La Voie des Marchombres

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 Etre soi-même

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Leslie
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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Dim 5 Avr 2009 - 23:08

J'adore ton texte Ellana.
C'est les mots qui me manquaient,que je n'arrive pas a exprimer.
(vous vous souvenez ? Ma facheuse habitude de faire peur aux mots qui s'enfuient devant moi... )
En tous cas,il est vrai qu'une personnalité parait si simple...Et pourtant,essayons de l'analyser,et là...
"Eh bah tiens,c'est plus dur à décrire que je le croyais!"
Merci !
Bisx
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Ichtar
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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Lun 6 Avr 2009 - 18:07

Citation :
Juste pour vous dire qu'être soi-même, c'est se sentir en harmonie entre ses idées et ses actes. Et sourire de ce que l'on est, de ses paroles, de ses maladresses, de ses réussites comme de ses erreurs.
Je sais pas, Aethera. Je ne suis pas a 100% d'accord avec toi.
Être sois-même ne veut pas forcément dire "sourire de ce que l'on est". Je pense qu'on peut être complétement sois-même et se detester.
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Szyra Nahim
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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Lun 13 Avr 2009 - 11:56

Aethera a écrit:

Juste pour vous dire qu'être soi-même, c'est se sentir en harmonie entre ses idées et ses actes. Et sourire de ce que l'on est, de ses paroles, de ses maladresses, de ses réussites comme de ses erreurs.

Je me sens plutôt en accord avec cette idée même si d'autres éléments de ce que les autres ont dit viennent s'y greffer. Pour ce que tu dis Ichtar, je pense que si tu détestes ce que tu es, c'est que ton être est encore en construction. Nous sommes alors nous-même mais nous évoluons et je pense que plutôt que de chercher le nous-même présent, plutôt que de s'en vouloir de n'être pas ce que nous croyons être nous-mêmes, nous nous en voulons de ne pas être ce que nous voulons être. La recherche de nous-même n'est-elle pas plutôt une construction qui tend vers ce que nous voulons être ?

Nous avons des idéaux, une idée de ce qu'est une personne juste, saine, bien dans sa peau. Nous vouulons être cette personne et nous avons l'impression que cette personne que nous voyons dans nos pensées n'est pas visible du dehors car l'adéquation entre nos pensées et nos actes n'est pas encore faite. Pourquoi ? A mon avis, nous sommes toujours dans le feu des actions. A une situation donnée, nous réagissons plutôt que nous agissons. Les actes iraient presque plus vite que la pensée. Les paroles surtout. Ou plus précisément, nous serions dans un mode automatique de téléguidage en société.

Pour moi cette impression de ne pas être moi-même est aussi en train de s'estomper. Au départ, je me disais aussi que je n'étais pas moi-même parce que j'avais l'impression que les gens ne voyaient pas ce que j'étais au fond de moi mais peut-être le problème vient-il aussi du fait que les gens ne cherchent pas à savoir qui nous sommes vraiment. Pourquoi avons-nous au contraire l'impression d'être nous-mêmes sur le forum et même quand nous nous voyons ? Parce que nous bannissons ces préjugés. Nous nous offrons et l'autre en face reçoit sans déformer. Ce serait comme les tests marchombres. Nous remontons à la source et la source se livre sans détours.

C'est amusant. J'ai l'impression qu'en vous répondant, j'arrive toujours à me répondre à moi-même. La réponse est toujours en nous, il suffit d'aller la chercher ! ;)
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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Sam 2 Aoû 2014 - 0:54

Bon. Déterrage? Déterrage!

Alors. Je vais essayer d'éviter de paraphraser trois heures, parce que je veux pas que les gens s'endorment.

Je voulais reposer la question du sujet. Qu'est-ce qu'être soi même?
Et, je sais. Beaucoup a déjà été dit. Mais répétez. Vous êtes des nouveaux gens, il en sortira forcément quelque chose de différent.

Oh, au passage. Pourquoi être soi même?

J'en en ai déjà un peu discuté, je commence à avoir un vague début d'idée sur la question, mais j'aimerez entendre ce que vous avez à dire.

Au plaisir.

_________________
"C'est en nous qu'il faut nous taire."

-Louis Aragon; Le Fou d'Elsa.




"Pimpanicaille,
Le roi des papillons,
Se taillant la barbe,
Se coupa le menton."







"48: Je n'ai pas peur. J'ai seulement le vertige. Il me faut réduire la distance entre l'ennemi et moi. L'affronter horizontalement."

"96: Tu ne peux pas te relire mais tu peux signer."


-René Char; Feuillets d'Hypnos.
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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Sam 2 Aoû 2014 - 12:18

Être soi-même, pour moi c'est être en harmonie avec ses convictions profondes. En effet, on a trop tendance à penser "pour plaire aux autres". Accepter d'être soi, c'est chercher "à se plaire à soi-même. (sans pour autant tomber dans le narcissisme)

Être soi-même, c'est aussi en quelque sorte un premier pas vers la liberté, car cela nous offre la possibilité de faire ce qui nous semble juste, sans crainte. (car pas "d'engagement de conduite" à tenir envers quelqu'un, pas de rôle à jouer en société.)

Pourquoi être soi-même ?
Je rajouterai également : pourquoi jouer un rôle en société (ou ne pas être soi) ?  

Je crois que notre capacité à être nous, dépend de la hiérarchisation que nous faisons des gens qui nous entoure. Par exemple, quelqu'un manquant de confiance en lui va se dévaloriser et inhiber ces convictions profondes pour adopter la manière d'être de celui qu'il considère comme ""supérieur""( à mettre entre plein de guillemets) à lui.  Lui ressembler pour s'y intégrer. En psycho, c'est ce que l'on nomme le faux-self, adaptation de sa personnalité en fonction du milieu. (google est mon ami !  )
Ne pas être soi résulterait donc pour moi d'un manque de confiance, et d'un besoin d'adaptation, de "normalisation".

Mais pourquoi chercher à renouer avec ces convictions, sa manière d'être ?

Parce que le faux-self est épuisant. Il oblige à maintenir une certaine distance envers les gens et à se contrôler en permanence. (même si au bout d'un moment, par expérience, cela devient presque habituelle.)

Parce qu'on est en incohérence avec ce que l'on pense et ce que l'on dit, et on ressent cela. Un sentiment de décalage qui peut nous affecter, nous créer des angoisses.
Globalement, on se sent mal de ne pas être soi.

Parce que l'on est pas totalement libre de nos choix tant que l'on est pas soi-même, tant que l'on copie un modèle. On réagit comme la norme pré-établie voudrait que l'on réagisse, on réagit comme devrait réagir notre "personnage social".


En conclusion, si ne pas être soi permet de s'intégrer à certaines personnes et situations, il génère presque toujours une souffrance. Mieux vaut donc se présenter comme on se ressent intérieurement, plutôt que de se brider.
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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Sam 2 Aoû 2014 - 14:34

Bon ma chère Juliette, je vais essayer de structurer/développer ce que je te disais hier dans mon merveilleux état de fatigue larvique rabbit 

Misuto, je vais en profiter pour rebondir sur ta définition "d'être soi-même". Je n'y adhère pas vraiment parce que tu parle simplement d'un accord avec ses propres "convictions profondes". Cela me semble cependant trop réducteur; un être est bien plus que son mode de pensée et ses principes. On ne peut ne prendre en compte que ses convictions et uniquement les actions qui en découlent pour définir notre soi. Que faire alors des convictions que nous avions, fut un temps, et que nous avons laissées tomber ? Ne font-elles pas également part de nous ? Ou des actes que nous engageons sans véritablement y croire, ne révèlent-ils pas, eux aussi, quelque chose à notre propos ?
Etre soi ne serait donc pas uniquement lié à ces "convictions profondes". Cela a une connotation bien trop idéaliste : ne voir que le meilleur en soi (ou ce que l'on voudrait pour soi) et le pointer du doigt comme son véritable soi. C'est trop facile. Que faire alors de nos passions basses et autres joyeusetés qui, si elles ne satisfassent pas notre œil, sont bien là ?

Proust, dans son très intéressant Contre Sainte-Beuve (oui excuse-moi Juliette chérie, je te bassine avec Proust) oppose également ce moi 'mondain' qui s'expose aux autres au moi profond.

Marcel chéri a écrit:
En aucun temps, Sainte-Beuve ne semble avoir compris ce qu'il y a de particulier dans l'inspiration et le travail littéraire, et ce qui le différencie entièrement des occupations des autres hommes et des autres occupations de l'écrivain. Il ne faisait pas de démarcation entre l'occupation littéraire où, dans la solitude, faisant taire ces paroles, qui sont aux autres autant qu'à nous, et avec lesquelles, même seuls, nous jugeons les choses sans être nous-mêmes, nous nous remettons face-à-face avec nous mêmes, nous tâchons d'entendre, et de rendre, le son vrai de notre cœur, et non la conversation ! [...] Ce qu'on donne à l'intimité, c'est à dire la conversation, [...] et ces productions destinées à l'intimité, c'est à dire rapetissées au goût de quelques personnes et qui ne sont guère que de la conversation écrite, c'est l'œuvre d'un soi bien plus extérieur, et non pas du moi profond qu'on ne retrouve qu'en faisant abstraction des autres et du moi qui connaît les autres, le moi qui a attendu pendant qu'on était avec les autres, qu'on sent bien le seul réel, et pour lequel les artistes finissent par vivre, comme un dieu qu'ils quittent de moins en moins et à qui ils ont sacrifié une vie qui ne sert qu'à l'honorer.

Bien que la prose de ce cher Marcel soit indiscutablement magnifique, je ne peux m'empêcher de remettre en cause son opinion pour appuyer mon idée. Ce moi qui connaît les autres ne fait-il pas partie d'un tout ? N'est-il pas autant moi que le moi profond ? N'est-il pas partie inhérente de ma personnalité, n'en est-il pas indissociable ? Je vois difficilement comment nous définir sans prendre en compte toutes les composantes de soi ou tout les visages que nous adoptons. Ils ont, à mon avis, la même importance et légitimité que ce moi 'caché', parce que nous usons d'eux, et qu'inévitablement ils deviennent nous.
Je pense également qu'il ne faut pas faire abstraction des autres concernant ce moi profond et son engagement de création ; après tout, un artiste créé aussi en réinvestissant sa connaissance du monde et des autres (mais bon, c'est un autre sujet), et ce moi 'extérieur' influe inévitablement sur le 'moi profond'. Essayer de donner un nom à ces multiples visages, d'accord, mais pourquoi les brider dans des cases et empêcher leur conversation ?

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C'est pareil quand tu parles de liberté, Misuto. Dis-moi si je me trompe, mais je comprends que tu emploies ce terme dans un sens où être soi-même reviendrait à se libérer de l'attente sociale ou familiale pour atteindre une sorte de 'noyau' profond qui nous caractérise. Il serait cependant naïf de prétendre que ces attentes ne jouent pas un rôle essentiel dans la construction de notre personnalité, que nous y cédions ou que nous y résistions. Comme dit précédemment, l'idée d'un 'noyau' qui serait le vrai soi ne me convainc pas du tout ; l'être humain est bien trop complexe pour cela.

Ta manière, également, de dire que jouer un rôle en société revient à ne pas être soi me fait également tiquer (et hurler d'aberration, bordel). Parce que cela véhicule l'idée qu'être soi, ce n'est pas vivre en société, c'est n'y avoir aucune implication, c'est presque vagabonder dans les champs et dans l'herbe en toute liberté et en déclamant les principes fondamentalement humain qui sont beaux et nobles et qu'on aime bien.
Allez.

Larousse d'amour a écrit:
Société (nom féminin, latin societas)

  • Ensemble d'êtres humains vivant en groupe organisé.
  • Milieu humain dans lequel quelqu'un vit, caractérisé par ses institutions, ses lois, ses règles.
  • Compagnie de quelqu'un, d'un groupe, relations habituelles avec eux.


A moins que tu ne souhaites vivre en ermite dans une grotte, tu feras toujours plus ou moins (et plus que moins) partie d'une société, et tu y joueras ainsi un rôle. Tu devras probablement te conformer à ses codes de conduite (définis par des lois et une juridiction ou non) parce que voilà c'est comme ça qu'on vit ensemble avec d'autres gens. Se conformer à un code de conduite ne veut pas dire se renier au profit d'une communauté, mais apprendre à s'adapter (nouveau visage bonus). Jouer un rôle en société n'est pas une affaire de dissimulation ou de corruption, mais bien souvent d'entre-aide et autres belles notions. Je ne comprends donc vraiment pas ta question; s'intégrer au sein d'un groupe ou vivre avec d'autres n'induit absolument pas une négation de l'individu (sauf si tu es fervente partisane de Staline et autres charmants moustachus, dans lequel cas je ne juge pas hein tu es libre de tes convictions). Tu peux tout à fait continuer à être toi, en exposant tes principes et convictions de manière moins agressive et personnelle peut-être (la merveilleuse notion du débat) ; il en revient ensuite à toi de ne pas perdre ce qui fait que tu es toi pour te fondre dans une masse et puis voilà. (Quoique, ta fonte dans cette masse serait également très révélatrice de ce que tu es, même s'il y aurait perte de singularité au sens propre. Bref.)

A relier avec ta notion "d'adaptation de personnalité en fonction du milieu", qui peut être plutôt vue comme l'apprentissage de la vie en société. Pourquoi attribuer à la 'normalisation', comme tu dis, une connotation péjorative ? J'ai plutôt l'impression que c'est d'avantage une question de respect de l'existence collective.
Bien entendu, je ne parle pas de la normalisation de caractères, mais de comportements, dans le genre respect de la propriété publique etc.

Ta diabolisation de la société, Misuto, est inquiétante, bien que probablement normale. Personne ne te demande de "copier un modèle", si ce n'est un modèle de respect. Personne ne te demande de "réagir selon une norme pré-établie", si ce n'est la norme de la tolérance d'autrui et de la liberté de l'autre. Il me semble que tu as plutôt peur des conséquence d'assumer tout ce qui fait ton être en face des autres, plus par une crainte de jugement qu'autre chose. Tu peux tout à fait assumer ton caractère et tout ce qui fait la construction de toi, si tu es prête à en assumer les conséquences.

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Misuto a écrit:
Parce que le faux-self est épuisant. Il oblige à maintenir une certaine distance envers les gens et à se contrôler en permanence. (même si au bout d'un moment, par expérience, cela devient presque habituelle.)

Parce qu'on est en incohérence avec ce que l'on pense et ce que l'on dit, et on ressent cela. Un sentiment de décalage qui peut nous affecter, nous créer des angoisses.
Globalement, on se sent mal de ne pas être soi.

Est-ce qu'on se sent mal de ne pas être soi, ou de ne pas se conformer à un idéal de principes que l'on aimerait qu'il soit soi ? (ah, l'idéal, encore et toujours...). J'ai l'impression que pour toi, 'être soi' revient à atteindre un état presque pur de la volonté absolue d'être tout ce que l'on admire, qui nous plaît et que nous voudrions donc qu'il soit nous.

Le problème, c'est que croire en cela résulte bien souvent en la négation de ce que l'on est, tout simplement parce que l'on refuse d'admettre que l'on puisse être quelque chose qui ne nous plaît pas forcément, et qui ne serait pas conforme à nos si beaux principes. Ce n'est pas de l'incohérence entre ce que l'on fait et ce que l'on dit que découle cette angoisse, mais plutôt du décalage entre ce que l'on est et ce que l'on voudrait être, c'est à dire, bien souvent, un être sans passé (parce que le nous du passé est bien différent de celui d'aujourd'hui malgré tout et que ça ne nous dit pas trop) ou avec un passé bien amélioré, prônant et appliquant des conceptions et idéaux reconnus comme admirables, à la fois par soi et, surtout, par ceux que l'on admire, ou que nous voudrions qu'ils nous admirent.

Ne pas être soi, je crois que c'est fondamentalement ne croire que l'on n'est soi que dans une seule facette de notre personnalité, tout en reniant les autres, et en les cataloguant comme 'fausse' parce qu'elle ne sont pas conformes à l'idéal que nous souhaiterions atteindre. Ce qui fatigue, c'est cette quête incessante, c'est le déni de soi parce qu'on ne s'aime pas, c'est vouloir se raccrocher un modèle qui est justement cela; un modèle. Et donc inatteignable, parce qu'il a vocation à inspirer.

Mais l'idéal, s'il est souvent un réflexe humain, se révèle fréquemment dangereux, puisqu'il constitue une barrière du réel. En se berçant d'idéal, on s'empêche de regarder la réalité en face, d'appréhender la vie dans tout ce qu'elle a à nous offrir, parce que nous préférons vivre dans la quête d'une vision certes, plus attrayante, mais bien moins concrète ou enrichissante. Avoir le courage de vivre dans le réel est une chose difficile mais probablement extrêmement gratifiante; et appréhender le réel passe inévitablement par l'acceptation et la revendication de soi. S'accepter, c'est prendre en compte tous ses visages, et pas uniquement en sélectionnant que l'on aimerait avoir. C'est considérer ses beaux principes, mais aussi son passé, ses actions irréfléchies, ses passions nobles et basses. Une sorte de tout indissociable, en somme. Ce que tu "ressens intérieurement" est probablement l'appel de cet idéal si noble. (Bien entendu, en suivant ma logique, la présence de cet idéal est également part inhérente de sa personnalité; s'il faut reconnaître sa présence et non pas la renier, il faut également s'entraîner à ne plus y croire et à s'accepter).
Le décalage, le mal d'être, c'est l'angoisse de ne pas parvenir à être ce que l'on voudrait, et uniquement ce que l'on voudrait. Et c'est pour cela qu'être soi, entièrement, est important; cela permet de véritablement vivre le réel.

Dire "ce n'est pas moi" est extrêmement rassurant parce que cela permet d'ériger une barrière contre ce que l'on n'aime pas en nous, ou bien même de se protéger en cas d'agression ou de jugement de ces facettes de soi. "Ce n'est pas nous", et donc l'exposer au regard des autres est plus simple, parce que cela n'attaque pas ce qu'il y a de plus fondamental à soi. Nous sommes sains et saufs, à l'abri du regard critique, puisqu'il semble ne pas nous atteindre.
Etre soi n'est pas simple, et cela rend notre propre introspection extrêmement intéressante.

 albino 
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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Sam 2 Aoû 2014 - 19:23

J'avais fait un post immense qui a disparu après avoir appuyer sur une touche de mon clavier. Deux heures que j'étais dessus   

Je vais synthétiser les points qu'il me semble important de corriger.

Par "convictions" j'entends ma manière d’appréhender le monde, ma sensibilité. Mais je n'intègre pas mes actes dans mon Moi, car ils ne sont je crois que le reflet de ladite sensibilité.

Par "jouer un rôle". Il ne s'agit ici pas de d'un rôle comme pourvoir aux besoins de la société et en faire parti (du style travailler, payer les impôts... ) mais d'un "rôle de théâtre" un masque utilisé lors de la communication avec autrui.
De plus, j'intègre la liberté dans un cadre hiérarchique. Sans doute est-ce peu présent entre adultes, mais entres ados, ceux qui ne savent pas qui ils sont ont tendance à suivre la personnalité de leurs groupes d'amis, par exemple.
Ils adoptent le choix du groupe de manière quasi systématique pour rester dedans et s'y intégrer, faisant fi de leur capacité à choisir.

Quant à la "diabolisation de la société"
Comme dit plus haut, je n'ai rien contre appartenir au système, qui suis-je pour le juger ?
Il a de bons côtés.
Mais il est vrai que j'ai peur de la société. Surtout de ma génération.
Il faut dire que cette dernière ne m'a pas facilité la tâche ou fait quoi que ce soit pour me mettre à l'aise.
J'ai un avis parfois tranché sur la société et je m'en excuse.   
Enfin bref, tout le monde à ses problèmes.

J'ai le cerveau en compote donc je reprendrai un peu plus tard s'il y a lieu.

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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Sam 2 Aoû 2014 - 21:07

Merci de ces clarifications, Misuto albino Je vais tâcher d'y répondre.

J'ai un problème fondamental avec le fait de ne pas inclure ses actes dans son "moi", parce qu'à mon avis (et comme je l'ai déjà dit), ils ont pour moi tout autant d'importance que la pensée d'une personne. Tu dis que tu ne les inclus pas parce qu'ils ne sont que le 'reflet de ta sensibilité' ; mais je trouve que c'est, au contraire, à travers ses actes que l'on peut comprendre sa sensibilité. Elle est difficile à percevoir en tant que chose abstraite, et ce n'est que selon nos réactions et nos manières d'agir dans telles situations que l'on parvient à comprendre certaines choses. Que dire alors des manifestations de ton inconscient, ou de tes actes manqués ? Eux aussi sont des indicateurs de qui tu es, de ce qui est enfoui en toi, et que tu ne peux comprendre et interpréter qu'en les faisant.
Je trouve qu'ils sont aussi un excellent moyen de parer contre le moi idéal, dans le sens où l'on peut se rêver quelque chose et croire que l'on est ce quelque chose alors que nos actes (ou leur absence) démontrent tout le contraire. Tes actes t'expliquent tout autant que ton esprit, et ce d'abord et avant tout à toi-même.

Je crois que j'avais compris ce que tu voulais dire par 'jouer un rôle', mais peut-être l'ai-je mal expliqué. Ce que nous ignorons souvent, c'est que les masques que nous endossons sont souvent visages de nous-même à part entière. Jouer un simple rôle suffit à rajouter un élément par lequel nous définir : ce 'masque' et ce moi profond sont tout autant toi parce qu'ils forment un tout. C'est comme jouer un personnage tellement souvent qu'on finit par se prendre pour lui. Ce n'est parfois pas très plaisant de l'admettre, parce que ces masques que nous endossons sont souvent délibérément différent de nos convictions (histoire de nous protéger, j'en parle vers la fin de mon post précédent) ; mais c'est en en prenant conscience que nous parvenons à nous les rendre plus juste et plus honnêtes envers nous-même. Nous pouvons séparer les visages, mais non pas prétendre qu'ils ne font pas tous partie intégrante de nous.

Cette "tendance de suivre" de laquelle tu parles est probablement aussi présente chez les adultes, tu sais. Je suppose que tout groupe fonctionne comme cela ; tu as généralement des têtes fortes, charismatiques, influentes, et d'autres qui préfèrent s'y raccrocher. Cependant, ne penses-tu pas que le fait de 'suivre' demeure très révélateur  ? Il est possible e tirer certaines hypothèses sur la personnalité de quelqu'un de cet acte seul (tiens, je me ramène à ma première idée). 'Suivre' ou 'copier' quelqu'un ne suggère pas une infidélité à son moi mais plutôt l'une de ses caractéristiques. Il existe des personnes plus "faibles", qui s'imposent moins, et s'ils ont très certainement une sorte de moi profond qui peut ressurgir lorsqu'ils sont seuls, ce trait de leur caractère ne peut être négligé (peut-être pourront-ils même apprendre à s'affirmer en en prenant conscience ?)

Je comprends que tu puisses avoir des problème par rapport à la société et tout, mais ne t'inquiète pas trop, ça s'arrangera probablement avec le temps. Les gens deviennent moins cons en grandissant. I love you 
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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Dim 3 Aoû 2014 - 10:49

Etre soi même, la grande question.

Pour moi, être soi même c'est avant tout être en adéquation avec ses valeurs profondes, dire et agir de la manière qui nous semble la plus juste. Mais c'est également accepter son passé et construire son futur. Renier ses erreurs et vouloir repartir de zéro, ce n'est pas être soi même puisque ce que l'on a fait, ce que l'on a vécu fait aussi partie de ce que nous sommes : c'est ce qui nous a permis de grandir et de pouvoir penser "jamais je ne veux refaire cette erreur". Quand à construire son avenir, je ne parle pas ici d'écraser les autres pour réussir à faire ce que l'on veut faire (dans la logique de compétition qu'on nous inculque aujourd'hui) mais de semer ici et maintenant les graines de notre avenir : savoir ce que l'on veut voir pousser dans notre jardin intérieur et en prendre soin c'est cultiver ce que nous sommes (autant que ce que nous serons).
Finalement, être soi même c'est agir avant tout pour ce que NOUS pensons juste sans se préoccuper des dires ou des attentes des autres. J'ajouterai aussi qu'être soi même, c'est veiller à ce que l'autre puisse être lui même et donc ne pas l'enfermer dans nos idées préconçues qui ne sont pas forcément justes pour lui. Il vaut mieux pour cela montrer par l'exemple et être souriant et joyeux pour aider cette personne que de la confronter à ses erreurs. D'ailleurs, si nous sommes bien (trop) conscient de nos erreurs, pourquoi ce ne serait pas vrai pour les autres ?

Pourquoi être soi même ?
Je suis entièrement d'accord pour dire que l'inadéquation avec soi même génère énormément de souffrance, mais j'ajouterai qu'être soi même procure un immense sentiment de bonheur et de rectitude : l'impression d'être sur le bon chemin. (Cette impression d'ailleurs, lorsqu'elle est vécue dans tous le corps et l'esprit est un bon moyen de savoir que l'on est soi même). En plus de nous pousser de l'avant, la sensation d'être sur le bon chemin nous conforte dans ce que nous sommes et nous aide à relativiser ce qui nous pesait du passé. C'est donc tout bénéfique mais cela suppose que l'on ai passé certaines épreuves parfois dures et nombreuses (ce qui explique que de nombreuses personnes restent encore dans la situation du faux-self) : rejet vis à vis de la société ou d'amis, changement parfois radical qui peut faire peur, perte d'une situation confortable, acceptation de valeurs qui vont contre notre éducation (et notre éducation est ancrée très profondément... C'est comme un arbre dans notre jardin intérieur... Alors imaginez que cet arbre soit chardon !), ...

J'ai envie de finir ce post par les 5 règles de vie Massaï qui me semblent très proches de définir comment être soi même, comment accepter d'être ce que nous sommes et comment devenir ce que nous sommes :
- Accepter la dualité : chaque défaut est qualité, chaque qualité est défaut. Les choses vont par deux et ne sont pas forcément contraires, il y a équilibre à trouver.
- Vivre dans la joie : être joyeux et plein de gratitude, voir la vie du bon côté en notant chaque petit cadeau qui nous est fait, en prenant conscience de ce que l'on a permet d'être heureux de notre situation... Et rend la vie plus facile à notre entourage.
- Accepter la souffrance-don : chaque peine, chaque erreur, chaque épreuve nous permet de grandir et d'avancer, prenons la comme un cadeau plutôt que comme une punition : le droit d'apprendre, d'essayer, de se tromper et d'essayer de nouveau.
- Devenir planteur : semer notre avenir, s'occuper des plantes semer mais ne pas oublier que nous n'en sommes pas le maître, ne pas les étouffer, les laisser croître avec lenteur et faire avec les "imprévus".
- Rechercher le "bon chemin" : quand ce qui se passe dans notre vie est "dans l'ordre des choses", quand nous sommes, dans notre coeur et notre corps, convaincus d'être sur le bon chemin... Et écouter les messages de notre corps (notre inconscient) qui peuvent nous éviter des erreurs.
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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Dim 3 Aoû 2014 - 11:13

Aenea, on monopolise le sujet x)


Du coup ce matin en me levant, j'ai réfléchi, encore à te définition du Soi etj'ai pensé à un truc tout bête qui m'arrive et qui fait partie de ces choses 'qui ne plaisent pas à notre oeil' et auquel je ne peux rien. J'ai nommé : Mon handicap. Je vais pas rentrer dans les détails, mais j'atteins quand même les 50 % de handicap (même si la majorité des handicapés se situent vers 80).
Et je me suis dit, puis-je l'intégrer à mon Moi, alors que je le catégorise en "acte" (certes non-décidé par moi mais lié à la faiblesse de mon corps étant prématurée. Je suis quelque part responsable).
Et là... Bah, je me suis rendue compte de quelque chose. Qu'il modifiait ma perception de Moi, puisque je pouvais me coller l'étiquette "handicapé", et puisqu'il à déchirer mon Moi il y a quelques temps.
(En gros, c'était : Bordel, 50 % de handicap ! Ouais mais je suis chez les valides au quotidien. D'un autre côté j'aurais besoin d'être chez les handicapés. Ouais mais attends, là, je suis pile à 50. Donc je me présente comme valide ou handicapée ? Comme valide à moitié handicapé ou handicapé à moitié valide ?)
Bref.
j'ai encore reformulé :
Premièrement : Pour que le Soi puisse se détacher des actes en étant en fait que leur source, il faut que l'individu soit entièrement LUI et n'en dévie pas. (ça peut-être le cas s'il c'est parfaitement trouvé, je pense, quoique rare)
Je persiste à dire que le Soi et les actes/choix/masques sont deux "sphères " distinctes.
SAUF que l'on trouve des interactions entre ces deux sphères, qui influent des actes/ choix vers le Soi et, plus l'on est avancé dans sa quête de Soi, une interaction Soi--> actes/choix.
Interactions plutôt qu'appartenance.
Après, n'oublions pas le libre arbitre qui n'a rien à voir avec le Soi, notre capacité par exemple à prendre des décisions en désaccord avec notre morale pour aider quelqu'un.

Pour ce qui est de "jouer un rôle"= faux self.
Pareil, reformulation.
Il s'agit d'une capacité de sur adaptation.
Wikipédia a écrit:
Le faux self désigne une instance qui s'est constituée pour s'adapter à une situation plus ou moins anormale et contraignante. L'image qui est alors en cause est défensive et fonction de réactions inadaptées de l'environnement et est surtout représentative d'un rôle qu'on lui aurait imposé.
Il s'agit de quelque chose imposé par l'environnement, donc non Nous, même si la capacité en elle-même se trouve en nous.
A l'inverse, le vrai-self est un état ou la personne accepte ce qu'il est et de se montrer comme qui il est sans aucun masque.
Il ne faut pas voir ce-dernier comme un unique masque, mais possédant des extensions moins utilisés qu'il peut endosser par-dessus.
Sans pour autant que cela soit une contrainte, bien sûr, et il reste fondamentalement lui.
Un faux-self ignore lui totalement le Soi.

Pour moi "suivre " n'est pas non plus une infidélité à Soi. Mais la plupart des personnes qui suivent, que ça soit par choix ou parce qu'elles sont paumés, on la facheuse tendance d'inhiber leur Soi.
Je pense, pour répondre à ta question sur le caractère révélateur des suiveurs, que un tel comportement n'est premièrement pas irréversible. Ni complètement ancré ou figé.
Cela dit, dominer ou être dominer découle de notre confiance en nous, non ?
Je l'intègre donc plus ou moins à un "effet secondaire" du Soi.



Je pense qu'il y a plusieurs courants de pensées sur ce sujet.
Peut-être que je suis la seule fille au monde à penser comme ça (pas vu les autres post), mais bon.
J'ai déjà bien avancer sur la question, depuis que je me suis lancé, reformulé, re-réfléchi, bâti, déconstruis et j'imagine que mon point de vue évoluera encore. Pour le moment, je suis arrivé à une conclusion qui me satisfait et qui colle à mon expérience personnelle. (et mes séances psys x) )
Mais je n'ai que 15 ans, et même si j'ai déjà vécu quantité de choses, ce n'est qu'un millionième de tout ce qui a été vécu ou à la potentialité de l'être. Doc je ne puis prétendre que ma vision soit parfaite (tout comme la tienne) voir même acceptable par la majorité. (même si elle l'ait pour moi.)
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MessageSujet: Re: Etre soi-même   Jeu 7 Aoû 2014 - 15:29

A mon tour d'être dégoûtée, j'avais bien entamé mon post hier soir et mon ordi a décidé de m'offrir une jolie surprise au réveil en l'effaçant silent Reprenons.
(avec un peu de chance, Misuto, notre débat en attirera d'autres albino )

Il me serait délicat de parler de ton handicap pour toi, vu que je ne le connais pas concrètement, ni la relation que tu entretiens à lui. Je peux, cependant, utiliser la description que tu en fais pour te guider à travers mon raisonnement.
En fait, grâce à celle-ci, je crois avoir mit le doigt sur ce qui me fait tiquer dans ta vision des choses : elle est très dualiste, très séparatiste corps/âme; comme si l'âme et l'esprit, représentatif du "soi", étaient ancrés dans une autre dimension, plus pure et plus authentique; alors que le corps faisait partie du concret, du vulgaire, et qu'il n'était que dépendant de ce "soi" chimérique. C'est très platonicien pour le coup ↠ de manière très vulgarisée, Platon considère qu'il existe un monde intelligible (des Idées) et un monde sensible (le monde 'réel', qu'on appréhende avec nos sens), et que seul le monde intelligible nous permet d'appréhender la vérité des choses parce que nos sens sont trompeurs.
Je ne te cache pas que j'ai du mal avec cette vision-là des choses, parce qu'elle me semble assez simpliste. Pourquoi vouloir séparer ? Pourquoi considérer que nous possédons une âme, un esprit éloigné de notre corps concret ? C'est assez facile d'y croire, parce que c'est généralement l'idée avec laquelle nous avons grandit, que ce soit à cause d'un environnement d'inspiration religieuse ou pas.
Et si nos "âmes" ne pouvaient pas exister en-dehors de nos "corps" ? Si nous étions en quelque sorte "coincés" avec cette représentation-là, ne devrions-nous pas apprendre à nous apprécier pleinement, plutôt que de rejeter les travers de nos corps parce qu'il y a plus appréciable pour nous ailleurs (aka l'autre dimension de notre âme), en clamant "c'est pas moi" ? Il n'est peut-être pas inintéressant de s'envisager comme un tout deux secondes (même si l'on est plus séduit par une vision dualiste, après c'est vos croyances hein chacun fait ce qu'il veut); parce que nous serions alors forcés de réaliser que les composantes de notre être sont indissociables, et que cela mis tout ensemble fait la force d'un "soi".
Je ne nie cependant pas une distinction corps/esprit, en admettant que l'esprit est indissociable de son corps.
Du coup, pour moi, Misuto (et cela n'engage que moi, je ne veux surtout pas prendre des airs de moralisatrice), un handicap devrait être vu comme appartenant pleinement au "soi", parce qu'il est impossible de considérer qu'il n'a aucune influence sur ton esprit ou ta manière d'appréhender les choses. Ton handicap t'es tombé dessus (et te culpabiliser pour n'est probablement pas la meilleure chose à faire) et c'est au final comme pour toutes choses, une richesse et une malédiction. Je verrai ton handicap comme appartenant à ton toi, même s'il ne le définit pas. Parce que ton corps, avec ses pulsions, ses passions, te caractérise autant que ton esprit.
Pour ton handicap, la question que tu devrais te poser ne devrait pas être "à quel point me définit-il ?, mais plutôt Comment affecte-t-il ma vision du monde ?
(en gardant à l'esprit que labels are for cans, not for people I love you)

Je suis également en désaccord avec cette notion d'interaction telle que tu l'entends, parce que tu la sépares de l'appartenance. Il y a une interaction constante, je pense, entre le corps et l'esprit, mais chacun prit à part n'est qu'un élément d'un tout (le "soi", donc). En ne considérant que son esprit, nous n'obtenons qu'une parcelle de ce qui nous fait nous, parce que nous laissons de côté nos impulsions, l'action de nos nerfs (souvent liée à des traumatismes antérieurs dont notre esprit n'a souvent pas conscience), etc. Et vice versa pour le corps.
Être soi, au final, c'est parvenir à une harmonie entre toutes les parcelles de ce qui nous constitue. Et c'est surtout les accepter, vivre avec en les dénuant de toute connotation négative ou positive pour pouvoir simplement se dire "voilà tout ça c'est moi". Et tout ça, c'est ce qu'on aime bien et ce qu'on aime moins. pirat

Je serais plutôt d'accord avec ta reformulation du faux-self, à la nuance près que je pense qu'il n'existe que dans des situations d'exception. A partir du moment où ce masque devient une habitude, une sorte de réflexe (tous les jours au lycée pour prendre un exemple tout banal, etc.), il cesse d'être faux-self et devient quelque chose de plus inhérent à soi, de plus caractéristique.
Cependant, concernant ta définition du vrai-self, une question : Peut-on véritablement se montrer sans aucun masque ? Ce cher Proust dirait que non, par exemple. Mais là aussi c'est trop facile. C'est trop facile de vouloir soi-même définir ce que l'on est, sous le simple prétexte que le "soi" ne se révèle que dans l'intimité la plus totale. Sans parler de masques, peut-être, je dirais que nous adaptons souvent notre attitude à l'identité de l'interlocuteur en face de nous, sans tomber dans le faux-self. Une fois encore, un exemple tout simple: mon attitude avec Revan est différente de celle que j'adopte avec Yza, mais je suis moi-même avec les deux, parce que je parviens à m'accepter entièrement en leur compagnie, et je considère qu'ils sont deux des personnes avec lesquelles je suis le plus à l'aise (et donc le plus encline à me dévoiler). Peut-être pourrions nous appeler ces variations des masques, en ôtant toute connotation péjorative au terme. Ce sont simplement des modes de réaction différents sur certaines nuances. Tout cela pour dire qu'il n'y a pas un unique masque, et que des "extensions" sont toujours présentes.

Pour les "suiveurs", je n'ai jamais dit que cette attitude était irréversible, ou qu'elle définissait entièrement leur caractère. Simplement que cela était révélateur d'un trait (possiblement ponctuel) de leur "soi" (puisqu'un "soi" n'est certainement pas ancré ou figé).
En suivant cette logique, "suivre" (ou même dominer) ne serait pas une manière d'inhiber son soi, mais de lui être fidèle, en exprimant ce qu'il recèle. Il existe des personnalités fortes, d'autres faibles, et tout cela influe nécessairement sur de telles manières d'agir - ce qui explique leur caractère révélateur, justement.

Bref bref. J'ai encore fait un pavé alors que je voulais écrire une petite réponse rapide. albino
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