La Voie des Marchombres

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 Premier prix du concours de prose : Coline / Nathanaëlle

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Elurían Aeglir
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MessageSujet: Premier prix du concours de prose : Coline / Nathanaëlle   Lun 22 Juin 2015 - 20:29

NB Elu' : désolée pour les alinéas. Sans plus attendre :



Edwin n’arrivait pas à fermer les yeux. Allongé sur son lit, les bras croisés sous sa tête. Il ne pouvait pas oublier son regard. Un sourire triste sur les lèvres, il ferma les yeux et se remémora pour la millième fois cette journée.

*

Sil’ Afian vit son ami se pencher, encore et toujours, jusqu’à l’extrême limite. Edwin tourna la tête vers son ami, un sourire aux lèvres. Il était parfaitement conscient qu’un millimètre de plus suffirait à le faire basculer. Il lâcha pourtant le parapet des mains, en équilibre sur ses pieds.

*

Du haut de l’Académie,  Altan guettait. Il avait confiance en Edwin, mais préférait rester sur ses gardes. Alors que les premières lueurs du jour commençaient à peine à blanchir la nuit, l’ascension de la plus haute tour d’Al-Jeit  lui avait semblé une bonne idée, et le futur empereur n’avait pas résisté à la tentation de le suivre. Altan sourit. S’ils avaient dû faire un concours des idées les plus tordues et surtout dangereuses, Edwin aurait gagné haut la main. Le regard fixé sur le haut de la tour, il se prépara à investir les Spires.

*

Son regard se détacha de son ami pour revenir se fixer sur le vide, sous ses pieds. Il attendit encore un instant, puis sauta.

*

D’un geste, dans un cri muet, il tendit la main pour tenter de rattraper son ami, promis à une mort certaine. Trop tard.
Un sourire radieux sur les lèvres, Edwin remonta sur le bord de la tour et, sans cesser de sourire, se tourna vers Sil’Afian.
-Venez, nous rentrons. Altan va s’impatienter.

*

-Alors, tu t’es bien amusé au moins ?
Altan venait de retrouver Edwin et S’il Afian, dans une rue parallèle à l’Académie. Edwin sourit et passa une main dans ses cheveux sombres.
-Eh bien, je pense que l’on peut dire que oui. Qu’en dit notre souverain ? demanda-t-il en se tournant vers Sil’ Afian, un éclat de malice dans les yeux.
-Je dois avouer que si lui s’est amusé, ce n’est pas tellement mon cas. Mais bon, si ses tendances suicidaires prennent un jour le dessus, ne m’en voulez pas trop !
Il prit un air faussement désolé qui fit doucement rire Altan ; Edwin ne l’étonnait presque plus. Le premier rayon du soleil choisit cet instant pour illuminer l’Académie, et la ville toute entière, sous les yeux toujours admiratifs même après toutes ces années des trois amis. Ils restèrent sans bouger quelques minutes, les yeux rivés sur le spectacle de la ville qui s’éveillait, avant qu’Edwin ne brise le silence.
-Il va falloir rentrer. Vos gardes vont s’inquiéter, mon ami, et il faut vous préparer pour votre leçon du jour !
Sil’ Afian acquiesça d’un signe de tête, et tout trois tournèrent les talons pour se diriger vers le palais.

*

Le torse nu, trempés de sueur, les deux hommes se faisaient face. Sil’ Afian, en nage, observait Edwin, impassible, qui ne montrait aucun signe de fatigue, et priait intérieurement pour que la leçon soit terminée. Ils se firent face une fois de plus, puis Edwin se redressa, relâchant sa garde, avant de partir vers un côté de la cour, l’ombre d’un sourire aux lèvres.
-Ça sera tout pour aujourd’hui. Vous vous en êtes bien sorti.
Soupirant de soulagement, Sil’ Afian rejoint son ami et s’aspergea d’eau froide, puis quitta la cour en le saluant d’un signe de tête, suivit par deux gardes.
Après un détour pas ses appartements, il rejoint Edwin et Altan qui discutaient dans un coin de la salle à manger du palais. Tout trois s’installèrent sur une petite table à l’écart et mangèrent avec appétit, énumérant les tortures quotidiennes que chacun infligeait aux deux autres, sans cesser de se moquer gentiment les uns des autres.

Lorsqu’ils se levèrent de table, l’après-midi était déjà bien entamé.
-Quelle horreur ! Nous allons être en retard à l’Académie !
La voix faussement horrifiée d’Altan fit sourire ses amis. Edwin prit un air navré si caricatural que les deux autres éclatèrent de rire ; Sil’ Afian les entraina alors vers la sortie, et les gardes leur emboîtèrent le pas.
-Edwin, tu sembles tellement touché par mon éducation  au Dessin, nous ferais-tu l’honneur de nous accompagner aujourd’hui ? Je suis sûr que maître Ril’ Ira n’y verra aucun inconvénient, ajouta-t-il avec un clin d’œil appuyé pour Altan.
Edwin hésita un instant. Il avait beau exceller dans tous les types de combat, son talent pour le Dessin était réduit à l’allumage –difficile- d’un feu de camp. La mine suppliante de ses amis finit par le faire accepter.
-Si vous insistez, je vous accompagne. Mais je vous préviens, il est hors de question que je passe plus de cinq secondes en présence de Ril’ Ira !
Ses amis sourirent, connaissant l’horrible caractère du professeur qui se mettait à leur disposition pour leurs leçons, et prirent la direction de l’Académie. Tout en vantant les qualités de chacun, ils entrèrent dans l’imposant bâtiment, qu’Altan connaissait comme sa poche et se dirigèrent vers la salle qui leur était attribuée aujourd’hui. Après un ultime couloir, Altan se mit face à ses camarades tout en continuant d’avancer, afin de pouvoir continuer leur discussion en laissant de la place pour les autres occupants de l’Académie.
-Je ne voudrais absolument aucunement offenser le meilleur maitre de combat de tout Gwendalavir, dit-il avec un air de fausset un tatillon provocateur, mais il faudrait un jour avouer qu’il lui existe des défauts, des lacunes… de pouvoir ? déclara-t-il, en référence à l’analyse de son ami.
Edwin réagit au quart de tour, d’un ton faussement énervé.
-A d’autre l’Imagination, à moi les…
Il laissa sa phrase en suspens. D’une salle voisine sortait une jeune femme, dont le regard avait un instant rencontré le sien. Altan se retourna et s’arrêta net, imité par Sil’ Afian. Ils eurent à peine le temps d’apercevoir un éclat violet dans une cascade des boucles blondes avant qu’elle ne disparaisse au détour d’un couloir.
Une lueur nouvelle illumina le regard d’Edwin, tandis que celui d’Altan se tintait de curiosité et celui de Sil’ Afian d’admiration. 
Effet d’un triple coup de foudre aux yeux violets.

*

Edwin avait abandonné ses amis à leur cours puisque le professeur était arrivé un instant après la disparition de la jeune femme, et il était parti seul déambuler dans la ville.
Il soupira. Impossible de l’ôter de sa tête. Il sentait qu’elle serait destinée à le recroiser, et qu’il ne pourrait jamais l’oublier. Il ferma les yeux un instant, et pris le temps de réfléchir.
Quand ses yeux rouvrirent, l’ombre d’un sourire se dessinait sur ses lèvres, et un air de défi brillait dans ses yeux. Il reprit son errance, sans but, en respirant profondément. Il avança sans réfléchir, au hasard, suivant un chemin qui lui paraissait pourtant tout tracé. Il traversa la ville de part et d’autre, jetant de temps à autre un regard à une boutique, une taverne, une maison, une tour. Il en profita pour faire un repas léger, comparé à ceux proposés au palais.
L’obscurité arrivait et il se dirigea vers le Palais, regrettant de ne pas avoir rejoint se amis plus tôt. Une fois devant la Bouche de la Garde, une absence se fit sentir. Il n’y avait aucun garde devant la porte.
Se maudissant de ne pas avoir apporté d’arme avec lui et surtout de ne pas avoir rejoint ses amis plus tôt, il se jeta dans l’entrée en courant. Personne, et aucune trace d’affrontement. Il accéléra encore, se précipitant vers les appartements de l’Empereur. Cette fois, un réel doute s’insinua dans son esprit. Toujours personne et aucune trace de combat. Il jeta un coup d’œil derrière lui, et crut voir une ombre traverser le couloir.
Une terrible éventualité s’imposa à son esprit. Non. Pas des mercenaires. Inquiet comme jamais, il retraversa le palais en courant. Une lueur attira son regard alors qu’il s’apprêtait à sortir par la Porte des Songes. Il fit brusquement demi-tour, et atterrit une salle de réception. Là se tenait un jeune garçon, dos à lui, apparemment occupé par la table. Edwin était entré si discrètement malgré son empressement que le garçon ne l’avait pas entendu. Il s’approcha encore, et alors que son menton était au-dessus de l’épaule du jeune homme, celui-ci sursauta.
Il eut un instant d’hésitation puit sourit, malgré l’air menaçant du maitre d’arme.
-Bonsoir, Maitre Til’ Illan. On vous attend dans le salon Rubis.
La curiosité l’emporta sur le doute. Toujours méfiant, Edwin suivit l’indication du jeune garçon et avançait avec une démarche glissée qui trahissait la tension qui montait en lui. Sur ses gardes, il atteint le salon, qui tenait son nom de la Porte à laquelle il faisait face. Il effluera la poignée et la porte s’entrouvrit. Une douce chaleur s’échappait de la pièce, illuminée.
Des pas se firent entendre dans le couloir, et Edwin ne prit pas le temps de regarder ce qui l’attendait dans le salon. Il se tourna vers la source du bruit, se mit instantanément en garde puis se tint totalement immobile. Trois soldats impériaux débouchèrent et passèrent sans lui prêter attention. Edwin soupira et se détendit légèrement. Il se retourna à nouveau et poussa la porte. Deux lances se croisèrent devant lui, l’empêchant de passer. Il aperçut l’Empereur qui se leva, et, d’un geste de main, il ordonna à se gardes de le laisser passer.
Il entra et détailla les occupants de la pièce. L’Empereur se rassit, et Edwin fut rassuré de constater la présence de son fils et d’Altan à son côté. Il découvrit avec stupéfaction Duom Nil’ Erg, l’analyste qui les avait testés, ses amis et lui, les hauts responsables militaires de l’Empire, quelques Sentinelles, deux professeurs de l’Académie et un rêveur. Il se tourna alors à la gauche d’Altan.
C’est avec un mélange de stupéfaction et de joie que ses yeux gris plongèrent à nouveau dans ses grands yeux violets.
Il prit place entre deux responsables militaires, face à elle. L’Empereur prit la parole.
-Nous pouvons maintenant commencer. Merci  d‘être tous venus, la sécurité de l’Empire dépend de vous, aujourd’hui.
Edwin se désintéressa du discours de l’Empereur pour se concentrer sur la jeune fille. Elle devait avoir trois ans de moins que lui, et ne semblait connaitre que les professeurs. Ses yeux violets voletaient de l’Empereur à Nil’ Erg, en passant par les Sentinelles, les académiciens et Altan. L’Empereur continuait de parler.
-… et c’est pour cela que vous êtes ici aujourd’hui. Je vous demande donc d’accueillir la meilleure dessinatrice que l’on puisse rêver en  ce monde, Élicia Dil’ Huen.
Edwin la considéra avec des yeux nouveaux. Il savait qu’elle devait être une dessinatrice de talent, mais ne s’imaginait pas qu’elle fut meilleure qu’Altan. Ce dernier accueillit la nouvelle avec un grand sourire, sans avoir l’air étonné. Quand à Sil’ Afian, son regard s’emplit de joie.
Élicia s’inclina légèrement et l’Empereur continua son discours. L’Empire entrait dans une nouvelle période de trouble. Les Raïs revenaient, plus nombreux, et il fallait les contrer efficacement, afin d’éviter de combattre l’hiver. Il proposa donc à chacun de réfléchir à des solutions et ajourna la réunion. Bien que la raison de leur présence à cette réunion leur paraisse encore floue, les trois amis choisirent de ne pas poser de questions. Tout trois furent déçus en voyant Élicia s’éloigner, accompagnée des professeurs de l’Académie. Ils quittèrent à leur tour la pièce et se retrouvèrent seuls. Sil’ Afian avait un sourire gêné, Altan un peu triste et Edwin hésitant. Ils restèrent plantés là quelques instants, puis, la situation devenant trop gênante, ils se dirigèrent d’un commun accord silencieux vers leurs appartements respectifs.
Aucun des trois ne dormit cette nuit-là.

*

Edwin sourit et retint une larme. Cela faisait près de quatorze ans qu’il n’avait vu ni Altan ni sa femme. Il se retourna sous sa couverture et laissa mourir le feu, tentant de s’endormir, bercé par les innombrables bruits de la forêt de Baraïl.

Nathanaëlle

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"Elen síla lúmenn' omentielvo"
JRR Tolkien
Aide de Camp de la grandissime Eleyra Leina
Coordinatrice et présidente honorifique de la SABIA

"N'ignorez pas l'enseignement de la voie pure d'un
fleuve de montagnes dévalant sur les roches."

Morihei Ueshiba


"At the end of a storm is a golden sky
And the sweet silver song of a lark."


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Solveig
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MessageSujet: Re: Premier prix du concours de prose : Coline / Nathanaëlle   Mer 24 Juin 2015 - 18:57

J'aime beaucoup ^^
juste une petite remarque, c'est étrange que Sil'Afian n'ai pas de nom... enfin de prénom quoi ^^
mais bon, je ne pense pas qu'il en soit fait mention dans le livre, et si tu avait pris la liberté d'en créer un ça m'aurait peut être semblé étrange aussi...
Donc fait comme si j'avais rien dis
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Premier prix du concours de prose : Coline / Nathanaëlle
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