La Voie des Marchombres

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 Gérard de Nerval

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Dark Juju
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Dark Juju

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MessageSujet: Gérard de Nerval    Gérard de Nerval  Icon_minitimeDim 16 Nov 2014 - 11:06

Bonjour, bonsoir, bonne nuit, et cætera.
J'avais assez envie de parler de ce brillant Monsieur qu'est Gérard de Nerval un peu, parce que je l'aime un peu beaucoup à la folie.
Il a eu la chance/le malheur (selon le point de vue) de vivre dans un siècle très intense politiquement, puisque Gégé est né en 1808 (si vous voulez tout savoir,  le 22 mai). Sauf qu'au début il s'appelait plutôt Gérard Labrunie, comme son cher papa. Au collège, il va en cours avec, je vous le donne en mille, Théophile Gautier, hé ouais, on a la classe ou on l'a pas.
Je vous passe le détail de ses débuts, mais on peut noter que, dès 18 ans, est imprimé (une élégie en l'honneur de notre Napoléon national, personne n'est parfait), et qu'il participe à la bataille d'Hernani (parce qu'il est aussi pote avec Totor (comme dirait ma prof de français de seconde) j'ai nommé Hugo).
Bon, entre temps, il change de nom: Gérard de Nerval, ça faisait juste beaucoup plus classe sur les couvertures de bouquins.
Que dire d'autre? Il était un peu dérangé, le Gégé (BEAM rime et tout) ce qui a entraîné quelques désagréments, du genre, internement en clinique, suicide, et cætera. En effet, il est retrouvé pendu en 1855 (le 26 janvier, pour les amoureux du détail). Mais comme l'a dit très justement notre cynique préféré (aka Revan) :"Soyons détestable : Franchement, quel intérêt de désirer le bonheur pour les autres ? Les gens en crise sont le terreau des artistes, non les gens satisfaits."
Et effectivement, c'est en fait un des derniers ouvrages de Nerval, Les Chimères, paru un an avant sa mort, qui me fascine particulièrement. Je ne vais pas rentrer dans un détail de pseudo analyse de mauvais goût, mais du coup, en voilà quelques poèmes (tant de difficulté dans le choix oulala):

Alors, peut-être celui qui ouvre le recueil, et qui doit en être le plus connu, pour commencer:

EL DESDICHADO

Je suis le ténébreux,- le veuf,- l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie;
Ma seule étoile est morte,- et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus?... Lusignan ou Biron?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé L'Achéron:
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

Mmmm. On va juste continuer avec celui qui vient après et qui a trop une valeur sentimentale pour moi et voilà:

MYRTHO

Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse,
Au Pausilippe altier, de mille feux brillants
A ton front inondé des clartés de l'Orient,
Aux raisins noirs mêlés avec l'or de ta tresse.

C'est dans ta coupe aussi que j'avais bu l'ivresse,
Et dans l'éclair furtif de ton œil souriant,
Quand au pied d'Iacchus on me voyait priant,
Car la Muse m'a fait l'un des fils de la Grèce.

Je sais pourquoi là bas le volcan s'est rouvert...
C'est qu'hier tu l'avais touché d'un pied agile,
Et de cendres soudain l'horizon s'est couvert.

Depuis qu'un duc normand brisa tes dieux d'argile,
Toujours, sous les rameaux du laurier de Virgile,
Le pâle hortensia s'unit au myrte vert!

Bon, j'essaie de me limiter parce que partie comme je suis je les recopierais tous là (d'autant que je le fais vraiment, genre je tape lettre par lettre). Alors, un dernier, pour la route, disons, que j'aime beaucoup d'amour:

ARTÉMIS

La Treizième revient... C'est encor la première;
Et c'est toujours la seule,- ou c'est le seul moment;
Car es-tu reine, ô toi! la première ou dernière?
Es-tu roi, toi le seul ou le dernier amant?...

Aimez qui vous aima du berceau dans la bière;
Celle que j'aimai seul m'aime encor tendrement:
C'est la mort- ou la morte.., O délice! ô tourment!
La rose qu'elle tient, c'est la Rose trémière.

Sainte napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au cœur violet, fleur de sainte Gudule:
As-tu trouvé ta croix dans le désert des cieux?

Roses blanches, tombez! vous insultez nos dieux,
Tombez, fantômes blancs, de votre ciel qui brûle:
- La sainte de l'abîme est plus sainte à mes yeux!

Voilà voilà. Nerval c'est cool, jetez y un œil à l'occasion.
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