La Voie des Marchombres

Forum de réflexion consacré aux Marchombres et aux livres de Pierre Bottero...
 
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 En finir.

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Lowni
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MessageSujet: En finir.   En finir. Icon_minitimeDim 18 Sep 2011 - 18:10

Parce que depuis une semaine j'en entends parler trop souvent autour de moi.
Le suicide.
Sur le Forum, dans ma famille ou du côté de mes amis.

Le suicide.

Pourquoi ? Qu'est-ce qui peut pousser quelqu'un à passer à l'acte ? Le suicide est-il compréhensible ? Ou plutôt, est-il justifié ? Preuve de courage, ou au contraire, de faiblesse et de lâcheté ?
Que dire des tentatives de suicide ratées ? Appels à l'aide ?


Mon avis sur la question est plutôt limité, et vu que j'ai pas les idées très claires, je ne m'étalerai pas dessus pour le moment.
Plus tard peut-être En finir. 460171 !
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeDim 18 Sep 2011 - 21:39

... Sujet difficile. Ca fait longtemps que je n'ai pas posté dans les sujets de réflexion mais celui-ci me donne envie de répondre.
Parce que j'en ai pas mal entendu parler moi aussi autour de moi, parce que je n'arrivais pas à comprendre et que je me posais des questions.

Déjà, moi je différencierais au moins trois "catégories" de tentatives de suicide, sur une échelle croissante.
- les appels au secours
- les gens fatigués
- les désespérés.

Je différencie les trois parce qu'il me semble que dans la tête de la personne il ne se passe pas tout à fait la même chose dans les trois cas. Que la première catégorie a toutes les chances d'échouer, alors que la troisième a toutes les chances de réussir.

- Il y a des gens pour lesquels c'est simplement : je vais mal, aidez moi. Ces gens-là peuvent aller jusqu'à faire 20 "tentatives" de suicide dans l'année. Qui échouent. Pour moi ces tentatives ne sont pas réellement voulues, si au bout de 20 fois on ne parvient toujours pas à ces fins, à mon avis c'est qu'on n'a pas véritablement envie de se donner la mort, c'est juste une façon de montrer qu'on va mal lorsqu'on n'arrive plus à le dire.
- Il y a des gens qui vont mal dans la vie de tous les jours et qui veulent se donner la mort lorsqu'arrive un nouvel évènement qui les emporte encore davantage au fond du gouffre. C'est le coup de trop alors qu'ils sont déjà épuisés, et la meilleure solution apparaît alors comme se donner la mort. Souvent c'est prit sur des coups de tête, et la personne, si elle survit, peut regretter d'avoir tenté de se suicider. Il n'y a pas de véritable réflexion avant l'acte, c'est juste qu'ils sont fatigués de se battre et qu'ils ont envie d'en finir.
- Puis il y a les désespérés. Ceux qui sont au fond du fond du gouffre, qui n'arrivent plus à remonter. Ceux qui vont voir des psys, ceux qui n'arrivent même plus à percevoir le monde autour d'eux, ceux qui sont au bout du rouleau. Ceux qui décident véritablement d'en finir parce que leur vie ne vaut plus rien à leurs yeux et qu'ils sont persuadés de ne plus pouvoir remonter à la surface.

Il y a ces trois points, il y a les gens qui sont dans un intermédiaire entre deux...
Il y a des gens qui vont plus ou moins vouloir se donner la mort, et qui vont plus ou moins réussir.

Il y a plein de façons différentes de se donner la mort, ne nous leurrons pas, il y a des solutions définitives et des solutions lentes qui laissent un espoir de survie. Quelqu'un qui veut vraiment se donner la mort va utiliser une méthode rapide et efficace, sauf s'il n'a pas d'autre moyen à sa portée, il va y réfléchir avant.
Quelqu'un qui fait ça sur un coup de tête va utiliser le premier moyen à sa portée.
Quelqu'un qui appelle à l'aide va se faire souffrir sans pour autant chercher vraiment à se tuer.

Il y a différentes "catégories" de suicide qui vont de pair avec différentes "manière" de se suicider.


Dans les différentes catégories on peut encore ajouter :
- ceux qui veulent en finir plus vite, lorsqu'ils sont victimes de maladies en phases terminale, type cancer
- ceux qui sont état végétatif et sont cloitrés dans des lits à ne pas pouvoir bouger mais qui sont pourtant conscients
- ceux qui se donnent la mort pour aider leur famille pour des soucis d'argent : dettes etc.



Pourquoi ?
- pour appeler au secours et montrer qu'elles souffrent
- parce que la mort leur parait plus facile que la vie
- parce que ces personnes souffrent et sont au bord du gouffre, totalement dépressifs
- parce qu'ils ne peuvent plus se supporter et affronter leur image dans un miroir
- parce qu'ils ont trop de dettes et ne peuvent plus payer, ils n'arrivent pas à sortir d'un engrenage
- parce que leur mort peut servir à leur famille --> héritage ou autre
- parce qu'ils préfèrent une mort rapide à une mort lente (maladie) ou à vivre dans la condition de légume.


Le suicide compréhensible ? Oui et non. Il faut vraiment être désespéré pour passer à l'acte et tant qu'on ne l'a pas été à ce point je crois qu'on ne peut réellement comprendre. Sauf si c'est pour fuir une maladie ou aider des proches.

Justifié ? Oui et non. On ne devrait jamais avoir à se donner la mort.


Courage ou lâcheté... Il faut beaucoup de courage pour se donner la mort, et beaucoup de lâcheté pour fuir la vie. Mais je crois que le suicide n'est ni une preuve de courage ni une preuve de lâcheté. Les gens qui font ça sont désespérés, juste désespérés, ils ne voient plus la fin du tunnel. Alors il n'y a ni courage ni lâcheté à en finir.


Certaines personnes trouvent que ceux qui se suicident sont égoïstes, car ne pensent pas à leurs proches. Je crois que ceux qui veulent se suicider ne pensent plus à rien d'autre que leur souffrance, la famille, les proches, n'ont plus aucune importance parce qu'ils ne les voient plus.
Pour avoir envie de se suicider il faut être dans un état dépressif profond, dans lequel on n'arrive même plus à voir les étincelles de bonheur. On est persuadés d'être moins que rien, que la vie ne fait pas de cadeau, d'être maudit ou autre... on ne fait plus aucun effort pour sortir de ce gouffre, on ne voit même plus la lumière lorsqu'elle est là, et on continue de s'enfoncer...


Mmh... C'est je crois, tout ce que j'ai à dire pour le moment.
Je tiens aussi à dire que je n'ai jamais fait de tentatives de suicide, que toutes mes réponses sont des hypothèses, que je n'étudie pas la psychologie humaine et que je peux très bien ne raconter que des idioties depuis le début, étant donné que je ne suis pas dans la tête de gens qui ont cherché ou voulu se suicider En finir. 478849

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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeDim 18 Sep 2011 - 22:57

Je suis assez d'accord avec toi.

Pourquoi pense-t-on au Suicide ?
On peut y penser pour pleins de raisons, et aucune n'est plus valable que les autres. Il y a ceux qui y pensent pour ne plus souffrir, d'autres pour souffrir, il y a ceux qui se disent que nous serions mieux sans eux et ceux qui ne vivent plus sans un proche qu'ils viennent de perdre, il y a ceux qui y pensent et ne le font jamais et ceux qui n'y pensent jamais mais le font malgré tout.

Je rebondis sur ma dernière phrase : Normalement, le suicide c'est "se donner volontairement la mort" alors comment se tuer volontairement sans y penser ? Disons simplement que c'est le fait de se mettre volontairement en danger, en provoquant inconsciemment sa mort. C'est le fou qui saute par la fenêtre en pensant s'envoler, c'est l'anorexique qui cesse de manger, c'est l'homme d'affaire qui fume cigarette sur cigarette, qui enchaîne stress sur stress et qui finit par avoir une crise cardiaque à 40 ans.

Pour ça, je vais distinguer deux types de suicides : Le suicide immédiat et le suicide à retardement.
Dans chaque type, on rencontre des appels au secours, des gens fatigués et des qui sont totalement désespérés.

Le suicide immédiat, c'est celui auquel on pense, quand on veut mettre fin à ses jours, directement, brutalement.
Une fille qui se taillade les veines, c'est un appel au secours, une tentative immédiate de suicide.
Quelqu'un qui jette sa voiture dans le précipice parce que sa femme vient de le quitter, c'est un fatigué, mais une tentative immédiate.
Un homme qui se tire une balle dans la tête ou une dame qui demande l'euthanasie, ce sont des désespérés qui veulent une solution immédiate.

Le suicide à retardement, c'est celui auquel on ne pense pas vraiment, mais qui traduit malgré tout le mal-être et la volonté de se détruire à petit feu.
Un fumeur excessif, un jeune qui boit tous les soirs jusqu'à en vomir, une jeune fille qui devient anorexique, ce sont des appels au secours, le moyen du suicide devient également source d'une certaine satisfaction (le fumeur à l'impression de ne plus pouvoir vivre sans ses clopes, l'anorexique ne peut plus vivre avec ses kilos, elle est "heureuse" de perdre du poids)
Quelqu'un qui cumule le stress, la cigarette, la boisson, la malbouffe, le manque de sommeil, ... est un fatigué. Il n'a plus vraiment envie de vivre, il ne voit rien passer autour de lui, il a toujours besoin de focaliser son attention sur quelque chose : sa clope, son travail, son verre, ...
Et il peut très vite passer au désespéré... Celui là se laisse vivre, le plus mal possible, il refuse les soins et l'aide, pour mourir plus rapidement.

Ces gens ont tous autant de raisons de vivre que de mourir, le problème vient de leur perception : Ils ne s'estiment pas assez fort pour se faire tels qu'ils le voudraient, il n'arrivent pas à surmonter un obstacle, ils accumulent en eux la rancoeur, la déprime, et pleins d'émotions négatives qui un jour peut être les pousseront à passer à l'acte.

Chacun d'entre nous est plus ou moins dans ce cas et n'importe qui peut à un moment ou à un autre avoir envie d'en finir, c'est normal. Schématisons un peu et imaginons que chaque être humain à en lui une balance. D'un côté, on place sa bougie du bonheur, ses amis, l'aide qu'il reçoit, la pomme super bonne qu'il vient de manger et le sourire accueillant du concierge. De l'autre, on va placer ce qui ne va pas dans sa vie, comme sa petite copine que le large, les flics qui lui ont retiré le permis, les examens qui approchent et la procrastination qui l'empêche de réviser, son téléphone qu'est passé à la machine à laver et la mort de Pataud, son chien.
Au début, la balance penchait côté "Je vais bien" parce qu'on a commencé par empiler dessus tout ce qui allait bien et lui faisait plaisir, puis la balance est repassée au milieu et finalement a basculé du côté "Je ne vais pas bien" parce que les mauvaises choses étaient plus "lourdes" que les bonnes (à savoir que les choses ont le poids qu'on leur accorde et que cela varie d'un individu à l'autre).
Ainsi 1 ira bien, parce que ses amis pèsent lourd dans sa balance et qu'en téléphonant à l'un d'eux, il a réussi à faire en sorte que les évènements moins bons lui paraissent plus légers.
Mais 2 n'ira pas bien, parce qu'il était vraiment très attaché à Pataud et qu'il ne peut se résoudre à le laisser partir.
Et 3 sera maussade parce que finalement, y'a pas grand chose qui va pas, mais pas grand chose qui va non plus...

Quand on passe à l'acte, ou qu'on a envie de le faire, c'est lorsque la balance nous semble impossible a redresser et que personne ne semble apte à nous aider...

Est ce que c'est compréhensible ?
Pour moi, ça l'est. C'est comme si on demandait "est ce que c'est compréhensible de ne pas aller bien ?". Je pense qu'une personne qui attente à ses jours a besoin au contraire de toute notre compréhension. Prenez par exemple quelqu'un qui va bien, si pour une raison ou une autre vous ne la comprenez pas, c'est pas grave, elle s'en remettra et tentera de vous expliquer son choix (ou s'en fichera complètement) mais quelqu'un qui va pas bien ne va pas vous offrir sur un plateau ce qui le pousse à déprimer, au contraire, il aura souvent tendance à se renfermer... Mais dans ce genre de cas, si l'on est proche de la personne il ne faut pas hésiter à insister, car souvent, ce repli signifie un "j'ai vraiment mal, j'ai vraiment besoin d'en parler, mais j'ose pas, j'ai peur de t'importuner, ..."
Après, je comprends aussi les proches qui se disent que c'est une réaction égoïste... D'un côté oui et non, après tout, c'est pas égoïste de rester dans son coin alors que quelqu'un aurai besoin d'un peu d'écoute ?

Est-il justifié ?
Oui et Non. Pour la personne qui se suicide, ça l'est toujours, il lui semble toujours qu'elle a plus à gagner à mourir, ce sont ses raisons. Pour les proches, le suicide n'est pas toujours justifié parce que "en même temps, se suicider parce que Pataud est mort ...." mais si l'on revient à la balance, le suicide reste justifié, tant qu'il n'est pas fait par "méchanceté"
(Exemple de suicide par méchanceté : Ma copine me quitte, je me suicide (je lui fais croire, je le fais, je le tente) pour qu'elle souffre et qu'elle revienne éventuellement avec moi)

Quand au courage et à la lacheté, je dirais que ça ne vaut pas dans ce genre de circonstances, on ne se demande pas constamment si c'est courageux ou lâche de vivre, pourquoi le ferai-t-on pour mourir ? Ce sont deux choses différentes, mais qui finalement se valent. Pour moi, il n'est pas lieu de parler de courage ou de lâcheté pour un suicide, je dirai plutôt "manque d'aide" ou "vision différente des choses".

Une tentative de suicide, quelle qu'elle soit, est une façon de montrer que notre balance est coincée côté "Je ne vais pas bien du tout" parfois, c'est une demande d'aide, parce que la personne n'arrive pas à exprimer sa souffrance autrement, parfois c'est un besoin de souffrir, parce qu'on estime avoir besoin de se punir ou qu'on a l'impression de pas être assez "vivant", parfois c'est une façon de se foutre un pied aux fesses pour aller de l'avant...
Le problème, c'est qu'on s'englue souvent dans ce genre de situation.
Prenons l'exemple de la cigarette. Si chaque fois que je ne vais pas bien, je prends une cigarette pour aller mieux, alors chaque fois que je n'aurai pas de cigarette, je n'irai pas bien.
Appliquons cet exemple à la tentative de suicide : Si je tente de me suicider pour appeler à l'aide, alors chaque fois que je serai seul (sans aide) je tenterai de me suicider.
L'automutilation, la souffrance, la tentative de suicide, l'anorexie, ... sont des drogues particulièrement addictives puisqu'elles agissent directement sur notre corps, avec des substances qu'il produit lui même naturellement pour se protéger. Ce qui fait qu'une fois habitué à ses substances, on aura l'impression d'être moins bien quand on est normal. Par exemple, lorsque l'on s'approche du vide, on ressent une légère peur qui est à la fois terrifiante et agréable, si l'on s'habitue à ressentir régulièrement cela, on finira par le ressentir de moins en moins (on s'habitue) et on poussera donc toujours plus loin pour ressentir ça de nouveau...

Voila plus ou moins tout ce que j'ai à dire sur le Suicide.
J'ajouterai juste que si une personne se suicide, véritablement, ses proches ne doivent pas s'en vouloir. C'était la décision de la personne et rien (ou presque) n'aurai pu la faire changer d'avis. Je dirai par contre qu'une personne qui attente à ses jours sans réussir (sans se décider à en finir vraiment) mérite toute l'attention et la compréhension de ses proches, même si ses raisons ne leur semblent pas valables. D'expérience, je peux dire qu'une personne qu'on incite à s'en sortir, qu'on écoute, qu'on essaye de comprendre s'en sortira mieux que si on lui dit que ses raisons sont "débiles" ou que ce qu'elle a vécu n'est "pas grave". Inutile d'ajouter que cela ne sert à rien de faire semblant que la personne n'a rien, elle aura plutôt tendance à se renfermer et à se dire que "comme elle ne mérite ni l'attention, ni l'amour des autres, elle ferait mieux de mourir".

Petites choses en vrac :
Une femme parlera plus ouvertement de ses problèmes, de ses éventuels appels à l'aide qu'un homme.
Un homme qui attente à ses jours est souvent plus décidé à en finir qu'une femme.
Pour une femme, une tentative de suicide est considérée comme un "problème d'hormones" une "passade" un "besoin d'attention"
Pour un homme, une tentative de suicide est considérée comme une "sensiblerie" un "manque de virilité" et une "faiblesse".

Je finis sur ce mot pour dire que j'ai côtoyé des personnes en détresse, que j'en ai moi même été une, et qu'une personne n'allant pas bien ne peut remonter que Seule la pente. Vous pouvez lui tendre la main, lui balancer une corde, si elle ne veut pas sortir du gouffre, elle ne le fera pas. Et cessez donc de vous pencher, elle risquerai de vous faire tomber.
(J'entends par là que la plupart des gens qui attentent à leurs jours sans succès n'ont qu'une envie : saisir votre main tendue mais certaines le font parce qu'elles ont besoin de reconnaissance et qu'elles s'imaginent que si elles sortent, vous les abandonnerez, alors si malgré vos mots rassurants, votre main tendue et votre écoute, elle ne daigne pas tenter quoi que ce soit pour s'aider, éviter de plonger pour aller la chercher.)
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeLun 19 Sep 2011 - 19:30

Effectivement, c'est un sujet qu'on peut qualifier de très sérieux s'il en est.
Les posts d'Eley et d'Aziliz sont très complet et exposent pas mal de choses qui me sont venu à l'esprit, aussi pas la peine de les répéter.
Je ne donne que la fraction de moins point de vue que je veux développer, j'insiste la dessus En finir. 311797

Le Suicide : voie de l'Honneur.

Pourquoi rester sur notre seule culture ? Les Japonais et leur pays si rude... qui forge, dit-on, ses habitants à sa mesure.
Pour eux existait jusqu'à très tard la voie de la caste des guerriers, le Bushido (traduit littéralement : "la voie chevaleresque des arts-martiaux").
Pour cette caste et plus tard pour l'ensemble de la nation, lors d'un échec militaire, une seule voie était envisageable : la mort. Parce que la vie, cette vie que tant de personnes mettent ici au dessus de tout, avait finalement moins d'importance que l'échec ou la réussite de leur voie.
Certes, le Bushido a été créé pour permettre à un pouvoir impérial grandissant et détrônant les Shogun à partir du XVI siècle de contrôler la caste des guerriers.
Mais c'est devenu bien autre chose. De même que mon vénéré maître le Sage vieil homme, nombre de grands Maîtres de Kendo, de tir à l'arc, de Bokken, et du Zen ont explorés cette voie spirituelle à des stades inouïs. Stades que nous autres Occidentaux ne pouvons que rêver d'entr'appercevoir.

Stade qui me fascine. Placer sa voie au dessus de sa vie, placer sa loyauté, son Honneur et ses valeurs plus haut que sa place sur Terre.
Ça implique une entente envers soi-même, un si total oubli de sa chair et son corps, et de soi en tant qu'individu unique que je ne pourrais jamais que rêver de parvenir un jour à un tel niveau.
L'absence de peur ( et donc de courage et d'égoïsme ) face à la mort.
Vivre, mais en acceptant l'idée de la mort.
En la dépassant.
Toute notre voie pouvant s'épanouir dans l'Absolu, parce jamais réfrénée par les craintes, les doutes, les peurs et les incertitudes.
La perfection par l'esprit.
En suivant un tel mode de pensée, le suicide n'est alors plus lâche, ni même courageux, égoïste ou encore altruiste.
Il est ce qu'il est réellement : Un départ.
Pas pire ou meilleur qu'un autre.
Un carrefour menant à un autre chemin.
Libéré des enjeux insignifiants de la vie terrestre, libéré de ses peurs sans fondements l'homme accède alors à la part divine qui est en lui, et comprend ce qu'est véritablement sa vie et sa mort.
Guère plus qu'une des innombrables lignes du Grand Dessin. Sans importance individuelle, mais contribuant à l'équilibre de la Structure.
Alors il sait qu'au bout du compte, l'heure, le choix et la manière de son départ comme de son arrivée importent peu. Seul compte la façon dont il a vécu, dont il a contribué à l’Équilibre.

Preuve que l'importance d'être en vie à n'importe quel prix n'est en fin de compte pas universellement approuvé, et de loin.

Cette "peur" de la mort, est plus un obstacle qu'autre chose. Qu'en savons nous, de ce grand "Mystère", qu'en savons nous, de cet "Au-delà" ?
Guère moins que ce que nous savons de la vie.
Le doute, l'hésitation, puis le déni.
A quoi bon douter, si ça nous fait reculer ? Pourquoi avoir peur, tant peur, de l'Inconnu ?
Car c'est bien la peur qui anime notre répulsion face au suicide, même si nous n'en avons pas forcément conscience.
Et c'est cette peur, qui nous fait réagir au suicide des autres, en voulant à tout pris les retenir.
Parce qu’inconsciemment nous nous disons "Et si c'était nous ?"

Je pense qu'importe peu l'opinion des proches, des autres, parce que de telles questions ne doivent engager que nous. Uniquement et seulement nous-même, en face à face avec nous même.
Pas les autres, pas même notre copine, notre famille. Nous naissons, vivons, et mourrons profondément seul. Leur choix n'a pas compté pour notre venue au monde, pourquoi le ferait il au moment du départ ?

Mourir pour soi est égoïste (plus ou moins selon les raisons) dites-vous.
Mais dans ce cas, qu'arguez vous à : demander de vivre pour vous ? N'est ce pas l'apothéose de l'égoïsme ?
Vivre, s'accrocher à la vie, envers et contre tout, ou mourir, envers et contre tout, ne doit regarder que nous même.
Vous ne demanderiez pas, vous n'auriez pas la cruauté de demander à quelqu'un de mourir pour vous.
Moi je n'aurais pas celle de demander à quelqu'un de vivre pour moi ou les autres.

S'il est sûr de son choix, je lui demanderais.
De m'en parler, je lui demanderais.
D'essayer de trouver des alternatives, des solutions, s'il est vraiment dans cette position à cause de problèmes, qu'il appelle à l'aide, je le ferais.
S'il est sûr que plus rien ne compte pour lui, je le lui demanderais.
Mais je n'avancerais pas le chantage de l'affection des autres.

S'il est simplement las de la vie, qu'il souhaite partir malgré toutes les merveilles qui peuplent la Terre, alors je le laisserais aller, honorablement et en Paix.

Vers cette aventure mystérieuse, en espérant que sa vie s'il en est après, soit meilleure que celle qui le voit partir.


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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeMar 20 Sep 2011 - 10:36

Oulà ! Ca fait longtemps que je n'ai pas remis les pieds dans un sujet de réflexion, moi ! Mes petits neurones risquent d'être un peu longs à se mettre en route, désolée En finir. 153451

Effectivement, c'est un sujet sérieux... Et les posts précédents sont tellement complets que je vais avoir du mal à ne pas tout répéter.

Avant d'oublier il faut que je réagisse à ton post, Revan.
Je comprends ce que tu dis quand tu fais référence à la tradition japonaise. Même si je ne suis pas calée en la matière, plusieurs de mes amis sont Japonais ou Franco-japonais et aller faire un tour là-bas m'a permis de me rendre compte de cet honneur, de cette droiture associés à une profonde humilité dont ce peuple fait preuve. C'est vrai que le suicide n'a pas la même connotation chez eux qu'en France et, en exagérant un peu on pourrait dire qu'un Japonais très... japonais En finir. 153451 préfèrera se faire harakiri (me souviens plus de l'autre terme x)) plutôt que de vivre dans la honte après une faute grave. (D'ailleurs, allez-voir l'article "seppuku" dans wiki et surtout la liste des différents termes existants pour désigner le suicide).
En revanche, là où je ne te suis plus c'est quand tu dis que cette philosophie est un but à atteindre et peut être utilisée pour comprendre le suicide dans la civilisation occidentale (je résume, corrige-moi si tu n'es pas d'accord ;)).
Parce que justement, la plupart des gens dans notre société ne connaissent pas la philosophie japonaise aussi bien que toi et n'auront pas les mêmes réflexions quand à leur choix d'en finir. Pour un grand nombre de suicidaires, la mort est la seule solution qu'il aient trouvée ce qui ne veut pas dire pour autant que leur choix en soit un et qu'ils aient mûrement réfléchi aux conséquences de leur acte. Ca se résume juste par "j'en peux plus, il faut mettre un terme à tout ça", etc et non pas "je vais me détacher de ma condition humaine et avoir le courage de suivre ma voie jusqu'au bout parce que je veux aller voir ce qu'il y a après (curiosité intellectuelle, quoi)".
Ce que j'essaye de dire avec mon blabla c'est que le suicide n'est que rarement une position intellectuelle et philosophique comme tu le présentes !
Les personnes qui se suicident le font généralement parce qu'elles sont au bout du bout, au fond du trou et qu'elles n'ont plus aucun espoir de réussir à revoir la lumière, de remonter la pente. Elles préfèrent en finir plutôt que de souffirir encore pendant des années (puisqu'elles n'envisagent pas la possibilité d'aller mieux).

C'est là que je rejoins Aziliz et Eleyra dans leur "classification" des raisons de se suicider.
Même si, honnêtement, je ne pense pas qu'on puisse répondre précisément à la question du pourquoi sans aller soudoyer le psy de la personne En finir. 311797 . Les raisons précises (différentes des grandes raisons d'Eleyra et Aziliz) qui poussent au suicide sont, je pense, aussi nombreuses qu'il y a d'individus.

Le suicide est-il compréhensible ? Ou plutôt, est-il justifié ? Là je pense qu'on n'a même pas à se poser la question. Je veux dire, quand quelqu'un va mal, on ne lui demande pas si c'est justifié - si ? Un suicide est quelque chose de tellement énorme qu'il est rare de le faire sans raison (même si cette raison ne semble pas valable aux yeux des personnes extérieures).

Je reviens sur Revan.
Citation :
Placer sa voie au dessus de sa vie, placer sa loyauté, son Honneur et ses valeurs plus haut que sa place sur Terre.
Le problème ici, c'est que ton raisonnement implique une adhésion à ta philosophie. Je m'explique : personnellement, ta phrase me laisse perplexe parce que je ne crois pas en une vie après la mort. Pour moi, quand on est mort, ben, on est mort. C'est fini, il n'y a plus rien. Plus de conscience, plus d'âme, plus qu'un corps qui pourrit dans un cercueil. Tu comprendras aisément que l'idée de faire passer sa voie avant sa vie me semble complètement absurde puisqu'il n'y a, à mon sens, rien d'autre que la vie, que sa place sur Terre. Quand on se suicide c'est justement pour arrêter tout.
On vit, on meurt et c'est tout. il reste des souvenirs à ceux qui sont encore vivants mais c'est précisément parce qu'ils sont vivants ; nous, on existe plus.
Comme le disait Erik, "La mort est un effacement. Une désintégration de l'être."
C'est le vrai sens du mot jamais.

Preuve de courage, ou au contraire, de faiblesse et de lâcheté ? Ni l'un ni l'autre. il n'y a pas de courage dans la mort, on peut mourir de façon lâche ou courageuse mais cela dépend de ce que l'on faisait au moment de mourir, donc de notre vie. La mort elle-même n'est pas vraiment qualifiable.

Je termine par un truc qui me révolte souvent et sur lequel j'aimerais avoir votre avis : qu'en est-il des sauvés ? Des gens qui voulaient mourir et que l'on a empêchés "juste à temps" ? Personnellement, je trouve ça horrible.
Bien sûr, il y a dans le lot des personnes qui ne voulaient pas vraiment se tuer et à qui on offre une deuxième chance en leur montrant que leur appel a été entendu. Mais, et les autres ? ceux que l'on empêche de mourir ? que l'on oblige à vivre alors qu'ils n'en peuvent plus ou qu'ils sont déjà morts à l'intérieur ?
Pourquoi ne pas les laisser tranquilles ?

Moilà, je vous laisse En finir. 460171
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Alev
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeMar 20 Sep 2011 - 19:25

I'm back dans les sujets de réflexions !

Revan a écrit:
En suivant un tel mode de pensée, le suicide n'est alors plus lâche, ni même courageux, égoïste ou encore altruiste.
Il est ce qu'il est réellement : Un départ.
J'avoue être ici d'accord avec Choup. Même si j'aimerais croire en la réincarnation, je ne n'en sais fichtre rien et ne le saurais pas avant ma mort.
Et dans un sens, je pense même que les personnes "désespérées" n'auraient pas envie de voir un départ dans leur suicide. Juste une fin.
Alors, oui, on peut être curieux de prendre ce départ, de voir ce qu'il y aura après la mort. Mais on le saura très bien le moment venu, rien ne sert de l'avancer.
Je ne comprends pas les japonais. Pour moi, la vie mérite d'être vécue, et l'honneur ne représente pas une raison de se suicider. Les raisons citées par Eleyra sont compréhensibles, mais l'honneur ? N'est-il pas plus honorifique de se relever malgré la honte et de repartir la tête haute, plutôt que de décider d'en finir ?

Je réagis juste sur ça :
Aziliz a écrit:
une dame qui demande l'euthanasie
Je ne savais même pas que c'était possible... Je croyais que les médecins devaient tous faire pour garder leur patient en vie... même s'ils sont à l'état de légume...

Choup a écrit:
Mais, et les autres ? ceux que l'on empêche de mourir ? que l'on oblige à vivre alors qu'ils n'en peuvent plus ou qu'ils sont déjà morts à l'intérieur ? Pourquoi ne pas les laisser tranquilles ?
*petit racontage de vie on*
Mon père est sophrologue, et il a eu un jour une patiente qui avait attéri chez lui après avoir fait plusieurs médecins, psychologues et autres sophrologues. Elle voulait mourir, mais tous avaient voulus la faire revenir sur son idée, la maintenir en vie.
Mon père avait été le seul à accepter de "l'aider" à mourir. Je veux dire, à ne pas l'en empêcher, à essayer que sa mort se passe au mieux. Je ne peux pas imaginer comme ça doit être difficile.
Mais en tout cas, lorsqu'elle a été prête, lorsqu'elle l'a annoncée à son mari, elle est morte dans la nuit.
Elle ne s'est pas suicider. Elle a juste arrêté de vivre.
(Est-ce que ça voudrait dire que le fait de commettre l'acte du suicide est une preuve qu'on ne le veuille pas vraiment ?)
*racontage de vie off*
Tout ça pour dire que finalement, que la personne se suicide pour appeler à l'aide ou pour mourir, elle a besoin d'être comprise. Je me suis toujours dit que ce qui me causerai le plus de peine si je venais à mourir, ce serait le chagrin de mes proches.
Rien ne sert de s'acharner pour maintenir en vie une personne contre son gré. C'est une réaction finalement égoïste, de vouloir garder la personne avec soi et de ne pas vouloir la laisser partir.

Bref, je crois que je vais m'arrêter là, et attendre vos avis.
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeMar 20 Sep 2011 - 20:03

Alev a écrit:
Rien ne sert de s'acharner pour maintenir en vie une personne contre son gré. C'est une réaction finalement égoïste, de vouloir garder la personne avec soi et de ne pas vouloir la laisser partir

Totalement d'accord!

J'avais entendu dans je ne sais plus quelle saison de Desperate Housewives (admirez les références...) un des personnages dire quelque chose dans le genre: "encore une preuve de l'égoïsme de ceux qui se suicident".

Je ne suis pas du tout d'accord avec cette phrase. D'abord parce qu'a mon avis, si quelqu’un se suicide, c'est en parti dû à son entourage. exemple de mon propre cas: il y a quelques années... bon, quelques mois... Ok, il n'y a pas si longtemps que ça... Je me sentais Seule. Totalement seule. J'avais beau avoir des amis, une famille unie, une soeur jumelle avec qui je m'entendais bien, je ne me sentais pas du tout comprise ou entourée. J'ai alors pensé au suicide. Je n'ai vraiment pas envie de m'étendre là-dessus, alors pour simplifier: J'ai comment dire... lancé un appel au secours?

...

J'ai failli me trancher les veines.
Oups, ça fait un peu mélodramatique raconté comme ça.
Vous inquiétez pas, ça va bien mieux maintenant; en partie parce que je me suis faîte une très bonne amie entre temps, et aussi parce que j'en ai parlé à ma mère et que le simple fait d'avoir libéré les mots m'a quasiment "guérie".

Bref, tout ça pour dire: J'étais malheureuse, mais personne ne s'en rendait compte. Donc, personne ne faisait rien pour m'aider. Donc, j'ai failli me suicider. Conclusion: Pour empêcher une personne de se suicider, je pense qu'il faut plus faire attention à elle: A mon avis, si qui que ce soit aurait tenté de découvrir ce qui se cachait derrière ma mauvaise humeur constante, il aurait découvert une partie de la vérité.


je m'éloigne un peu du sujet de mon début de message... ce que je veux dire, c'est que si quelqu'un se suicide, ce n'est pas égoïste de sa part, mais plutôt celle de son entourage. (Bon, j'exagère un peu aussi, mais globalement je vois les choses comme ça)

Bonne journée à tous

PS: J'espère que vous ne m'en voudrez pas pour le racontage de vie... J'ai un peu... légèrement... ok, beaucoup tendance à vouloir attirer l'attention sur moi En finir. 454373
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeMar 20 Sep 2011 - 20:37

Je ferais un plus long post demain, j'ai pas le temps maintenant, mais je voulais très vite revenir sur une partie de mon post que j'ai sans doute mal rendue : Choup, je ne veux absolument pas dire que le suicide est l'accomplissement d'une voie. Je veux seulement parler de la perception du suicide qu'ont les gens qui empruntent cette voie. Et qui n'est plus forcément d'actualité, nous sommes d'accord. Se suicider par curiosité intellectuelle, je pense que c'est complètement inconscient et absurde ! et je ne cautionne pas, bien sûr. Mais je ne paux pas développer plus, j'éditerais demain.
Alors bonne nuit ! En finir. 460171
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeDim 25 Sep 2011 - 17:02

Le suicide.

On a dit énormément de chose censée ici et j'admire la complexité des postes qui me précède.

"une dame qui demande l'euthanasie

Je ne savais même pas que c'était possible... Je croyais que les médecins devaient tous faire pour garder leur patient en vie... même s'ils sont à l'état de légume..."

La France interdit l'euthanasie.
C'est pour cela que des personnes condamnées se suicident dans des conditions affreuses ou viennent en Suisse pour mourir (La Suisse qui elle, a autorisé l'aide au suicide).



Le Suicide ? Un appel au secours ?

C'est avant tout un besoin d'exister qui les font disparaître.
Ce besoin de comprendre la vie.
Ce besoin de trouver quelque chose d'important dans la Vie, un but, un sens.

Cette incompréhension rend la Vie elle même obsolète. Diminuant la frontière entre la Vie et la mort.

On a dit avant qu'un suicidaire ne pensait à rien avant de faire une tentative.
Non, il ne pense pas à rien.
Il pense au sacrifice qu'il fait.
A la tristesse qu'il va causer.
Au choix qu'il ne peut pas faire. A ce choix qu'il vient de faire. Celui de mourir.


Il y a une phrase qui revient souvent dans la tête d'un suicidaire.
"J'en ai marre".

Une fatigue.
Fatiguer de vivre. Fatiguer d'être déçu. Fatiguer de souffrir.


C'est également la très mauvaise estime d'eux-même qui les poussent à le faire.
Leur corps, leur vie ne vaut rien à leur yeux, alors pourquoi ne pas le supprimmer.

Quelque fois également les raisons d'un suicide paraissent ridiculement petite.
C'est peut-être qu'au coeur des ténèbres, nous sommes aveugle. Aveuglé par la détresse. Aveuglé par la tristesse et la souffrance.





Le Suicide est un signe fort.
C'est le moment où l'on décide de ne plus exister.
Où l'on décide de disparaître.
C'est très difficile de s'imaginer que nous n'existerons plus.

C'est pour cela que le suicide est un signe fort, le sacrifice de soi-même a fait bouger des peuples entier.
Le printemps arabe a été déclenché par une seul chose.
L'immolation d'un Marchand de fruit.

Le dernier cri de détresse d'un commerçant n'ayant plus le choix de vivre.



"Se suicider par curiosité intellectuelle, je pense que c'est complètement inconscient et absurde !"

Pourquoi ? Pourquoi est-ce inconscient de se dire: "J'y vais. Bye, je vais découvrir d'autre horizons. Et si il n'y a rien après. Tant pis".

Je ne pense pas qu'il y en aie beaucoup qui le fasse ^^.
Mais je ne trouve pas ça absurde.


Une preuve de courage ou de lâcheté ?

Qui sommes nous pour juger de cela ? ^^. Non je ne qualifierais le suicide d'aucun des deux. Le suicide est une fuite en avant. La volonté de tout laisser tomber.

Fuir ses problèmes n'est pas courageux. Mais vouloir sa propre mort, n'est pas non plus lâche.


Les tentatives de suicide râté.
Lorsque vous voulez sérieusement passer à l'acte, il y a la question pratique par excellence qui arrive.
Comment faire ?

Généralement vous ne voulez pas trop souffrir, et que ça aille assez vite.

Chaque suicidaire a le secret espoir que tout va s'arranger.
Même avant de prendre des médicaments en sur-dose, ou de tirer sur la gâchette, vous continuez d'espérer.
Les tentatives ratées proviennent de malchance, ou peut-être que cet espoir était assez grand pour que vous n'ayez pas choisi un moyen aussi radical qu'une balle dans dans la tête.
Sa ne veut cependant pas dire que vous n'avez pas essayé de vous tuer.
Simplement que l'espoir au fond de vous, l'utopie du miracle est là.

Le mot de la fin maintenant.
Pour moi, la Vie n'est pas sacré.
La vie ne vaut pas grand chose. Elle ne vaut rien du tout même.
C'est la tristesse de ceux qui restent qui est sacré.
C'est cette tristesse, le dernier rempart avant le grand saut.
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Soyael
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeDim 25 Sep 2011 - 22:20

Ah, le suicide...
Je peux vous en parler un peu, j'ai un très bon exemple de nombreuses tentatives ratées.
Mon frère, épileptique de son état, fait, depuis qu'il est jeune, des tentatives de suicide. Parce que mon père ne l'aime pas, parce que sa copine l'a largué, parce qu'on lui a dit non... Oui, à l'époque, s'énerver avec mon frère pouvait être dangereux pour lui.
Bref.
Dans sa situation, la mort serait une véritable délivrance. Parce que son épilepsie fait partie intégrante de sa vie et la lui bouffe. En plus de mon père. Mais c'est une autre histoire En finir. 460171
Pour lui, certaines de ses tentatives étaient vraies. Par vraies, je veux dire qu'il le voulait vraiment. Après, il y en a eu d'autres où, par exemple, il voulait purement et simplement l'attention de quelqu'un. Un jour, il s'est ouvert les veines pour pouvoir parler à son éducateur qui était en rendez-vous En finir. 28075
Et d'autres, où il voulait vraiment et absolument partir. comme quand il a bu un verre d'acide, entre autre.
C'est vrai qu'il n'a jamais essayé de se tirer une balle ou de se pendre. Mais je pense qu'il veut simplement qu'on fasse attention à lui. Parce qu'il n'a pas été écouté plus jeune (En effet, j'ai beaucoup de griefs contre mon père, mais je vous jure que c'est justifié et véridique En finir. 64812 )
Il essaye de vivre comme il peut. Mais c'est dur...! Imaginez vous: vous tombez dans les pommes en moyenne 4 ou 5 fois par semaine, et quand vous vous réveillez environ une heure plus tard, vous ne vous souvenez plus de ce que vous avez fait les 4 dernières heures.
Et puis même, il est totalement bouffé mon frère, c'est tout.

Tout ça pour bien montrer, avec exemple, que le suicide est aussi un moyen pour certaines personnes de se faire entendre. Parce qu'on ne les écoute pas autrement, ou bien parce qu'elles veulent de l'attention.

Woilà En finir. 64812
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Remiel Til'Sando
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeDim 16 Oct 2011 - 1:32

Le suicide. Ha.

Je suis globalement d'accord avec les messages déjà postés, même si j'ai trouvé que décortiquer le suicide comme tu l'as fait, Mylène... Pour être honnête, j'en ai eu des frissons dans le dos. Non pas que je te prenne pour une psychopathe, pas dans ce sens-là, mais analyser une chose aussi grave que le suicide...

Parce que même si c'est un appel à l'aide, c'est grave. C'est très grave. Ca veut dire que même si on ne se fait du mal que modérément, on est prêt à mettre en jeu jusqu'à son enveloppe physique, et par extension, son âme. Ensuite, c'est un peu la mise aux enchères, vous voyez... Et même si l'on a pas l'intention de vraiment mourir. Si on se saigne les bras et qu'on tombe dans les vapes, que personne ne vient...

Ensuite, une chose qui m'a un peu frappé dans vos messages, c'est que vous parlez en effet du suicide et de fort belle manière. Mais je trouve que dans un sens, il manque quelque chose le sujet, car c'est bien beau de savoir pourquoi des gens se suicident... Mais le mieux, n'est-ce pas plutôt de savoir comment l'éviter ? Comment les aider ?

Je pense avoir quelques réponses à cela.

On dit qu'il vaut mieux prévenir que guérir. C'est particulièrement vrai pour le suicide ( non sans blague ? ).
Je pense qu'une personne à tendances suicidaires ( ou du moins qui déprime ) va plutôt rester dans son coin, mais à apprécier quand on s'intéresse à elle. Même si cette approbation ne sera pas forcément visible, car la personne restera renfermée sur elle-même. C'est d'ailleurs une caractéristiques des gens qui se suicident ; ils sont renfermés, ou plutôt enfermés dans eux-mêmes par cette espèce de masse béante qui fait comme un trou sans fond.
Mais ils ne cherchent qu'à voir la lumière.
Tendez-leur la main, écoutez les avec patience. Peut-être leur redonnerez-vous goût à la vie, ou peut-être s'ouvriront-il à vous, à défaut de guérir.

Il y a des gens qui, malheureusement ne peuvent guérir qu'avec l'aide d'un spécialiste. Mais néanmoins, ce que vous pouvez faire est encore de les écouter. L'écoute reste primordiale. Il y a aussi ceux qui le disent, qui avouent avoir des envies de suicide. Parmi eux, certains le disent par désespoir sans vraiment savoir ce que cela implique, d'autres le disent parce qu'ils ont déjà préparé leur acte. Pour le premier cas, l'ERREUR de certains boulets ( parents, amis, chiens, lombrics ou que sais-je ) est de ne pas y croire et de le prendre à la légère, ou à la dérision.
Vous devinez pourquoi c'est pas cool.
Dans le deuxième cas... C'est compliqué. Si vous êtes une personne proche, vous pouvez peut-être encore changer les choses. Si ce n'est pas le cas, il vaut mieux rester à l'écart, je pense...

.


Il y a des années que la douleur est latente dans la cellule familiale. Des années que tu vois les déchirements internes, les mots hurlés dans la cuisine plus de soirs qu'il n'en faut pour en perdre le sommeil. A 12 ans, que peux-tu y faire, si ce n'est enfoncer tes oreilles dans l'oreiller ?
"Je ne rentrerais pas à la maison ce soir. Passes-moi les enfants s'il-te-plait..."
C'est la crise.
Et alors, la souffrance enfonce chaque jours un peu plus son doigt sur ta tête. Tu coules à petit feu, c'est la noyade prématurée. Tes couleurs sont remplacées par du gris, du noir.
Tu es seul. Ta mère est absente. Son esprit ne répond plus aux appels du tiens ; ça fait longtemps qu'aucun de tes proches ne peut plus t'entendre.
Tes oreilles sont devenues aveugles au vacarme.
Tes larmes ne sont plus que sillons sur ton visage.

La lumière s'allume dans la cuisine. Ton pas douloureux et léger, si léger, se dirige vers le pot à couteaux. Pensif, tu te demandes quelle lame sera la plus tranchante. La plus rapide. La plus mortelle.

Ta main tremble en s'avançant une dernière fois...

Et tu t'écroules à terre. Sans aucun autre bruit que celui du couteau qui tombe sur la table avec un bruit mat.
Tu tombes en silence.


Une fois à terre, tes larmes recouvrent le dallage de la cuisine.




Je ne trouvais pas de manière aussi méthodique que les vôtres d'exprimer le suicide. Voici comment je le décrirais brièvement.

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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeDim 16 Oct 2011 - 11:30

Des frissons dans le dos ? Ralala ces littéraires ^^

Pour comprendre les choses on est obligés de les décortiquer, les analyser. Alors peut-être que oui, ça donne des frissons dans le dos, n'empêche que pour comprendre faut bien essayer d'analyser.

J'ai juste parlé des mécanismes donc, pas de ma propre sensibilité à la chose, pas de sentiments etc. juste des mécanismes. C'est pour ça surement que ça t'a fait cet effet. Mais bien sûr que c'est grave.


Et pour l'écoute, oui je suis parfaitement d'accord.
J'avais une amie qui faisait des tentatives de suicide. Appels à l'aide. Moi je l'écoutais, je la prenais au sérieux même si intérieurement je me disais qu'elle ne le ferait pas. Vu le nombre de tentatives ayant échoué je me doutais qu'elle ne le voulait pas vraiment, que c'était surtout un moyen d'attirer l'attention.
Alors je lui ai montré de l'attention, je l'ai écouté.

Problème : manque d'attention --> solution pour palier au problème : montrer de l'attention
Ca parait simple non ? ^^


Après, j'avais 13-14 ans, je l'écoutais, mais je ne lui disais pas non plus de ne pas tenter de se suicider. Je lui disais que si elle le faisait je serai triste, que je ne voulais pas qu'elle le fasse, mais que c'était sa décision et que je ne pouvais pas ne pas la respecter. Que je l'accepterais même si ça me ferait vraiment mal. Qu'à mon avis elle avait d'autres choses à vivre, que ça pourra aller mieux, que ça changerait, et que le suicide l'empêcherait de connaître ça.
Je ne sais pas si c'est une bonne chose de dire qu'on respectera la décision du suicide, j'ai jamais vraiment su. C'était ce qui me paraissait le plus juste pour elle, je voulais lui montrer que par amitié je devais respecter ses choix, même s'ils étaient mauvais. Je voulais qu'elle se sente comprise.

Vous en pensez quoi ? Doit-on dire aux gens qu'ils ont totalement tort de se suicider ? Que s'ils le font on sera en colère contre eux ?
D'un côté le dire empêcherait peut-être la personne de se suicider si notre avis compte pour elle. De l'autre côté ce serait peut-être ajouter une souffrance supplémentaire. Mais si ça lui fait serrer les dents elle continuerait peut-être à se battre...
Mais si elle le fait vraiment, si l'âme subsiste, ça peut continuer de la hanter.
Bah euh... voui, je pense aussi à cette possibilité même si ça peut sembler tordu ^^'

Je ne sais pas, sur le sujet je n'en sais strictement rien, c'est vraiment le flou total ^^'

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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeLun 5 Déc 2011 - 21:18

J'avais lu ça au fur et à mesure, donc je ne relis pas, désolée...
Mais ça m'avait beaucoup intéressée et puis je suis contente qu'on jette vraiment les tabous à la porte pour réfléchir^^.


Je viens d'avoir une petite discussion avec une de mes tantes au sujet du suicide - comme ça, au fil de la conversation x).

Or, elle soutient, avec conviction, que c'est un acte absolument égoïste.
Parce que la personne ne pense pas aux gens qui l'aiment, ou bien veut leur faire du mal.

Je n'ai pas osé lui répliquer : et quand tu as l'impression d'être un fardeau pour les autres ? quand tu leur fais déjà du mal et que tu veux arrêter ça une fois pour toutes ?...
Et puis, moi qui ai pensé ça, avant de changer d'avis, elle me fait douter à nouveau. Alors je me tourne vers vous.

Est-ce que le suicide est acte égoïste ? si oui, peut-on/doit-on le pardonner ?

ÉDIT : en bon petit boulet, j'ai pensé APRÈS avoir posté à cliquer sur ctrl+f... x). M'enfin je maintiens ma question, parce que du coup je voudrais continuer à réfléchir à cet aspect^^. En fait [oO mon ordi vient de redémarrer tout seul ET de me remettre l'onglet tel quel avec ce que j'avais écrit !!], on pourrait presque se demander (à partir de vos réponses) si aimer est égoïste... et alors est-ce que pour autant c'est mal... et bon je m'arrête là En finir. 153451 .
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeLun 5 Déc 2011 - 21:58


C'est pas bien, j'ai pas tout lu .. Mais j'ai lu le début et la fin ! En finir. 164517

Ce suicider, un acte égoïste ? J'avoue que je suis partagée, je ne sais pas vraiment. Egoïste pour les gens qui aiment la personne, d'accord, mais les égoïstes, ne seraient ce donc pas nous ? Nous qui demandons à l'être voulant ce suicider de ne penser qu'à nous, qu'à ce qui nous ferrait plaisir ou, au contraire, de la peine ? On lutte dans la société, chacun à son niveau, pour généralement sortir de cette pensée, sortir de la volonté d'autrui de nous faire jurer plus que par lui.

L'acte peut être égoïste, mais les personnes reprochant cet acte en disant qu'il est égoïste le sont justement bien souvent également, même sans le savoir réellement (dans la situation présente, je parle pas de la vie de tous les jours).

J'ai beaucoup plus souvent entendue des gens dirent que le Suicide n'était pas un acte de courage mais de peureux, de faiblard, d'inconscient.. Et là j'avoue ne pas être d'accord. Pour moi qui a peur de la mort, me suicider est juste im-pen-sable ! Si jamais je le faisait un jour, c'est que j'arriverais à passer au dessus de cette peur sans limite, à la surmonter. Alors, peur ou courage ? Tout dépend des personnes bien sur et de leur pensée sur la mort, mais de manière générale, je pense pouvoir dire que personne (ou alors peut de gens) n'aimerait mourir en souffrant (douleur physique).. Les suicides sont souvent des morts rapides, on comprend pourquoi.

Le suicide est un acte dur, mais pour ceux qui restent, pas pour celui qui part dans le sens où celui qui est parti après n'est plus là, il n'a plus rien à perdre vu qu'il n'est plus, dire que ceux qui restent ont vus une chose appartenant + ou - à leur quotidien disparaître et pleur ce qu'ils ne pourront jamais retrouver. Un acte dur et surtout irréversible qui mérite d'être pensée, toujours. Tu parle "d'impression d'être .. ", une personne au bord du gouffre doit absolument essayer de relativiser pour tirer la vérité de l'impression.. c'est peut être égoïste pour tous ceux qui voudraient continuer à vivre mais qui ne le peuvent pas, c'est peut être égoïste pour ceux qui étaient autour de nous et qu'on laisse derrière, c'est peut être égoïste pour tous ceux qui vont souffrir de notre absence.. mais nous ne serions déjà plus là pour juste oser regretter le geste.

J'ai conscience de ne pas vraiment donné un "oui" ou un "non" à ta réponse, mais c'est parce que je ne sais pas.. je suis persuadée qu'il y a des cas où le "oui" doit prédominer, d'autre où le "non" ce retrouve majoritaire..

Je relis rapidement ton poste.. veut leur faire du mal ? Ah, c'est peut être possible même si je n'ai jamais entendue cela et que je trouve cela quand même tiré par les cheveux. On reste derrière, la personne est partie.. on ce sent abandonné ? Oublié ? On veut du coup salir l'image de la personne partie, déverser sa tristesse en colère ? C'est dommage .. On peut ce suicider POUR les gens qui vous aiment justement, on peut se retenir de le faire POUR eux également.

Il n'y a pas à pardonner un suicide ou non vu qu'il n'y a pas d'acte d'offense. C'est nous qui nous offensons pour des raisons que nous attribuons à celui qui est mort. C'est un choix, le choix que la vie devait s'arrêter. Maintenant. Comme certain font le choix de continuer à vivre. Devrions nous être pardonnés des morts ? C'est aussi insensé à mon avis.


Je pars et je reviens sur des idées, j'espère que c'est un minimum clair malgré tout..
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MessageSujet: Une fois, une amie   En finir. Icon_minitimeMar 6 Déc 2011 - 19:44

J'ai été confrontée l'année dernière à une situation difficile.
Une de mes amies a décidé de se suicider.
elle m'a ordonné de ne le dire à personne mais je ne voulais pas la laisser mourir.
J'ai donc prévenu des adultes qui ont réagis.
Aujourd'hui, je ne sais toujours pas si j'ai fait le bon choix. Après tout, avais-je le droit de l'obliger à vivre si pour elle ce verbe n'avait plus de sens?
Mais elle n'avait vécu que douze ans, comment pouvait-elle décider de mourir alors qu'elle commençait à peine à vivre?
quelques mois après, elle à refait une tentative, et je n'était pas là. Elle s'en est sortie. Elle est partie à l’hôpital on lui a fait un lavage d'estomac.
Je pense que c'était surtout pour qu'on s'occupe d'elle mais je n'ai jamais osé lui demander.
J'ai lu une phrase, l'autre jour:"Le suicide est la solution pour ceux qui n'en n'ont plus."
Je ne sais pas. Je ne sais plus.
Ai-je fait le bon choix? Je n'ai pas de réponse.
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Azuril
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeMer 7 Déc 2011 - 0:58

Le suicide... je viens compléter et commenter certains poste.

(oui je n'écris pas beaucoup, mais le suicide est disons le... un thème qui me tient particulièrement à coeur)


Ce que je vais dire n'est lié qu'à mon expérience, ce que j'ai pu lire, et ce que j'ai vécu. Il ne peut en être tiré des généralités tant la complexité humaine est grande. Et c'est sûrement mieux comme ça ^^

"Une de mes amies a décidé de se suicider.
elle m'a ordonné de ne le dire à personne mais je ne voulais pas la laisser mourir.
J'ai donc prévenu des adultes qui ont réagis.
Aujourd'hui, je ne sais toujours pas si j'ai fait le bon choix. Après tout, avais-je le droit de l'obliger à vivre si pour elle ce verbe n'avait plus de sens?"

Comme je l'ai dit dans mon poste précédent, un suicidaire ou un suicidant garde le secret espoir du miracle.
Si elle te l'a dit, ce n'est pas pour rien. Ce n'est pas pour faire joli ou pour se la "petter". Elle avait envi que tu le dise. Peut-être pas consciemment, mais elle avait envi.
Sinon elle ne te l'aurai pas dit, elle se serait jeté devant un train (y en a partout) et voil, ce serait fini. Radical et aucun retour en arrière.

Comme je l'ai déjà dit: C'est une envi d'exister qui les forces à mourir.


"Je viens d'avoir une petite discussion avec une de mes tantes au sujet du suicide - comme ça, au fil de la conversation x).

Or, elle soutient, avec conviction, que c'est un acte absolument égoïste.
Parce que la personne ne pense pas aux gens qui l'aiment, ou bien veut leur faire du mal."

J'en connais certain révolté qui s'exclameraient: "Encore une vieille femme qui n'y connaît rien"... Peut-être est-ce parce qu'elle le connaît que trop bien qu'elle en parle comme cela.
On peut prendre le suicide comme un acte lâche, égoïste etc, je pense qu'on en arrive à cela par manque d'ouverture, par douleur, chagrin et rejet.

Au final notre vie nous appartient. Elle n'appartient qu'à nous.
Je sais on pourrait prendre ça comme une phrase égoïste, mais si on aime (le vrais et magnifique amour), ne veut-on pas avant tout le bien de la personne qu'on aime ?

Je peux également vous assurez que le suicidaire ne pense pas qu'à lui juste avant de passer à l'acte. Je pense que ça peut différer des personnes. Moi ce que j'entendais c'était les notes détachés de la guitare (j'avais mes écouteurs dans mes oreilles). Les images passent en flash. Le mal que l'ont cause. D'abord à nos parents, à nos proches, à nos amis (si on en a). On voit les problèmes, notre vie sans cet acte, les conséquences du geste et du non-acte, tant sur nous, que sur tout nos proches.

La mort lente est un business pour les firmes pharmaceutiques, tout comme les handicaps, ou les maladies génétiques. Comment peut-on dire qu'une personne est égoïste, quand elle veut alléger le poids des factures de ses parents ? Sûrement par une trop forte douleur, une incompréhension du geste.


Venant en au gros dilemmes... Le respect d'autrui, le respect de l'acte d'autrui.

Personnellement, j'ai érigé très haut dans ma moralité le fait que chacun est assez grand à partir d'un certain d'âge de décider pour sa petite personne. Pourtant sur le suicide... je sèche.
Selon ma propre expérience, je pense que je tenterais de la sauver, d'empêcher d'abord l'acte, puis plutôt d'apporter simplement une attention particulière, de régler le problème à la racine. Que cette personne n'aie plus besoin d'un attention particulière.



Voilà, merci de votre lecture.
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeLun 27 Fév 2012 - 10:36

Bon, ben c'est parti, je viens une fois de plus relancer un sujet des plus joyeux...

Parce que je me pose des questions depuis pas mal de temps sur l'aide au suicide. Elle a été mentionnée assez brièvement déjà, mais je voudrais approfondir la question, si vous le permettez. Alors voilà : que pensez-vous de l'aide au suicide ?
Personnellement, je n'arrive toujours pas à répondre^^".
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MessageSujet: Re: En finir.   En finir. Icon_minitimeJeu 1 Mar 2012 - 22:44

Moi je pense que lorsqu'une personne n'est retenue à la vie que par des machines, sans pouvoir rien faire de ses journées qu'à attendre la mort, c'est normal de la laisser partir.

On nous fait tout un foin sur : Dieu nous a donné la vie, il faut la respecter et la poursuivre jusqu'au bout. Mais si Dieu a créé la vie, il a aussi créé la mort, et quelque part, empêcher un homme de mourir alors qu'il le devrait, c'est ne pas respecter la mort, et donc la vie.

En fait, je crois qu'il y a déjà une grosse différence entre l'aide au suicide, et laisser une personne mourir en lui ôtant toute cette technologie qui la maintient en vie.
Après c'est une question extrêmement complexe... Parce que parfois les gens réduits à l'état de légume peuvent reprendre possession de leur corps et bouger à nouveau. C'est parce qu'il y a un espoir, même infime, qu'on les oblige à continuer à vivre... Et certains ont remercier leur famille ensuite de ne pas les avoir débranché.

C'est donc extrêmement complexe....


Ensuite, lorsqu'une personne est condamnée, par une maladie comme le cancer par exemple, et qu'elle sait que la mort va être lente et de plus en plus douloureuse... Que le corps va se déformer ou je ne sais quoi... Certains préfèrent mourir avant. Alors est-ce vraiment les tuer que de leur éviter des souffrances terribles ? Alors que c'est leur choix de mourir avant ?


Je pense qu'aider quelqu'un à mourir parce que cette personne souffrait physiquement, qu'elle était de toute façon condamnée, n'est pas condamnable.
C'est juste accepter la vie, et la mort, et offrir une mort paisible et indolore à la personne qui est de toute façon déjà en train de partir...

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