir l'impression d'un filtre, d'une barrière, la sensation de ne pas pouvoir tout dire, tout faire. De ne pas pouvoir être soi.
Unay, sache que tout le monde mérite d'être aimé et que la vie n'est pas injuste. Tu trouveras, et bien plus tôt que tu ne le penses, je te le promets. Une preuve? Moi j'ai trouvé. C'était un garçon, sensible, un peu mal dans sa peau. N'hésite pas à aller vers les gens un peu rejetés de ton établissement. Une fois la glace brisée, ils sont généralement... lumineux. Et si tu as eu des différents avec les filles, va vers les garçons (si si, je vous jure, ils sont beaucoup moins "prise de tête", comme dirait ma mère)

Désolée pour ce post un peu brouillon
(pas grave pour les questions, Lull: elles sont surtout là pour aider ceux qui ne savent pas comment commencer et ouvrir le débat)



Revenir en haut Aller en bas
http://ephemere-eternite.over-blog.com/
Aziliz
Champion de cueillette, mention framboises
Champion de cueillette, mention framboises
avatar

Féminin
Nombre de messages : 640
Age : 27
Localisation : Au détour d'une ligne
Groupe : Petite
Livre préféré : Ellana, le Voleur de chouchous, et d'autres
Date d'inscription : 23/12/2010

MessageSujet: Re: Décalage   Ven 2 Mai 2014 - 16:42

Allez, petite réponse au post de Misuto :

Rejeter ou ne pas rejeter le décalage ? Telle est la question. Oui et non.

Je pense que le "problème" n'est pas de nier ou d'accepter qui l'on est mais de gérer à la fois ce que l'on est, ce que l'on voudrais être, ce que l'on est pour les autres et ce qu'ils voudraient que l'on soit. Je m'explique.
Nous sommes tous différents, que l'on soit plutôt dans la norme ou plutôt complètement à l'opposé de cette dite norme, il n'y a pas deux êtres humains pareils. Et chaque être humain se construit, évolue, change en fonction de son âge, de ses relations extérieures, de son questionnement intérieur, de son futur, de ce qu'il voudrait être, de ses peurs, ... On a donc mille occasions de changer et donc autant de chances de changer notre rapport à l'autre.
A l'adolescence, qu'on le veuille ou non, on est en plein questionnement existentialiste : Qui je suis, qu'est ce que je veux devenir ? ... Mais aussi en pleine rupture (ne pas être comme ses parents, comme certaines personnes) et en recherche de modèle (c'est pour ça que les ados se regroupent en bandes autour d'un code vestimentaire, d'un jeu, d'une passion, ...). Chacun va mener ce passage à sa propre manière, en trouvant ses propres réponses, ses propres modèles (un copain, un héros, ...) et avec leurs propres refus. C'est ce qui nous construits.
Certains d'entre nous (et ils sont bien plus nombreux que ce que l'on pense) vont plutôt faire des choix contre les autres et auront donc plus de facilité à se réfugier dans un monde intérieur (ou dans les livres) : là où personne ne peut nous blesser, nous décevoir et là où nous pouvons exister tels que nous en avons envie sans vraiment de limites.

Du coup, on se sent en décalage parce qu'on a l'impression que l'on ne peut pas tout dire, que l'on sera rejeté, ... En fait, on est en quête d'acceptation. Et le problème c'est que nous cherchons à être acceptés tels que nous sommes... En nous montrant tels que nous ne sommes pas. Paradoxe.

Pour moi, il ne s'agit pas d'accepter ou de rejeter ce décalage mais avant tout d'accepter qui l'on est. Parce que ça, ce qu'on est à cet instant précis, ça ne changera pas. Ce qui change, c'est ce qu'on sera l'instant d'après. Il faut donc réussir à accepter que OUI, nous sommes différents. OUI, nos différences ont tendance à nous éloigner des autres. OUI, on est comme ça. Et réussir à choisir ce que l'on veut être dans ces instants futurs qui sont déjà presque là : est-ce que je veux être populaire, lire des livres, être seule, me cultiver, devenir prof, être belle, être admirée, être intelligente, ... Bref, un certain nombre de paramètres et de là, on pourra agir en fonction de ce qu'on souhaite être. Certaines choses sont plus difficiles que d'autres, c'est sûr, mais c'est un choix que l'on fait.
Et ce choix fait, on peut décemment affronter le regard des autres parce que ce qu'on leur montre ce n'est pas simplement ce que nous sommes mais ce que nous avons choisi d'être et de montrer.

On peut choisir de se mettre en valeur, de prendre exagérement soin de son corps ou de lui consacrer le minimum de temps et d'hygiène nécessaire à la bonne santé et utiliser son temps pour lire ou faire autre chose. A partir de là, si les gens pensent de nous qu'on est "pas soigné" ce n'est pas grave : on a choisi de mettre notre énergie ailleurs.

Premier point donc : s'accepter, se construire.

Deuxième point : s'ouvrir aux autres.
C'est très facile de se sentir en décalage, d'avoir l'impression que personne ne nous comprends et c'est beaucoup plus dur d'accepter que l'on est différent des autres (comme les autres !) et qu'il faut parfois s'adapter à eux, s'ouvrir à eux.
Misuto, tu parles de faire attention au vocabulaire que tu utilises. Je ne pense pas que ne jamais utiliser les mots qui te semblent justes (parce qu'ils sont trop compliqués soit disant pour les autres) soit une véritable solution. En maintenant leur ignorance, c'est ta différence que tu protèges. Au contraire, je pense qu'il vaut mieux les utiliser ces mots, quitte à prendre le temps d'expliquer ensuite leur définition.
Quand je conte, par exemple, je m'adresse souvent à des enfants de cinq ans et certaines notions (comme l'orgueil par exemple) sont présentes dans les contes mais clairement pas accessibles à leur âge. Alors je prends le temps de leur demander et de leur expliquer.
Idem sur ce forum : je sais qu'il y a des sujets très pointus et d'autres un peu moins, qu'il y a des lecteurs qui ne se découragent pas et d'autres qu'un énorme post (comme les miens) effraie. Alors plutôt que de synthétiser directement mes idées pour les faire courtes, je poste mon gros pavé et je le résume ensuite (enfin j'essaye XD) : ceux qui veulent le cheminement lirons la totalité, et ceux qui ne veulent pas trop se perdre lisent simplement le résumé.
Je ne sais pas si tu voies ce que je veux dire...

Je pense important le fait d'accepter qui l'on est mais aussi de reconnaître que si les autres ne sont pas nous, ils ne sont pas non plus dénués d'intérêt, d'intelligence et de faculté de compréhension, même ceux qui semblent... complètement stupides ^^" Finalement, on ne perds pas grand chose à expliquer aux autres alors qu'on passe peut-être à côté de choses importantes en se mettant à ce qu'on imagine être "leur niveau".
Je vais donner un exemple : Au lycée, à part quelques copines et amies, personne ne savait trop que ça se passait très mal à la maison et que je rêvais de partir à l'autre bout de la France dans une courbe aussi soudaine qu'irréfléchie. Je pensais que personne ne pouvait comprendre ce désir de tout plaquer pour un mirage, que ce n'était pas pour eux qui vivaient leur petite vie bien rangée... Et sur une écriture d'invention qui demandait "d'écrire une lettre à un ami en argumentant et en donnant des exemples sur le fait que l'on pensait qu'il faisait fausse route" (en gros), j'ai décidé d'écrire une lettre à moi même en y insérant un conte. Dans ce conte, un jeune homme partait rejoindre une princesse en détresse après avoir seulement entendu parlé d'elle et se retrouvait face à ... une statue. Bref. Ce que je n'imaginais pas, c'est que le prof la trouvant franchement sympa et voulant expliquer le concept de mise en abîme (un conte, dans un conte, dans une lettre) la lirait à haute voix.
Et bien j'ai découvert ce jour là que, alors que je les pensais incapables de comprendre, ils ont tous trouvé cela fort courageux et beau, même si parfaitement stupide. J'ai aussi découvert qu'ils n'étaient pas dupe sur l'identité de la personne à qui était destinée cette lettre ^^" Et depuis ce jour, la classe m'a semblé beaucoup moins hostile et mièvre qu'avant ^^"

Bien sûr, à faire ainsi confiance aux autres, on court le risque d'être déçus, moqués, rejetés, on s'expose énormément. D'un autre côté, c'est aussi comme ça qu'on rencontre ceux qui sont comme nous, incapable d'accepter leur différence et de le crier à la face du monde et qui se fondent, comme on l'a tous fait, dans la masse en se sentant incompris et décalés...



Le résumé ?
- S'accepter tels que nous sommes, et construire ce que nous voudrions être sans se soucier du regard des autres. Ce n'est pas eux qui vivront notre vie, alors faisons en sorte d'être heureux et bien dans notre peau !
- S'ouvrir aux autres, même si cela signifie s'exposer. Ils peuvent aussi nous surprendre et si l'on se cache en se sentant incompris, pourquoi ne le ferait-il pas eux aussi ? Nous sommes tous différents certes, mais pas forcément aux antipodes les uns des autres. On est tous capable de comprendre les différences des autres, eux aussi sont capables de comprendre les notres mais rares sont ceux qui prennent le temps d'essayer d'expliquer leurs différences et rares sont ceux du coup qui tendent l'oreille...

Revenir en haut Aller en bas
http://lailleurs.uniterre.com
Aenea
Grande Boulouakoulouzek
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1209
Age : 106
Groupe : Haïnouk
Livre préféré : feu de nekfeu frère
Date d'inscription : 13/04/2008

MessageSujet: Re: Décalage   Ven 2 Mai 2014 - 17:03

Je pense qu'il a été relativement établit que cette sensation de 'décalage' est assez commune à l'âge adolescent (enfin, j'aurais plutôt tendance à dire au début de l'adolescence, mais passons) et qu'il est assez naturel de s'y retrouver confronté. Mieux encore, je dirais même que c'est une sorte de passage obligé, presque initiatique. Pour étayer tout ça, je vais commencer par citer une citation que je porte avec moi depuis un bout de temps.

Citation :
Do you take pride in your hurt? Does it make you seem large and tragic?...
Well, think about it. Maybe you're playing a part on a great stage with only yourself as audience.

― John Steinbeck, East of Eden

Avec mes fantastiques talents de traductrice, ça donnerait

« Tires-tu de la fierté de ta douleur ? Te fait-elle sentir grandiose et tragique ?...
Eh bien, penses-y. Peut-être es-tu en train de jouer un rôle sur une grande scène avec toi seul pour public.
»

Substituons 'douleur' par 'décalage' et vous aurez l'essentiel de mon idée.
Je crois qu'à l'adolescence, et particulièrement pour des gens qui aiment bien lire on se plaît assez à se mirer dans sa différence, en fait. A regarder les autres de loin en écoutant de la musique de gens différents (bien souvent du Saez ahaha), en se fringuant de manière différente, en lisant des bouquins un peu décalés, en voulant parler avec des mots du genre 'phallocrate'. Parce que bon, rares sont les héros de roman qui sont véritablement des monsieur tout le monde sans aucune particularité ; et ce n'est pas réellement à ceux-là qu'on aimerait ressembler. Non, c'est plutôt les parias un peu à l'écart à qui il arrive un jour quelque chose d'extraordinaire qui nous attirent irrémédiablement. Ça me rappelle d'ailleurs cette magnifique citation de Camus
Albert mon second mari a écrit:
…Ici naît cette malheureuse envie que tant d’hommes portent à la vie des autres. Apercevant ces existences du dehors, on leur prête une cohérence et une unité qu’elles ne peuvent avoir, en vérité, mais qui paraissent évidentes à l’observateur. Il ne voit que la ligne de faîte de ces vies, sans prendre conscience du détail qui les ronge.
De façon élémentaire, nous les romançons.
Chacun, dans ce sens, cherche à faire de sa vie une oeuvre d’art.

Alors bon, on finit un peu par se bercer d'idéal, idéal des autres mais aussi de nous-mêmes, en finissant par ranger tout ça dans des catégories toutes faites, du genre “moi = extase pour le bouton de rose” / “eux = content avec le dernier iPhone”, pour reprendre les termes d'Unay/Oisillon. Tout bêtement parce que ça nous fait du bien, quelque part, de nous dire que voilà, nous ne cédons pas à la masse, nous nous tenons en marge et nous résistons aux affres de la terrible société, nous sommes des parias qui apprécient réellement la vie avec un v majuscule, au contraire de tous les petits moutons en rang. Je suppose que c'est essentiel pour la construction de soi, puisqu'au final c'est en tâtonnant que l'on découvre le moi que nous désirons devenir. Et qu'avoir cette sorte d'idéal, de modèle en tête, a toujours été l'un des moyens les plus simples pour y parvenir (bon, en excès ce n'est est jamais très recommandable, mais la déconstruction de l'idéal est un autre sujet).

Après, je ne dis pas que cette différence n'est pas bien présente chez certains ; il va de soi que les sensibilités diffèrent de l'un à l'autre. Je dis simplement qu'à un âge aussi fragile et où les bases de l'être se posent, on a plutôt tendance à l'exacerber, au point qu'elle devienne décalage. Alors bon, je dirais qu'il n'est pas inné, mais plutôt naturel et compréhensible. Du coup, Misuto, quand tu dis que le décalage est "inné", je dirais plutôt que c'est la sensibilité qui est plus ou moins innée (et que l'on cultive par la suite, bien évidemment). Le 'décalage' n'en est qu'un découlement possible.
Like a Star @ heaven

Il y a aussi une de tes questions, Misuto, sur laquelle j'aimerais rebondir :

Certaines personnes sont-elles parfaitement intégrées?

La société, si tu veux, c'est un peu comme un énorme jeu, avec des tas de codes et de règles. Et puis, tout comme tu dis que tu as une sensibilité axée sur les livres, d'autres l'ont plutôt concernant ce jeu-là, comprennent mieux ses exigences et les travers qu'il faut pour s'en tirer. C'est une analogie plutôt simpliste, mais elle marche assez bien. Du coup, évidemment, ces personnes sont mieux 'intégrées', tout bêtement parce qu'elles ont les atouts pour (avec un quotient émotionnel plus important par exemple), et qu'elles arrivent donc à avoir un charisme pas possible, attirer des gens autour d'elles, etc.

Avec ça, j'en arrive à ma dernière idée.
Il est impossible de comparer une sensibilité d'un domaine à l'autre, tout simplement parce qu'il n'y a pas de mesure de référence (tout comme pour l'intensité un sentiment). Bien évidemment, cette impression de supériorité que l'on s'insuffle est un mécanisme de défense, de protection, particulièrement à un âge aussi vulnérable que celui que vous décrivez. Le problème c'est qu'elle n'est souvent pas fondée, et qu'au lieu de résulter en du narcissisme bénéfique (comprendre celui qui vous fera tout juste vous sentir bien dans votre peau), on peut finir avec un certain mépris hâtif envers l'autre. Ce n'est pas si l'on est plus sensible au bouton de rose qu'à l'iPhone ou au rap qui s'en fout des paroles que l'on est forcément meilleur. Pas parce que l'on écoute du Chopin et qu'on dénigre les Daft Punk. Parce que l'on préfère les bibliothèques aux soirées de 'gens intégrés'. Ce sont des analogies trop faciles. Je reprend Aziliz, qui l'a assez bien mis en mots.

Aziliz a écrit:
Quand au fait de se sentir supérieure, c'est un sentiment qu'on ressent parfois en se disant qu'on est finalement "au dessus de tout ça" que nous, on est pas tombé dans le piège de la norme. Pourtant, nous ne sommes pas supérieurs nous sommes juste différent.

Aussi, à un âge pareil, cette différence peut aussi être le résultat d'un décalage de maturité, tout bêtement parce que certains se tirent des préoccupations de l'enfance plus tôt que d'autres. Il faut juste laisser le temps aux autres de faire ça à leur rythme. Mais bon, si vous n'êtes pas trop impatients, ça devrait aller x)
Et puis de toute façon, comme d'autres l'ont dit, on finit par rencontrer des gens qui nous sont mieux adaptés en grandissant albino 

Like a Star @ heaven

Et une précision pour finir en fait, parce que j'imagine que ça peut me retomber dessus. Ce post n'a absolument pas été écrit d'un quelconque ton condescendant ; je suis tout bêtement passée par là il y a quelques années de ça et bon, ça a assez bien évolué au final, alors j'ai eu envie de répondre.
Aussi, je n'appose aucun jugement de valeur sur tout ça. Je ne fais que constater et tirer des conséquences, sans aucunement en penser du 'bien' ou du 'mal'.

 I love you 

Edit : écrit en même temps qu'Aziliz, je ne modifie pas
Revenir en haut Aller en bas
http://nervetree.tumblr.com
Unay
Curieux
Curieux
avatar

Féminin
Nombre de messages : 97
Age : 17
Localisation : Personne ne sait vraiment. Un peu partout. Nulle part. Riant peut-être, rêvant certainement.
Groupe : Dessinatrice
Livre préféré : Pierre Bottero, Tolkien, Pablo Neruda, "Le Petit Prince", "Germinal"
Date d'inscription : 26/04/2014

MessageSujet: Re: Décalage   Ven 2 Mai 2014 - 17:51

Aenea ce que tu dis est très juste. Je pense aussi que ce n'est pas tellement inné. Mais je pense aussi que la sensibilité dépend sûrement de ce qu'on lit, ce que l'on voit, ce qu'on a vécu et ce qu'on vit je pense. Je m'exprime mal mais bon... Et c'est vrai ce que tu dis. Je rêverais qu'il m'arrive quelque chose d'incroyable, comme les héros dans les livres. Un peu comme Ewilan. Un jour, comme ça, basculer dans un monde parallèle... Et j'avoue que j'ai un peu honte, du coup, de me bercer d'un idéal. Mais je pense que, comme tu l'a aussi dit, c'est le cas de tout le monde...
Misuto, j'ai bien dit COPAINS au masculin...
J'ai eu une seule amie fille dans ma (courte) vie et j'ai retenu la leçon. Je suis amies qu'avec des garçons depuis...depuis... Ils se prennent moins la tête comme tu dis. Ils font moins d'histoires. Mais du coup ça me fait passer encore plus pour une bête de foire, mais je dois avouer que je m'en moque un peu de ce côté là...je préfère encore qu'on se moque de moi parce que je suis amie avec des garçons, plutôt que d'être amie avec des filles qui m'énerveraient...
Bref. Je dois paraître un peu prétentieuse... Je suis désolée...c'est souvent mon bouclier contre ma timidité. Désolée. Désolée.
Je ne sais plus trop quoi dire du coup et mon post me paraît bien maigre par rapport aux vôtres mais bon...
A tout à l'heure ou à tout de suite !
Revenir en haut Aller en bas
Ellie Tombétoile
Curieux
Curieux
avatar

Féminin
Nombre de messages : 53
Localisation : Ailleurs, peut-être au large sur un beau violier, ou quelque part perdue sur une route qui n'en finit pas, frôle l'horizon
Groupe : Frontalière
Livre préféré : Bottero, Vargas, Connoly, Robin Hobb, La Nuit des Temps de Barjave
Date d'inscription : 01/05/2014

MessageSujet: Re: Décalage   Ven 2 Mai 2014 - 19:00

J'ai été frappée par les posts d'Aenea et d'Aziliz, frappée par la justesse de leurs mots. De toutes évidence, on a tous connu, ou allons connaître, ce "phénomène" de décalage, à l'adolescence, peut-être plus tôt ou plus tard, enfin, c'est pas le plus important. Je rejoins la conviction général qui pense que ce n'est pas inné : ce décalage dépend de nos parcours, de nos choix, de la manière dont on s'est formé... Enfin, on ne naît pas avec le "gène de la différence". Plus j'y réfléchis, plus je me dis que l'on vit vraiment tous ce "passage obligatoire", même ceux dont se sent profondément différent, et qu'il peut se baser sur n'importe quoi : des passions, des convictions ... Peut-être que c'est juste une façon de pouvoir découvrir / affirmer son identité, et que ça passe avec l'âge adulte. Peut-être que c'est simplement dans la nature humaine, de vouloir se sentir différent, car c'est rassurant, en un sens, de savoir qu'on ne se fond pas dans la masse, qu'on rentre pas le moule, tout ça tout ça ... Peut-être que c'est juste une façon de se rassurer quand on doute. (Vous remarquerez que je n'ai que des suppositions hein, c'est ma manière à moi de réfléchir, sorry ...)


Aziliz, je crois, disait tout à l'heure qu'on est tous différents, et qu'on ne trouvera jamais quelqu'un qui sera parfaitement notre semblable, en tous points. Au mieux, on peut se trouver quelques points communs avec les autres, (des goûts musicaux par exemple, ou des choses qu'on aime bien faire, enfin, n'importe quoi) mais jamais on ne trouvera quelqu'un qui nous sera parfaitement identique. Personnellement, je crois que c'est cette certitude qui me fait peur, sans forcément que je m'en rende compte, et qui créé ce sentiment de décalage : la peur que personne ne me comprenne jamais vraiment. Et dans un sens, c'est vrai, personne ne me comprendra jamais pleinement, puisque je suis différente, tu es différent, ils sont différents. Bref, nous sommes tous nous-mêmes.


Du coup, je pense pas qu'il soit vraiment question de nier ou d'accepter son décalage. Pour moi, il s'agit surtout de l'intégrer, de vivre avec. Ça veut dire savoir s'en servir, pouvoir par exemple exprimer un point de vue différent sans en mourir de honte, mais ne pas non plus tomber dans l'excès, et s'en croire supérieur (j'aimais beaucoup l'image des couleurs, je trouve que ça exprime bien l'idée.) Enfin, c'est rassurant de pouvoir en discuter, et de pouvoir se rendre compte de tout ça !


Voilà, c'est pas très très clair et un peu brouillon, mais j'ai fait de mon mieux pour être concise !   
Revenir en haut Aller en bas
Aziliz
Champion de cueillette, mention framboises
Champion de cueillette, mention framboises
avatar

Féminin
Nombre de messages : 640
Age : 27
Localisation : Au détour d'une ligne
Groupe : Petite
Livre préféré : Ellana, le Voleur de chouchous, et d'autres
Date d'inscription : 23/12/2010

MessageSujet: Re: Décalage   Ven 2 Mai 2014 - 19:34

J'ai envie de vous rassurer un peu, en lisant vos posts. [Attention, ce message n'est pas à prendre dans le sens "je suis plus vieille que vous, je détiens la vérité" mais bien dans le sens "J'ai aussi vécu ça, j'ai partagé les mêmes peurs et aujourd'hui, j'ai vécu de nouvelles choses qui m'ont plus que beaucoup méga grandement gigantesquement rassurée sur ces points"]

Comme l'a si bien dit Aenea, les héros sont rarement les gens fades et ordinaires, ils ont quelque chose de différents, ils sont... en décalage. Et forcément, on voudrait leur ressembler, on voudrait que quelque chose fasse de notre vie, une oeuvre d'art. Rien de moins.
Pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître : c'est possible.
L'important à vrai dire n'étant pas de faire des choses extraordinaires mais des choses qui nous conviennent, nous grandissent.
Vous savez, Ewilan, elle n'a pas changé parce qu'elle a changé de monde. Je pense plutôt que c'est parce qu'elle a accepté ses différences, cette façon de se sentir en décalage, qu'elle est devenue l'héroïne qu'on connait. Après tout, un décalage persiste même en Gwendalavir vis à vis des professeurs et des élèves de l'académie au début...
Alors, pourquoi Ewilan a-t-elle autant évolué, grandi ? Je vous laisse relire les livres si vous le souhaitez, car il y a un certains nombre de paramètres à cela. Mais en voici quelques uns : elle a accepté le changement qui s'imposait à elle (alors qu'elle aurait pu rester dans notre monde), elle a rencontré de belles personnes et elle s'est construit ses propres valeurs et convictions.

Alors non, on ne passera pas par hasard dans un autre monde. Pourtant, on peut avancer en étant très très très Heureux de sa vie et en ne souhaitant que RIEN pas même les mauvais moments ne changent. Alors n'hésitez pas à vous ouvrir aux changements qui peuvent se profiler pour vous (changer de ville, de région, voyager, ...), rencontrer des gens, et le plus importants : construisez votre vie comme VOUS vous en avez envie et non pas comme on vous le préconise (il faut faire S parce que c'est mieux, tu devrais faire médecin, ah nan, tu vas pas commencer le théâtre ?). =)

Spoiler:
 

Et puis, je voulais aussi vous rassurer sur les gens. Ils seront forcément différents de nous, ces autres. Forcément. Pourtant, vous verrez que certains vous comprendront bien plus que ... bien plus que vous même parfois. Il suffit juste de rencontrer les bonnes personnes. Et pour ça, à partir du moment où vous acceptez l'idée que les autres ne sont pas hostiles, qu'il y a parmi eux de belles personnes et que vous pouvez les rencontrer n'importe où, à partir du moment où vous vous faîtes confiance (et où vous faîtes confiance à la vie), vous les rencontrerez.

Ce ne sont pas les gens qui vous sont les plus semblables qui vous comprendront forcément le mieux ;)

Spoiler:
 

En gros : Notre vie ne sera jamais réellement une oeuvre d'art, mais on peut en être puissament heureux, des beaux moments comme des moments d'égarement. Et même si les autres sont différents, certains sauront vous comprendre. [Surtout si vous prenez le temps de leur expliquer et de les écouter en retour]
Revenir en haut Aller en bas
http://lailleurs.uniterre.com
Naëlle
Voltigeur des courants
Voltigeur des courants
avatar

Féminin
Nombre de messages : 288
Age : 20
Groupe : Haïnouk
Date d'inscription : 01/07/2011

MessageSujet: Re: Décalage   Sam 3 Mai 2014 - 13:00

J'ai quasiment lu tous vos posts et ils sont tellement vrais…

Je voulais juste ajouter un petit truc, peut-être l'avez-vous dit et je ne l'ai pas perçu, mais je pense en fin de compte que le décalage, notamment à l'adolescence comme ça a été beaucoup dit, n'est pas seulement quelque chose que tout le monde connaît mais une nécessité. Nécessité de découvrir ce qu'il y a en-dehors de la norme, et dans la norme aussi, afin de se faire un horizon de plein de possibilités et faire des expériences pour se trouver soi-même, ce qui est tout de même le propre de l'adolescence. Un besoin de se sentir différent pour se dire "Je suis quelqu'un, pas un mouton, je suis moi et même si je sais pas trop encore ce que ce moi est, il est unique".

Ce décalage est peut-être aussi une prise de conscience (de soi), le passage de l'enfance à l'âge adulte avec toutes ces choses qui nous font différer des animaux (en théorie hein, c'est bien évidemment discutable et moi-même je suis pas très très d'accord, mais j'entends par là la conscience de soi, la conscience d'être un être à part entière, et la conscience des autres). On réalise qu'on est différent, comme le disait Azi'. Différent tout simplement car il n'y a pas deux personnes identiques au monde.


Voilà voilà =)
Revenir en haut Aller en bas
Nell'
Curieux
Curieux
avatar

Féminin
Nombre de messages : 28
Age : 21
Localisation : Un bateau à roues
Groupe : Haïnouk
Livre préféré : "Maintenant c'est ma vie" de Meg Rosoff. l'oeuvre de Pierre Bottero. Et tant d'autres encore.
Date d'inscription : 06/05/2014

MessageSujet: Re: Décalage   Mer 7 Mai 2014 - 0:14

Waou. J'ai lu la quasi totalité de vos messages et j'ai été touchée par leur justesse.
Je fais partie de ceux qui ressentent ce décalage et je crois l'avoir ressenti très tôt, par exemple lorsqu'en primaire les autres parlaient de dessins animés que je n'avait jamais vu parce que mes parents ne m'ont jamais habitué à regarder la télé, même très petite (je passais donc mon temps libre à jouer puis plus tard à lire :3 )

J'ai souvent mal vécu ce décalage, ce sentiment d'être toujours seule, même entourée, de ne pas pouvoir être comprise etc..

Cependant avec le temps, il s'est estompé. Je crois qu'Aziliz (si je ne me trompe pas) est juste ici, la première clef est l'acceptation. C'est en l'acceptant que j'en ai fait une force plutôt qu'une faiblesse.
Ensuite, comme d'autres l'ont dit, plus le temps passe, plus on est amené à sélectionner nos amis donc à se retrouver avec des personnes dont les interets convergent.
La deuxième clef comme l'a dit Aziliz est l'ouverture aux autres et je crois que c'est celle qui me manque encore, ainsi qu'une part d'acceptation malgré ce que j'ai pu dire.

Enfin, je voulais terminer sur ces mots de Misuto qui m'ont particulièrement touchés puisqu'ils expriment EXACTEMENT ce que je ressent. Et que je n'avais rencontré personne encore qui ressentait la même chose !
"1) Je suis extrêmement sensible: par exemple, un prof qui est a bout de nerf devant une classe trop turbulente va déclencher chez moi une "surdose" d'empathie qui va me faire taire immédiatement mais aussi ressentir une certaine forme de colère envers mes camarades qui de toute évidence, n'ont pas "conscience " du mal être du prof... C'est très énervant (et épuisant!) car ça me demande de créer des "barrières" pour me protéger des émotions que je perçois trop fortement...
1er décalage, donc, qui me rend très fragile aux attaques, vous imaginez bien!"
Revenir en haut Aller en bas
Solveig
Etudiant à l'Académie
Etudiant à l'Académie
avatar

Féminin
Nombre de messages : 343
Age : 20
Localisation : Sur la lune
Groupe : Dessinateur
Livre préféré : le seigneur des anneaux, les pierre bottero, le clans des Otoris... et bien d'autre :D
Date d'inscription : 11/01/2014

MessageSujet: Re: Décalage   Mer 7 Mai 2014 - 20:20

décalage, décalage, décalage...
Avant de commencer, je tiens à dire que j'ai lus toute vos réponses, mais je sens déjà que mon post va partir dans tout les sens, donc si je veux répondre ou rebondir sur vos réponses, j'éditerais.....
Déjà, le décalage: celui qui me semble exprimé là, j'ai l'impression que toute le monde le ressent à un moment ou à un autre, que cela soit pas rapport aux autres, à la société, au mondes, à l'époque... j'ai posé la question à pas mal de gens et tous l'ont un jours ou l'autre ressentit, sauf que ce décalage ce traduit essentiellement pas un mal-être et n'est donc contrairement à d'autre souvent désagréable à vivre (pour celle là, on est tous persuadé d'être les seuls à la connaître, mais il n'y a qu'à voir le succès de "FAUVE" pour se rendre compte que non), et cela se traduit souvent par l'impression de ne pas trouver sa place... (j'avoue que j'aie ressentie ce décalage, jusqu'en 1ère L art-vi, et c'est dingue ce que ça fait du bien de "trouver" sa place)

Ensuite, il y à les décalage connue par moins de personnes, souvent ce décalage ne vient pas d'elles, mais des autres qui les rejettent, j'ai aussi connue ce décalage, qui se combine souvent au premier (en plus si on est rejeté, c'est souvent qu'on est en décalage au départ)

Après, il y à les différence, celle qu'on ne choisis pas forcément, les handicap léger/lourd le physique...

Un autre type de décalage, c'est le décalage social, cela peut paraitre léger, mais je sais que l'ont peut facilement se sentir sur une autre planète quand on se retrouve dans un milieu social différent (surtout chez les filles j'ai remarqué)

Je ne pense pas forcément que les littéraires soit plus en décalage que les autres, c'est juste qu'ont comprend difficilement les passions des autres, surtout quand (je reprend le sujet de "pourquoi écrivez vous") ils ne peuvent pas vivre sans (je suis sure qu'un footeux dans un groupe de littéraire se sentira en décalage), mais comme le dit une illustre inconnue (mon amie, en passant) "Vous les littéraires vous pouvez jamais faire comme tout le monde, votre problème c'est juste que vous voulez vivre sur une autre planète", elle peut être pas tout à fait raison, mais je trouve que des fois ça exprime bien mon sentiments.....
Enfin bref, je vais maintenant essayer de me baser un peu plus sur vos message:
Unay, tes messages m'ont particulièrement fait réagir, déjà tu n'es surement pas obligé de trouver des gens qui écrivent pour te sentir à ta place, j'ai moi même longtemps crus devoir trouver des fans de fantasy pour pouvoir la trouver, et franchement si on m'avait dis que mon groupe d'amis serait constitué d'un geek qui sèche le jours de la sortie de GTA, d'un cinéphile, d'une fan du japon, d'une passionné d'aviation et d'une steam-punk....j'y aurais franchement pas crus, alors que j'étais persuadé que ma seule possibilité de faire partie d'un groupe était de trouver des gens ayant la même passion que moi.
Ensuite: accepter ou nier? bah je pense que cela dépend du type de décalage, on peut être différent, s'assumer et ne pas être en décalage. Pour moi la réponse se situe entre les deux, ne pas changer pour s'intégrer, mais à la fois essayer de se faire accepter comme on est et ne pas se dire "je suis en décalage et j'assume" et finalement rester seul(e).
Naëlle, ton message sonne profondément juste à mes oreilles.
Enfin  bref, je vais devoir vous laisser au pire je reposterais ou j'éditerais...

Ps: je me suis rendue compte que mon message manquait cruellement de smyley:  farao rendeer santa cherry albino sunny lol! What a Face  momie :vache:


Dernière édition par Solveig le Jeu 8 Mai 2014 - 18:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Cécile Caldin
Candidat à l'Ahn-Ju
Candidat à l'Ahn-Ju
avatar

Féminin
Nombre de messages : 420
Age : 22
Localisation : Dans les profondeurs de l'océan, tout près du lointain
Groupe : Marchombre
Livre préféré : Le Pacte des Marchombres ; tout ce que Pierre a pu écrire ; Vango ; la Horde du Contrevent ; et tant d'autres
Date d'inscription : 10/11/2009

MessageSujet: Re: Décalage   Jeu 8 Mai 2014 - 18:45

Ce sujet m'a interpellée dès que j'en ai lu le titre. J'ai lu toutes vos réponses, qui m'ont frappée de justesse et aussi de ressemblance avec ma propre vie.
Je ne me souviens pas de toutes les relances qui ont été faites, je me contenterai donc de répondre aux questions initiales, enfin de tenter d'y répondre...


Sachez bien avant toute chose que je ne cherche pas ici à étaler ma vie. Je ne ferai que me servir de mon expérience personnelle et de mes ressentis pour m'expliquer.

Comme beaucoup parmi vous, j'ai ressenti ce décalage entre les autres et moi, notamment dans le secondaire. Déjà, je lisais, ça paraissait assez bizarre. De plus, j'avais eu une éducation assez opposée à celle des gens qui m'entouraient.
Très vite, mon chemin, la manière dont je concevais ma vie, a pris la parallèle de celui des autres. J'étais différente de la majorité. Et ça ne plaisait pas du tout.
Comme certains sont rejetés parce qu'ils sont handicapés, en surpoids ou gays, comme certains sont exclus parce qu'ils ont une autre culture (cf. le post de Solveig qui dit tout ça très bien), j'ai été mise à l'écart parce que je pensais différemment, parce que mes centres d'intérêt sortaient des sentiers battus, parce que je rêvais, je contemplais, parce que je construisais ma vie autrement.
Cela doit-il justifier les insultes et certains actes graves, sans entrer dans le détail, à mon encontre ? Certainement pas.

Mais il y avait ce décalage, oui. Qu'on a voulu me faire payer, harcèlement dont les stigmates existent encore aujourd'hui mais sont, heureusement pour moi, en constante résorption.

Oui, parce que je crois que ce décalage peut être une force, s'il est assumé. Je n'ai jamais cherché à imposer mon mode de pensée. Cependant, j'ai assumé et dit haut et fort ce que je pensais. Il ne faut pas chercher à se cacher. Il faut essayer d'avoir la force de laisser couler les commentaires insultants pour pouvoir assumer sa personnalité et se tourner vers ceux qui nous aiment pour ce que nous sommes.

C'est ce que j'ai fait. Il y a des gens, sur cette planète, qui ne s'arrêtent pas à une façade et qui savent s'ouvrir à ceux qui ne sont pas tout-à-fait comme eux. Ces gens-là, aujourd'hui, sont mes meilleurs amis. Ils sont rares. Mais je sais que nous nous garderons toute la vie.

Le tout, c'est de trouver ces gens-là.

Et, en attendant, de faire de ses particularités une force. Il faut chercher à être soi, sans se travestir. Pour cela, il faut savoir utiliser sa personnalité, celle qui fait ce décalage, à bon escient.


Et, surtout, il faut d'abord S'accepter, comme le dit Aziliz. C'est en passant par cette phase d'acceptation de son moi qu'on peut le sublimer, le faire grandir et devenir quelqu'un qui nous ressemble.

Alors, bien-sûr, il y a l'excès inverse : ces gens qui se sentent si exclus qu'ils se confondent dans une situation de marginalité. Je crois sincèrement que le mieux, c'est de faire quelque chose de ça, ce petit truc qui nous rend différent, pour devenir soi.
Ça prend du temps. Pour ma part, j'ai dû attendre l'âge de 12 ou 13 ans pour m'accepter, me trouver, comprendre qui j'étais. C'est seulement depuis deux ans que je suis dans le supérieur, après des années de lutte pour m'affirmer, que je trouve ma place et que je peux, enfin, apprendre à vivre avec les autres sans me poser de questions.

Parce que, dans le fond, c'est ça qui fait le plus mal : ce sentiment d'être seul, de ne pas avoir de place, pas de sens...
Un jour, on le perçoit, ce sens, parce qu'il existe. Et puis, on se mure derrière une carapace de fer pour empêcher les attaques de nous ébranler. Jusqu'au moment où, enfin, on peut prendre son envol.
Devenir soi.

Telle est, à mon sens, la force que l'on peut trouver dans ce décalage. Personnellement, j'ai beau être encore un peu froide, distante, face aux autres, j'ai beau ne rien montrer de mes sentiments, même à ceux que j'aime, par réflexe, je me sens heureuse parce que je suis entourée de gens qui m'apprécient comme je suis et qui me respectent, moi et ma liberté. Rajoutez à ça des études qui me font rêver, dans lesquelles je m'épanouis, des activités en dehors qui me permettent de m'évader, un meilleur Ami décidément merveilleux, et vous avez face à vous quelqu'un de profondément heureux.

Chacun est unique. Et il ne faut pas avoir honte de le montrer.

Quant à ceux qui semblent intégrés, on peut se poser la question : sont-ils vraiment eux-mêmes ou jouent-ils un rôle pour se sentir bien parmi les autres ? Je ne peux pas répondre à ça...

Toujours est-il que l'Humanité est faite de Diversité. C'est elle qui fait toute sa richesse. Alors pourquoi diable vouloir mouler tous les hommes dans le même plat à tarte ?  
Revenir en haut Aller en bas
http://www.4h04.fr
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Décalage   

Revenir en haut Aller en bas
 
Décalage
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Décalage son et image HD Suisse
» Calage/Caler les différentiels/Diff 1/16
» Centrage Calage Caltrage et autres
» HD Suisse - décalage entre le son et l'image
» calage dérive

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Voie des Marchombres :: La Voie des Marchombres :: Nous, et les Autres :: Rapport aux autres-
Sauter vers: