La Voie des Marchombres

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 Contes et Histoires philosophiques

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Elffeuer
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MessageSujet: Contes et Histoires philosophiques   Mer 15 Juil 2009 - 15:31

Je ne sais pas trop si c'est le meilleur endroit pour les mettre, donc si c'est le cas, Admins et Modos (sadiques ou non), je vous laisse le soin d'en trouver mieux

Voici quelques petites histoires venant d'un peu partout dans le but de nous faire réfléchir...

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Un matin, deux moines allaient vers leur monastère, quand ils trouvèrent une jolie et peu vêtue jeune femme qui n’osait traverser le gué de la rivière, le courant ayant forci, ces derniers jours. Le plus vieux moine, bâti tout en force, la souleva dans ses bras et la transporta de l’autre côté.

Le long voyage se passa presque complètement dans le silence, les moines méditant en marchant. Mais le soir, en vue du monastère, le plus jeune des moines dit « Quand même, ce matin, cette femme étaient très peu vêtue ! La règle de notre ordre nous interdit de toucher des femmes, et pourtant vous l’avez portée dans vos bras ! »

Le vieux moine répondit « Je l’ai portée quelques minutes. On dirait que tu l’as portée toute la journée, dans ton esprit. »

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Deux hommes, se disputant, décidèrent de demander l’avis d’un vieux sage. Le premier expliqua son point de vue, et le sage dit « C’est vrai, tu as raison. ». Le second, furieux, dit au sage qu’il ne pouvait dire qui avait raison sans entendre les deux ! Et il lui donna sont point de vue, ce à quoi le sage répondit : « C’est vrai, tu as aussi raison. »

Tous les deux furieux, cette fois-ci, ils s’exclamèrent « C’est impossible, que l’on est raison ensemble ! ».

« C’est vrai, vous avez raison. » répondit le vieux sage, en les quittant.

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L'empereur choisit un Premier ministre

Il était une fois un empereur, qui voulait choisir en qualité de Premier ministre le plus sage, le plus avisé de ses sujets.
Après une série d'épreuves difficiles, il ne resta en lice que trois concurrents.

"Voici le dernier obstacle, l'ultime défi, leur dit il. Vous serez enfermés dans une pièce. La porte sera munie d'une serrure compliquée et solide. Le premier qui réussira à sortir, sera l'élu".

Deux des postulants, qui étaient forts savants, se plongèrent aussitôt dans des calculs ardus. Ils alignaient des colonnes de chiffres, traçaient des schémas embrouillés, des diagrammes hermétiques. De temps en temps, ils se levaient, examinaient la serrure d'un air pensif, et retournaient à leurs travaux en soupirant.

Le troisième, assis sur une chaise, ne faisait rien. Il méditait. Tout à coup, il se leva; alla à la porte, tourna la poignée; la porte s'ouvrit, et il s'en alla.

----------------------------------------------------


Chance ou malchance ?

Un habitant du nord de la Chine vit un jour son cheval s'échapper et passer de l'autre côté de la frontière. Le cheval fut considéré comme perdu.

A ses voisins qui venaient lui présenter leur sympathie, le vieil homme répondit:

— La perte de mon cheval est certes un grand malheur. Mais qui sait si dans cette malchance ne se cache pas une chance?

Quelques mois plus tard, le cheval revint accompagné d'une magnifique jument. Les voisins félicitèrent l'homme, qui leur dit, impassible:

— Est-ce une chance, ou est-ce une malchance?

Le fils unique du vieil homme fut pris d'une véritable passion pour la jument. Il la montait très souvent et finit un jour par se casser la jambe pour de bon.

Aux condoléances des voisins, l'homme répondit, imperturbable:

— Et si cet accident était une chance pour mon fils?

L'année suivante les Huns envahirent le nord du pays. Tous les jeunes du village furent mobilisés et partirent au front. Aucun n'en revint. Le fils estropié du vieil homme, non mobilisable, fut le seul à échapper à l'hécatombe...

----------------------------------------------------


Un jour ses amis ont demandé à Nasreddin :
- Tu es un homme sage, Nasreddin Effendi. Peux-tu nous dire ce que tu considères comme le plus précieux au monde ?
- Je considère le conseil, comme étant sans prix, dit Nasreddin.
Ses amis lui ont ensuite demandé :
- Et que considères-tu pour être sans valeur ?
- Je dirai que le conseil est la chose qui a le moins de valeur au monde.
- Eh bien, Nasreddin Effendi ! Objecta son auditoire. Comment une chose peut-elle être à la fois sans valeur et la plus précieuse ? Tu dois faire une erreur !
- Non, mes amis. Je sais de quoi je parle. Un conseil pris peut être précieux, mais il devient sans valeur quand il n'est pas le bienvenu !
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Aethera
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Mer 15 Juil 2009 - 15:46

Les histoires de Nasreddin, le fou qui était sage ! Je vous en raconte une (de mémoire, ça va faire appel à mes talents de conteuse ):


Un jour, le fils de Nasreddin vient se plaindre à son père que les gens ne sont jamais contents de lui.

- Va seller notre âne, mon fils, répond Nasreddin, et partons en voyage.

Ils cheminent un moment, et arrivent en vue d'un premier village.

- Monte sur l'âne, mon fils, et je marcherai à tes côtés.

Et lorsqu'ils traversent le village, les gens les pointent du doigt:

- Regardez ce fils indigne! Lui qui est jeune et robuste, il laisse son vieux père marcher au bas de l'âne!

Nasreddin et son fils continuent leur route. Bientôt, ils doivent traverser un deuxième village. Cete fois-ci, c'est Nasreddin qui monte sur l'âne, et son fils qui marche à côté.

- Regardez ce vieux fainéant! disent les gens en les montrant du doigt. Alors que son fils a dû travailler dur toute la journée, il ne lui laisse même pas monter leur âne!

Nasreddin et son fils continuent leur route. Lorsqu'ils traversent un troisième village, ils marchent tous les deux au bas de l'âne.

- Regardez ces deux idiots! s'exclament les gens. Ils ont un âne et ne s'en servent pas!

Nasreddin et son fils continuent leur route. Enfin, arrivés en vue d'un quatrième village, Nasreddin et son fils montent tous les deux sur l'âne.

- Mais ils sont fous! se moquent les gens. Ils vont épuiser leur pauvre bête, ces deux imbéciles!

Alors, à la sortie du village, Nasreddin se tourne vers son fils:

- Tu vois mon fils, quoi que tu fasses tu seras toujours critiqué. Alors agis comme bon te semble, car toi seul sais ce qui est juste.

_________________
La seule trace qui vaille est celle qu'on se crée, à la pointe extrême de ce qu'on peut.


Furvent, ceux qui vont mûrir te saluent !


Dernière édition par Aethera le Mer 15 Juil 2009 - 16:24, édité 1 fois
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Leslie
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Mer 15 Juil 2009 - 15:51

Si, je pense que c'est au bon endroit... Non ?

Elff, Laure...


J'en ai une aussi :

Nous connaissons la légende de Narcisse, ce beau jeune homme qui allait tous les jours contempler sa propre beauté dans l'eau d'un lac. Il était si fasciné par son image qu'un jour il tomba dans le lac et s'y noya. A l'endroit où il était tombé, naquit une fleur qui fut appelée Narcisse. Mais ce n'est pas de cette manière qu'Oscar Wilde termine l'histoire. Il dit qu'à la mort de Narcisse les Oréades, divinités des bois, étaient venues au bord de ce lac d'eau douce et l'avaient trouvé transformé en une urne de larmes amères.
"Pourquoi pleures-tu ? Demandèrent les Oréades.
-Je pleure pour Narcisse, répondit le lac.
-Voila qui ne nous étonne guère, dient-elles alors. Nous avions beau être toutes constamment à sa poursuite dans les bois, tu étais le seul à pouvoir contempler de près sa beauté.
-Narcisse était-il donc beau ? demanda le lac.
-Qui, mieux que toi, pourrait le savoir ? Répliquèrent les Oréades, surprises. C'est bien sur tes rives, tout de même, qu'il se penchait chaque jour !"
Le lac resta un moment sans rien dire. Puis :
"Je pleure pour Narcisse, mais je ne m'étais jamais aperçu que Narcisse était beau. Je pleure pour Narcisse parce que, chaque fois qu'il se penchait sur mes rives, je pouvais voir, au fond de ses yeux, le reflet de ma propre beauté."
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Mer 15 Juil 2009 - 16:05

Ces contes sont superbes !

Celui intitulé Chance ou Malchance me fait penser au conte de Voltaire : Zadig ou la destinée.
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Mer 15 Juil 2009 - 17:52



Vous savez quoi ? Je vous adore
Les Sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage, j'avais adoré les lire, et là vous venez de me rappeler des souvenirs ^^
Les sagesse et malices de la Chine ancienne aussi d'ailleurs ^^
Dommage que je ne sache pas où ma mère les a rangé depuis le déménagement...



Bon bah j'en raconte une de mémoire, moi aussi...
Finalement non, ma mère a retrouvé le livre, je vous mets la véritable histoire ^^ (les suivantes seront de tête...)

Mustapha n'avait plus un sou. Impossible d'acheter quelque chose pour garnir son pain. Dans une rue, il passa devant un homme qui faisait des grillades. Il approcha son pain du fumet en se disant : "Ainsi, mon pain aura peut-être un peu de goût." Mais l'homme se redressa d'un coup, empoigna Mustapha comme on attrape un voleur et lui demanda une pièce d'un dinar.
- Pour quelle raison ? dit Mustapha, étonné.
- Tu as pris un peu de l'odeur de ma viande ; il faut que tu me la payes.
Les deux hommes se disputèrent longtemps et finirent par aller voir Nasreddine Hodja, qui les écouta attentivement.
Nasreddine réflécit, puis il sortit un dinar de sa poche, le fit tinter par terre avant de le remettre tranquillement à sa place, et dit à l'homme :
- As-tu entendu le tintement de mon dinar ?
- Bien sûr, dit l'homme.
- Eh bien, garde-le, c'est le prix du fumet de ta viande.


----------------------------------

Un jour, Nasreddin décida d'aller au hammam.
Personne ne s'intéressa à lui, ni les masseurs, ni les garçons des bains.
A la sortie, furieux, il paya 10 dinars chacun.

Il revint une semaine plus tard.
Cette fois-ci, tout le personnel était à ses soins. On le massait, le lavait, le séchait avec des serviettes parfumées etc.
Il les paya chacun un dinar.
- Nous ne comprenons rien, dirent-ils, la dernière fois personne ne s'est intéressé à toi et tu nous a payé 10 dinars chacun. Aujourd'hui, tout le personnel s'est occupé de toi et tu ne nous paie qu'un dinar ?
- Oui, aujourd'hui, je vous ai payé pour la semaine dernière, et la semaine dernière, je vous ai payé aujourd'hui...

-----------------------------------------

Un homme était en train de se noyer dans un lac proche du village.
les hommes et les femmes présents lui criaient :
- Donnes-nous ta main, donnes-nous ta main !
Mais rien à faire, l'homme se débattait toujours sans les autoriser à prendre sa main pour le tirer à la surface.
Nasreddin, en passant par là, reconnu son voisin.
- Poussez-vous, c'est mon voisin, je le connais. Il est tellement avare qu'il ne donne jamais rien.
Il s'approcha de lui et lui dit :
- Voisin ! Prends-ma main !
Le voisin d'accrocha à la main tendue de Nasreddine, et fut sauvé de la noyade...


EDIT : ma mère vient de les retrouver, ça va me permettre d'enlever mes possibles fautes ^^



Tiens, j'en rajoute encore une, tirée de Sagesse et malices de Confucius, le roi sans royaume.

Le rêve

Confucius dit à ses sept disciples :
- Le rêve de ma vie, c'est de voir un jour l'océan.
Le septième disciple, surpris, le questionne :
- Pourquoi l'océan ?
- Parce que c'est le commencement et la fin de toute chose sur cette terre.
Le sixième disciple intervient dans la conversation :
- Je peux vous mener jusqu'à l'océan, si tel est votre désir.
- Toi ? Tu ne sais même pas où il se trouve.
Le cinquième disciple prit la parole à son tour :
- Je peux vous y conduire puisque je m'y suis rendu une fois.
- Tu ne retrouveras certainement pas ton chemin, répond Confucius.
Le quatrième disciple ouvre la bouche :
- J'y suis allé deux fois et je me souviens de la route.
- Deux fois, c'est peut-être suffisant. Mais connais-tu le chemin du retour ?
Le troisième disciple intervient :
- Je suis à même de vous ramener chez vous puisque je suis allé trois fois à l'océan.
- Oui, certainement, mais connais-tu seulement le bord de l'océan que je désire voir ?
Le deuxième disciple prend la parole :
- Maître, je connais toute la côte du nord au sud.
Confucius ne répond pas.
- Vous voyez, dit le premier disciple, à nous tous, nous sommes en mesure d'exaucer votre voeu.
Confucius réfléchit et conclut :
- Oui, je le vois bien. Mais alors, une fois devant l'océan, que restera-t-il de mon rêve ?

_________________

Eleyra,
Fille du Vent et de la Nuit
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Designer en chef du mobilier haut de gamme chez Soriamh & Cie
Co-présidente de la LPDFB...
Secrétaire Réciproque et Démone Emissaire de Miaou Til' Plume
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Elderas
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Mer 15 Juil 2009 - 18:03

C'est vraiment génial. Les chutes sont vraiment parfaites.
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wouyou
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Mer 15 Juil 2009 - 18:59

...

*S'en va méditer dans son coin*

Les plus vieux sont souvent les plus fous mais surtout les plus sages.

Le Chine Ancienne est une source inépuisable en ce sens, je ne connaissais aucun de ces textes et chacun m'a donné à réfléchir

Je dois tout de même préciser que l'histoire de Nasreddin, son fils et son âne, je ne l'aurais pas transcrite mais je l'ai comprise depuis longtemps.
Bien que je n'en ai toujours pas tiré de leçon...

Je n'ai pas de texte aussi riche à vous transmettre de mémoire, juste un vieux proverbe africain qui prend un certain sens si l'on place les anciennes civilisations en son centre:

"Voir mourir un vieillard c'est comme voir brûler une bibliothèque."

Merci à vous.

PS: Ce que je veux dire c'est qu'il nous faut nous souvenir d'avant, et surtout, ne pas répéter les mêmes erreurs; mais je suis convaincu que vous m'avez compris ;)



Souvenirs qui se transmettent
Erreurs comprises, leçons apprises
Vers l'harmonie, toujours
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Elffeuer
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Mer 15 Juil 2009 - 19:50

En voilà quelques autres...

Nasreddin est invité chez un riche. La collation qu'il fait servir est un délicieux lait de chamelle bien frais saupoudré de cannelle. L'hôte s'en sert un plein bol, mais il ne remplit qu'a demi celui de son invité. Nasreddin commence à s'agiter sur son siège cherchant partout autour de lui.
- qu'est ce que tu voudrais, Nasreddin ? une cuiller, du sucre ?
- non, une scie. J'aimerais enlever le haut de mon bol, qui ne me sert à rien.

-------------------------------------------------


Confortablement installé sur la terrasse de sa maison, Nasreddin Hodja se prélassait, en goûtant la douceur d'un après-midi printanier, quand quelqu'un l'appela de la rue :
- Nasreddin Hodja ! Nasreddin Hodja ! Descends voir ! J'ai une question à te poser !
Il appela plusieurs fois et Nasreddin Hodja finit par descendre, quoique à contrecoeur. Il trouva un homme qui tendait la main.
- Nasreddin Hodja, donne-moi une pièce, s'il te plaît. Dieu te la rendra au centuple.
- C'était donc cela ta question ! C'est pour ça que tu as troublé ma tranquillité ! Viens avec moi !
Le mendiant grimpe péniblement avec Nasreddin Hodja jusqu'à la terrasse.
- Maintenant, lui dit Nasreddin Hodja, voici ma réponse : c'est non.

-------------------------------------------------


Ayant des besoins d’argent, Nasreddin se décida à vendre sa maison. Mais il passa un accord avec l’acheteur, à qui il dit :
- Je te vends tout, sauf ce clou.
L’acheteur accepta. Le lendemain de la vente, Nasreddin revient dans son ancienne maison et dit à l’acheteur :
- Je dois accrocher quelque chose à mon clou, et il y accroche un sarouel sale. L’acheteur n’est pas content mais il ne dit rien. Le jour d’après, Nasreddin vint déposer une carcasse de mouton. Face aux protestations de l'acheteur, Nasreddin répond :
- C’est mon clou. Je peux y mettre ce que je veux.
Et il en fut ainsi tous les jours. La maison était devenue une vraie puanteur. Excédé, l’acheteur dit à Nasreddin :
- Il nous faut trouver une solution, je n’en peux plus.
Ce à quoi Nasreddin répond :
- Si tu veux, je te rachète la maison à moitié prix.
Et c’est ainsi que Nasreddin récupéra sa maison.

-------------------------------------------------


Un voyageur, de passage au village, demanda à un homme, adossé à un mur, s'il connaissait bien Nasreddin Hodja ?
- Je voudrais le rencontrer, dit-il, car on prétend qu'il est rusé. Étant donné que je prétends être plus rusé, je voudrais me mesurer à lui.
L'homme lui répond :
- Peux-tu maintenir ce mur avec ton dos ? Ici, les hommes du village se relaient pour éviter qu'il ne tombe. Pendant ce temps, je vais aller chercher Nasreddin Hodja et je reviens prendre ma place.
L'homme s'exécuta aussitôt. Au bout de quelques heures, des hommes du village qui se demandaient ce qu'il faisait, l'abordent. Il leur expliqua ce qui s'est passé. Ils lui répondirent :
- Pauvre idiot, tu as eu affaire à Nasreddin Hodja lui-même ! ! !

-------------------------------------------------


Nasreddin Hodja avait un bac qu'il utilisait pour faire traverser la rivière aux gens. Un jour son passager était un savant décidé à tester le savoir de Nasreddin et à lui donner une leçon.
- Dites-moi, Nasreddin Hodja, comment orthographiez-vous le mot"magnificence" ?
- Je ne sais pas, dit Nasreddin Hodja en continuant de ramer.
- Combien font deux tiers de neuf ?
- Aucune idée.
- comment calcule t-on la surface d'un triangle ?
- Pas la moindre idée.
- Vous n'avez donc pas appris tout cela à l'école ?
- Non !
- Dans ce cas, la moitié de votre vie est perdue.
À ce moment même, une terrible tempête est survenue et la barque a commencé à couler. Les deux hommes se retrouvèrent à l'eau, assez loin l'un de l'autre.
- Dites-moi, Monsieur le savant, dit Nasreddin Hodja. Avez-vous appris à nager ?
- Non, jamais ! Dit le savant qui se débattait pour ne pas se noyer.
- Dans ce cas, lui cria Nasreddin Hodja, ce n'est pas la moitié, mais c'est votre vie entière qui est perdue.
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Amelia
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MessageSujet: re ; Contes et Histoires philosophiques   Mer 15 Juil 2009 - 20:10

Waouw, elles sont géniales ces histoires

Szyra moi aussi ça me fait penser un peu à Zadig ou la destinée, je l'ai lu en 3ème avec un professeur sadique mais je crois que je m'étais jamais autant amusée en cours de français...

*

Parabole de la vraie science de la vie


On raconte que dans une ville d'entre les villes, où l'on enseignait toutes les sciences, vivait un jeune homme beau et studieux. Bien que rien ne lui manquât, il était possédé du désir de toujours apprendre d'avantage. Il lui fut un jour révélé, grâce au récit d'un marchand voyageur, qu'il existait dans un pays fort éloigné, un savant qui était l'homme le plus saint de l'Islam et qui possédait à lui seul autant de science, de sagesse et de vertu, que tous les savants du siècle réunis. Malgré sa renommée, ce savant exerçait le simple métier de forgeron, comme son père avant lui et son grand-père avant son père.

Ayant entendu ces paroles, le jeune homme rentra chez lui, prit ses sandales, sa besace et son bâton, et quitta la ville et ses amis sur le champ. Il marcha pendant quarante jours et quarante nuits. Enfin il arriva dans la ville du forgeron. Il alla directement au souk et se présenta à celui dont tous les passants lui avaient indiqué la boutique. Il baisa le pan de la robe du forgeron et se tint devant lui avec déférence. Le forgeron qui était un homme d'âge au visage marqué par la bénédiction lui demanda :
_ Que désires-tu, mon fils ?
_ Apprendre la science. répondit le jeune homme.
Pour toute réponse le forgeron lui mit dans les mains la corde du soufflet de la forge et lui dit de tirer. Le nouveau disciple répondit par l'obéissance et se mit aussitôt à tirer et à relâcher la corde sans discontinuer, depuis le moment de son arrivée jusqu'au coucher du soleil. Le lendemain il s'acquitta du même travail, ainsi que les jours suivants, pendant des semaines, pendant des mois et ainsi toute une année, sans que personne dans la forge, ni le maître, ni les nombreux disciples qui avaient chacun un travail tout aussi rigoureux, ne lui adressât une seule fois la parole, sans que personne ne se plaignît ou seulement murmurât.

Cinq années passèrent de la sorte. Le disciple, un jour, se hasarda timidement à ouvrir la bouche :
_ Maître...
Le forgeron s'arrêta dans son travail. Tous les disciples, à la limite de l'anxiété, firent de même. Dans le silence il se tourna vers le jeune homme et demanda :
_ Que veux-tu ?
_ La science !
Le forgeron dit :
_ Tire la corde !
Sans un mot de plus tout le monde reprit le travail. Cinq autres années s'écoulèrent durant lesquelles, du matin au soir, sans répit, le disciple tira la corde du soufflet, sans que personne ne lui adressât la parole. Mais si quelqu'un avait besoin d'être éclairé sur une question de n'importe quel domaine, il lui était loisible d'écrire la demande et de la présenter au Maître le matin en entrant dans la forge. Le Maître ne lisait jamais l'écrit. S'il jetait le papier au feu, c'est sans doute que la demande ne valait pas la réponse. S'il plaçait le papier dans son turban, le disciple qui l'avait présenté trouvait le soir la réponse du Maître écrite en caractères d'or sur le mur de sa cellule.

Lorsque dix années furent écoulées, le forgeron s'approcha du jeune homme et lui toucha l'épaule. Le jeune homme, pour la première fois depuis des années, lâcha la corde du soufflet de forge. Une grande joie descendit en lui. Le Maître dit :
_ Mon fils, tu peux retourner vers ton pays et ta demeure, avec toute la science du monde et de la vie dans ton coeur. Car tout cela tu l'a acquis en acquérant la vertu de la patience !
Et il lui donna le baiser de paix. Le disciple s'en retourna illuminé dans son pays, au milieu de ses amis. Et il vit clair dans la vie.
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Sayana
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Ven 14 Aoû 2009 - 18:49

J'avoue adorer ce genre de petites histoires remplies de la sagesse des anciens temps.

Incroyable la façon dont des choses aussi vraies et inaltérables peuvent être placées dans des contextes et avec des mots aussi simples qu'efficaces.
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Elffeuer
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Lun 17 Aoû 2009 - 22:42

Nasredidin se rendit un jour auprès d’un aveugle et s’assit près de lui.
L’aveugle lui demanda:
-Nasreddin, dis-moi, elle est comment la neige ?
-Elle est blanche, répondit Nasreddin.
-Ah, dit l’aveugle.
Après un moment, il demanda encore:
-Mais c’est comment blanche ?
-Blanche, dit Nasreddin en cherchant ses mots, blanche c’est comme le lait.
-Ah, dit l’aveugle.
Et un moment plus tard, il demanda:
-Le lait, c’est comment ?
-Le lait, dit Nasreddin, tu vois, c’est comme des oiseaux qui sont sur la rivière, tu sais, les cygnes…
-Ah, dit l’aveugle.
Et un moment plus tard, il demanda à Nasreddin:
-Dis-moi, Nasreddin, c’est comment un cygne ?
-Et bien, c’est un grand oiseau, avec de larges ailes, un cou très long et courbé, et un bec comme ça…
Nasreddin allongea son bras et courba son poignet pour imiter un cygne. L’aveugle tendit la main et caressa le bras et la main de Nasredin, lentement, attentivement, avant de dire en souriant:
-Ah oui, maintenant je vois comment elle est la neige…
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Mer 26 Aoû 2009 - 22:23

Un jour, quelqu'un vint voir Socrate et lui dit :
- Ecoute Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s'est conduit.
- Arrête ! interrompit l'homme sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
- Trois tamis ? dit l'autre, rempli d'étonnement.
- Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est celui de la vérité. As-tu contrôlé si tout ce que tu veux me raconter est vrai ?
- Non, je l'ai entendu raconter et...
- Bien, bien. Mais assurément tu l'as fait passer à travers le deuxième tamis. C'est celui de la bonté. Est-ce que ce que tu veux me raconter, si ce n'est pas tout à fait vrai, est au moins quelque chose de bon ?
Hésitant, l'autre répondit :
- Non, ce n'est pas quelques chose de bon, au contraire.
- Hum ! dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s'il est utile de me raconter ce que tu as envie de me dire...
- Utile ? Pas précisément...
- Eh bien ! dit Socrate en souriant, si ce que as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l'oublier...

-------------------------------------------------


Une histoire dont je ne sais pas à quelle tradition elle s’attache :

Un homme va voir et un sage, pour apprendre auprès de lui.

- « Dites-moi, vous qui êtes sage, qu’est-ce qu’il y a dans votre esprit ?
- Dans mon esprit, il y a deux chiens, un noir et un blanc. Ils se battent tout le temps.

Le disciple est un peu surpris.

- Deux chiens ? Qui se battent ?
- Oui, pratiquement tout le temps.
- Et lequel gagne ?
- Celui que je nourris le plus. »

-------------------------------------------------


Près de Tokyo vivait un grand samouraï, déjà âgé, qui se consacrait désormais à enseigner le bouddhisme Zen aux jeunes. Malgré son âge, on murmurait qu'il était encore capable d'affronter n'importe quel adversaire.

Un jour arriva un guerrier réputé pour son manque total de scrupules. Il était célèbre pour sa technique de provocation: il attendait que son adversaire fasse le premier mouvement et, doué d'une intelligence rare pour profiter des erreurs commises, il contre-attaquait avec la rapidité de l'éclair.

Ce jeune et impatient guerrier n'avait jamais perdu un combat. Comme il connaissait la réputation du samouraï, il était venu pour le vaincre et accroître sa gloire.

Tous les étudiants étaient opposés à cette idée, mais le vieux Maître accepta le défi.

Il se réunirent tous sur une place de la ville et le jeune guerrier commença à insulter le vieux Maître. Il lui lança des pierres, lui cracha au visage, cria toutes les offenses connues - y compris à ses ancêtres.

Pendant des heures, il fit tout pour le provoquer, mais le vieux resta impassible. A la tombée de la nuit, se sentant épuisé et humilié, l'impétueux guerrier se retira.

Dépités d'avoir vu le Maître accepter autant d'insultes et de provocations, les élèves questionnèrent le Maître:

"Comment avez-vous pu supporter une telle indignité? Pourquoi ne vous êtes-vous pas servi de votre épée, même sachant que vous alliez perdre le combat, au lieu d'exhiber votre lâcheté devant nous tous?"

"Si quelqu'un vous tend un cadeau et que vous ne l'acceptez pas, à qui appartient le cadeau?" demanda le samouraï.

"A celui qui a essayé de le donner", répondit un des disciples.

"Cela vaut aussi pour l'envie, la rage et les insultes", dit le Maître. "Lorsqu'elles ne sont pas acceptées, elles appartiennent toujours à celui qui les porte dans son coeur."

-------------------------------------------------


"Pourquoi la fleur s'est-elle fanée?
Je la pressais contre mon coeur avec inquiétude et amour ; voila pourquoi la fleur s'est fanée.
Pourquoi la rivière s'est-elle tarie?
Je mis une digue en travers d'elle afin qu'elle me servit à moi seule : voila pourquoi la rivière s'est tarie."

-------------------------------------------------


Un jour, une femme en pleurs vint trouver le Bouddha. Son seul enfant venait de mourir, elle avait déjà perdu son mari, et il ne lui restait plus personne au monde. Le Bouddha lui sourit avec bonté et lui dit :
"Va dans la ville et rapporte-moi quelques grains de sénevé d'une maison où jamais personne n'est mort." Elle s'en fut. Mais partout, la femme reçut la même réponse.
"Nous pouvons te donner autant de grains de sénevé que tu veux, mais la condition est impossible à remplir! Sous ce toit, beaucoup de personnes ont déjà rendu l'âme."
Elle s'obstina et poursuivit sa recherche, dans l'espoir de trouver une maison où la faucheuse n'aurait jamais frappé. A la nuit tombé, elle renonça, et comprit que la mort faisait partie de la vie ; la mort n'est pas un désastre, elle survient tôt ou tard. Elle retourna voir le Bouddha qui lui demanda si elle rapportait des grains de sénevé. La femme se prosterna et dit :
"Accorde-moi l'Initiation, je souhaite connaître ce qui n'est pas éphémère. Je ne te demande plus de me rendre mon enfant, il mourrait de toute façon un jour ou l'autre. Enseigne moi plutôt ce qui ne meurt jamais.
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MessageSujet: ^^   Jeu 27 Aoû 2009 - 15:43

J'aime beaucoup vos histoires ...
En voila d'autres,

Djeha-Hodja Nasreddin et sa femme paressaient au lit et aucun d'eux n'avait envie de se lever.
- Kalima, dit Djeha-Hodja Nasreddin, va voir dehors s'il pleut encore.
- Non, le temps est sec, sinon tu entendrais le bruit de la pluie sur le toit.
- Alors, lève-toi pour mettre une bûche dans le feu.
- Tu ne vois pas d'ici qu'il reste encore des braises dans la cheminée ?
- Je vois que tu n'as aucune envie de te lever. Puisque tu as réussi à faire deux tâches sans sortir du lit, dis-moi comment tu comptes t'acquitter de la troisième ?
- Laquelle ? Interrogea Kalima
- Traire la chèvre qui se trouve dans la cabane, au bout du jardin


Un voleur s'est introduit chez Djeha-Hodja Nasreddin. Il fouilla partout sans rien trouver, jusqu'au moment où il ouvrit l'armoire de la chambre et y trouva Hodja.
- Que fais-tu là, lui demanda t-il, je te croyais au marché ! Tu vois, j'avais soif et je suis entré juste pour me désaltérer
- Je sais que tu es un voleur, lui dit Hodja. Dès que je t'ai entendu, je me suis caché, tellement j'avais honte.
- Honte de quoi ?
- Honte … qu'il n'y ait rien à voler chez moi

Les enfants du village passent leur temps à taquiner Djeha-Hodja Nasreddin et à s'amuser à ses dépens. Un jour, ils le défient de grimper à un arbre, en lui disant qu'il n'en est pas capable. Djeha-Hodja Nasreddin accepte le défi et, retroussant ses manches et se déchaussant, il grimpe. Une fois là haut, les enfants lui volent ses chaussures. Ce qu'il constate une fois redescendu. Il s'en va alors à travers les rues du village, criant :
- Qu'on me rende mes chaussures sinon je vais faire comme a fait mon père autrefois.
Entendant cela, les anciens du village s'empressent de lui en acheter une autre paire, craignant qu'il ne mette sa menace à exécution. Cependant, quelqu'un lui demande :
- Mais qu'a donc fait ton père quand on lui a volé ses chaussures ?
- Ce qu'il a fait, répond Djeha-Hodja Nasreddin, il est allé en racheter une autre paire au marché.
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Jeu 17 Sep 2009 - 21:29

Un homme seul s’avançait dans une forêt obscure et peuplée d’animaux féroces. Un immense filet entourait la forêt, mais l’homme ne le savait pas, car le filet restait invisible aux yeux humains.
L’homme ne pouvait pas faire autrement que de passer par cette forêt.
Soudain, à l’écoute des hurlements des fauves, il fut touché par la peur. Il courut et tomba brusquement dans un puit noir. Par un prodige, il resta accroché à des herbes, à des racines enchevêtrées au bord du trou, agrippé à deux mains.
Il sentait au dessous de lui le souffle chaud d’un énorme serpent qui ouvrait sa gueule au fond du puit. Il sentait qu’il allait tomber et s’engloutir dans cette gueule hideuse. Au-dessus de lui, écrasant les arbres, il vit s’approcher un éléphant gigantesque qui leva la patte pour l’écraser. Des souris blanches et noires surgirent et se mirent à grignoter les racines auxquelles l’homme se tenait suspendu. Des abeilles dangereuses volèrent à ce moment-là autour du trou en laissant tomber des gouttes de miel.
Alors l’homme lâcha une de ses mains et tendit le doigt, doucement, avec précaution. Il tendit le doigt pour recueillir les gouttes de miel.
Menacé par tant de danger, au bord de tant de morts, ils ne connaissait pas l’indifférence, et le goût du miel l’animait encore…
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Lun 26 Oct 2009 - 15:25

Ces histoires sont vraiment belles et instructives.
Merci de les partager avec nous.

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fleuve de montagnes dévalant sur les roches."

Morihei Ueshiba


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And the sweet silver song of a lark."


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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Lun 26 Oct 2009 - 16:11

Un homme ne retrouvait pas sa hache. Il soupçonna le fils de son voisin de la lui avoir prise et se mit à l'observer. Son allure était, typiquement, celle d'un voleur de hache. Son visage était celui d'un voleur de hache. Les paroles qu'il prononçait ne pouvaient être que des paroles d'un voleur de hache. Toutes ses attitudes et tous ses comportements trahissaient l'homme qui a volé une hache.
Mais, très inopinément, en remuant la terre, l'homme retrouva soudain sa hache.
Lorsque le lendemain, il regarda de nouveau le fils de son voisin, celui-ci ne présentait rien, ni dans l'allure, ni dans l'attitude, ni dans le comportement, qui évoquât un voleur de hache.

Parabole du Maître Lie-Tseu, IIIème siècle

------------------------------------------------------------------------



Nasser Din Hodja regardait un bassin, très attentivement, dans lequel nageaient paresseusement des poissons. Un voisin passant par-là et s'approchant de Nasser lui demande: "Que fais-tu Nasser?" Le bonhomme ne répond rien, perdu dans sa contemplation silencieux et immobile. Amusé le voisin a une idée et décide de taquiner ce vieux bougre de Nasser...
"Dis-moi Nasser Din... Toi qui sait toujours tout et qui a toujours réponse à tout... A ton avis, pourquoi les poissons ne peuvent-ils pas parler?"

Le "sage" reste immobile, silencieux, contemplatif pendant un long temps.
Le voisin rit intérieurement en se disant qu'il a enfin trouvé le moyen de berner le vieux filou.
Mais dans un chuchotement on entend: "Approche mon ami que je te glisse à l'oreille pourquoi les poissons ne parlent pas..."
Le voisin curieux s'approche promptement et là Nasser le saisit au collet et lui plonge violemment la tête dans le bassin, la maintenant sous l'eau.
Le voisin essaye de se débattre mais Nasser le maintient fermement, il est presque cul par dessus-tête dans le bassin. Il essaye de hurler... mais dans l'eau... cela ne fait que des bulles.

Enfin, après un temps qui lui semble interminable, le voisin sent qu'on le sort de l'eau. Il respire enfin de nouveau et d'une voix étranglée, entrecoupée d'émotion, le voisin râle: "Mais tu... tu es fou... complètement fou... J'aurais pu me noyer..."
"Eh bha voilà!" répond Nasser Din Hodja goguenard "Désormais tu sais pourquoi les poissons ne parlent pas..."

------------------------------------------------------------------------


Il y avait autrefois à Bénarès un roi très sage. Il convoqua un jour dans son palais quatre aveugles de naissance. Puis il fait introduire un éléphant dans la grande salle du trône.
Il dit alors aux aveugles :
"Vous allez toucher cette grosse chose et me dire ce que c'est."
Le premier toucha la queue, et dit :
"Bien sur, c'est une corde !"
Le deuxième toucha la trompe et déclara avec assurance :
"C'est un serpent !"
Le troisième toucha une patte et affirma sereinement :
"C'est de toute évidence un tronc de bananier !"
Le quatrième toucha le ventre et s'exclama :
"Mais c'est une barrique !"
Et ils se mirent à se disputer et à en venir aux mains...
L'insensé ne perçoit qu'une part des choses. Seul le sage connait le tout. Ouvre ton esprit et ton coeur à la paix ! Et la paix régnera sur le monde.

------------------------------------------------------------------------


"Un maître dans les différents arts de la peinture, devant une toile vierge, explique à l'un de ses élèves comment relier le "spirituel" aux techniques artistiques :
Donnez-moi un fusain et je tracerai l'ombre de la mort.
Donnez-moi une craie et j'esquisserai la trame de la vie.
Donnez-moi une palette de couleurs et j'ébaucherai la Beauté de la Création.
Donnez-moi un crayon et je dessinerai l'éphémère de l'existence.
Donnez-moi des aquarelles et je dévoilerai les infinies nuances de la lumière.
Donnez-moi un couteau et j'éclabousserai l'Ordre de Chaos.

L'élève ne sachant quel instrument donner au Maître médite longuement. Puis, il se lève, ôte la toile du chevalet et s'en va de part le monde."

Ainsi en est-il de toute chose... Savoir et connaissance sont gageures humaines, ce que tu recherches n'appartiens à personne d'autre qu'à toi-même. Le savoir ne peut se vendre, ni se voler, ni se donner, encore moins s'acheter. Ce que tu veux connaître, il t'appartient de le découvrir...


------------------------------------------------------------------------


Un jour, l'âne d'un fermier est tombé dans un puits.
L'animal gémissait pitoyablement pendant des heures,
et le fermier se demandait quoi faire.
Finalement, il a décidé que l'animal était vieux et
le puits devait disparaître de toute façon.
Ce n'était pas rentable pour lui de récupérer l'âne.
Il a invité tous ses voisins à venir et à l'aider.
Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à enterrer le puits.
Au début, l'âne a réalisé ce qui se produisait
et se mit à crier terriblement.
Puis, à la stupéfaction de chacun, il s'est tu.
Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement
regardé dans le fond du puits et a été étonné de ce qu'il a vu.
Avec chaque pelletée de terre qui tombait sur lui,
l'âne faisait quelque chose de stupéfiant.
Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.
Pendant que les voisins du fermier continuaient
à pelleter sur l'animal, il se secouait et montait dessus.
Bientôt, chacun a été étonné que l'âne soit hors du puits
et se mit à trotter!

Et si c'était nous qui étions à la place de l'âne ? Et si c'était la Vie jouait le rôle des fermiers ?
...
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Szyra Nahim
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Jeu 29 Oct 2009 - 22:01

La dernière est sublime.
<3

Où trouves-tu toutes ses histoires Elff' ?
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Jeu 29 Oct 2009 - 22:47

Pour la plupart dans des livres ou sur internet, et pour quelques unes, de mémoires ^^
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Lun 2 Nov 2009 - 22:13

*Pourquoi personne ne poste ?? Puisque c'est ça, en voilà d'autres ! *

Un petit oisillon qui vient de naître était heureux dans son nid, lorsque soudain il en tombe.
Par terre, il faisait froid, et le petit oiseau grelottait.
Passe alors une grosse vache, qui vit le petit oiseau tout tremblant de froid.
La grosse vache se positionne sur l'oiseau, et lâche une grosse bouse bien chaude sur lui.
Le petite oiseau, qui n'a plus froid, est alors tout heureux, et se met à piailler, piailler de joie.
Passe un renard, dans le coin, qui entend les cris de bonheur du petit oiseau.
Il s'approche, retire l'oiseau de la bouse, le porte à sa bouche, et le croque.

---------------------------------------------------------------------------------------


Il était une fois un homme vraiment misérable. Tout allait mal, pour lui. La malchance s’acharnait contre lui. Le toit de sa masure fuyait, son jardin était une jungle, il n’avait ni amis ni femme. Il finit par devenir fier de son infortune. Il disait à qui voulait l’entendre : « Je suis l’homme le plus malchanceux du monde ! »

Il commença à se demander pourquoi Dieu l’avait rendu si malchanceux. Il décida de le trouver et de lui demander.

Après avoir marché pendant un an et un jour dans les bois, il trouva une clairière avec une caverne. Il alla dans la caverne ; et quand ses yeux se furent accommodés à l’obscurité, il remarqua un loup, dans un coin. Il était dans un sale état. Il était si maigre que l’on pouvait voir ses côtes, et sa fourrure était sale et clairsemée. Étonnamment, il pouvait parler.

Le loup demanda : « Qui es-tu et où vas-tu ? » L’homme répondit : « Je suis l’homme le plus malchanceux du monde et je cherche Dieu, pour lui demander pourquoi je suis si malchanceux. » Le loup dit : « Quand tu le verras, peux-tu lui demander pourquoi je suis comme cela et pourquoi je suis si faible ? »

« Viens avec moi, et demande-lui toi-même. » répondit l’homme. « Je doute d’en être capable. » répondit le loup. « Je me sens trop faible pour voyager. Tu demandes pour moi. » L’homme donna son accord et reprit la route.

Il marcha pendant une autre année et un jour, puis il se reposa dans la forêt. Une feuille tomba sur sa tête, et il regarda en haut, pour voir un arbre misérable, petit et tout fin. L’arbre dit : « Qui es-tu et où vas-tu ? » L’homme répondit : « Je suis l’homme le plus malchanceux du monde et je cherche Dieu, pour lui demander pourquoi je suis si malchanceux. » L’arbre dit : « Quand tu le verras, peux-tu lui demander pourquoi je suis comme cela et pourquoi je ne peux pas faire pousser de fortes branches et un tronc épais ? » « Viens avec moi, et demande-lui toi-même. » répondit l’homme. L’arbre répondit : « Je suis capable de parler, mais pas de bouger, tu peux voir que je suis enraciné ici. Tu demandes pour moi. » L’homme donna son accord et reprit la route.

Une autre année et un autre jour passèrent. Il arriva dans une vallée merveilleuse, verdoyante, et il y trouva une petite maison blanche. La plus belle femme qu’il ait jamais vue se tenait sous un cerisier, près de la porte. Elle lui demanda : « Qui es-tu et où vas-tu ? » L’homme répondit : « Je suis l’homme le plus malchanceux du monde et je cherche Dieu, pour lui demander pourquoi je suis si malchanceux. » La femme l’invita à l’intérieur, lui prépara un délicieux repas, écouta son histoire et lui dit « Quand tu le verras, peux-tu lui demander pourquoi je suis si seule ? » Il donna son accord.

Après un an et un jour, arrivé au bord du monde, il trouva Dieu.

« Qui es-tu et où vas-tu ? » lui demanda Dieu. L’homme répondit : « Je suis l’homme le plus malchanceux du monde et je viens te demander pourquoi je suis si malchanceux. »

Dieu écouta patiemment pendant que l’homme déversa la longue histoire de tout ce qui n’allait pas dans sa vie. Quand il eut terminé, Dieu dit : « Tu n’es pas seulement malchanceux, tu es stupide. » Ce n’était pas la réponse que l’homme espérait, il lui demanda d’expliquer.

« Je t’ai crée du mieux que je pouvais. Je t’ai fourni d’infinies possibilités et opportunités, je t'ai entouré de beauté, de gens à connaître, d’endroits à explorer et de découvertes à faire. Tu dois te reprendre et arrêter de dire que tu es l’homme le plus malchanceux du monde. Va plutôt chercher ta chance, là où elle se trouve. Bouge. »

L’homme, rendu silencieux par ces paroles, s’en retourna, songeur.

Dieu le rappela. « Tu as des questions à me poser de la part des autres, n’est-ce pas ? » L’homme posa les questions et Dieu lui donna les réponses, puis lui dit de repartir sur ses pas.

Il arriva à la jolie maison appartenant la belle femme, dans la verte vallée. Elle l’invita de nouveau, impatiente de connaître les réponses. L’homme lui dit : « Dieu m’a dit que je n’étais pas seulement malchanceux, mais stupide. » Puis il lui dit que Dieu avait dit qu’elle était seule parce qu’elle vivait dans un endroit isolé. Il a dit « Dis-lui d’ouvrir les yeux, et de demander en mariage le premier homme qui passera, et ils vivront heureux toute leur vie. » Elle répondit : »Tu es le premier homme qui est passé. Veux-tu m’épouser ? » Bien que tout fut parfait, l’homme dit : « Non. Je dois partir, parce que Dieu m’a dit d’aller chercher ma chance là où elle se trouve. » Et il partit.

Quand il trouva l’arbre rabougri, il lui dit : « Dieu m’a donné ta réponse. Tu ne peux pas pousser correctement, parce que quand tu étais seulement une jeune pousse, des brigands enterrèrent un trésor ici, sous toi. Ce trésor bloque tes racines et t’empêche de te développer. Si tu trouves quelqu’un pour creuser et enlever le trésor, alors tu pourras croître normalement. Dieu m’a aussi dit que je ne suis pas seulement malchanceux, mais aussi stupide. » L’arbre répondit : « Il y a une pelle, là-bas, près de cet arbre. Elle s’y trouve depuis aussi longtemps que je peux m’en souvenir. Prends là et enlève-moi ce coffre ! » l’homme répondit : « Non. Je dois partir, parce que Dieu m’a dit d’aller chercher ma chance là où elle se trouve. » Et il partit.

Finalement, il retrouva le loup dans sa grotte. « As-tu demandé ? » dit le loup. « Oui. Il semble que non seulement je suis malchanceux, mais en plus je suis stupide. » Le loup hocha la tête et dit « Et pour moi, qu’est-ce qu’il a dit ? » L’homme répondit : « La seule raison pour laquelle tu es si faible, c’est que tu es affamé. Il a dit que tu dois manger le premier homme stupide que tu rencontreras. »

Et ainsi le loup le mangea.

---------------------------------------------------------------------------------------


La leçon du papillon



Un homme qui se promenait vit un cocon dans un petit trou.

Il s'arrêta de longues heures à observer le papillon qui s'efforçait de sortir par ce petit trou. Après un long moment, le papillon semblait avoir abandonné, et on aurait dit qu'il avait fait tout ce qu'il pouvait pour sortir de ce trou, sans succès.

Alors, l'homme décida d'aider le papillon : il prit un canif et ouvrit le cocon.
Le papillon sortit aussitôt mais son corps était maigre et engourdit, ses ailes étaient peu développées et bougeaient à peine.L'homme continua à l'observer, pensant que d'un moment à l'autre, les ailes du papillon s'ouvriraient et seraient capables de supporter le corps du papillon pour qu'il puisse prendre son envol. Il n'en fut rien !

Et le pauvre papillon passa le reste de son existence à se traîner par terre avec son maigre corps et ses ailes rabougries. Jamais il ne put voler.

Ce que l'homme, avec son geste de gentillesse et son intention d'aider, ne comprenait pas, c'est que le passage par le trou étroit du cocon était l'effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre le liquide de son corps à ses ailes de manière à pouvoir voler.

La morale de cette histoire est que, parfois, l'effort est exactement ce dont nous avons besoin dans notre vie. Et qu'avec une âme charitable et des intentions louables, on peut parfois faire plus de mal que de bien...
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Jilian
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Lun 2 Nov 2009 - 23:41

J'adore la deuxième histoire et étrangement me rappelle quelque chose, et j'adore la dernière car elle me semble si proche de la réalité.
Merci pour me l'avoir fait partager.
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Aethera
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Mer 4 Nov 2009 - 22:02

La première histoire, je la connaissais, mais un peu différemment:

C'est un moine tibétain qui trouve un oisillon presque mort de faim et de froid dans la montagne. Alors, pour lui sauver la vie, le moins le prend et le met dans une grosse bouse de vache. Le petit oisillon commence à se réchauffer, à reprendre vie, et se met à pépier joyeusement. Ses cris attirent un renard qui, découvrant l'oiseau coincé dans la bouse, le croque.

Il y a trois morales à cette histoire:

- Celui qui te met dans la merde ne te veut pas forcément du mal.
- Celui qui t'en sort ne te veux pas forcément du bien.
- Si tu es dans la merde... ferme ta gueule.


Bon j'avoue que c'est un peu moins poétique XD . Mais j'adore tes histoires, Elff' !!

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Furvent, ceux qui vont mûrir te saluent !
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Mer 4 Nov 2009 - 22:42

Deux histoire juives que j'aime beaucoup... =)

Chutes

Un vieux rabbin enseignait :
"Chacun de nous est relié à Dieu par un fil. Et lorsqu'il commet une faute, le fil est cassé.
Mais lorsque nous regrettons notre faute, Dieu fait un noeud au fil.
Et le fil se retrouve alors un peu plus court qu'auparavant.
Et celui qui a péché s'en retrouve un peu plus près de Dieu.
Ainsi de faute en repentir, de noeud en noeud, nous nous rapprochons de Dieu.
Finalement, chacun de nos péchés est l'occasion de raccourcir d'un cran la corde et d'arriver plus près du coeur de Dieu.
Tout est Grâce."



Lamed Vavnik

Un conteur expliqua :
"Selon une vieille tradition juive quelque peu oubliée, le monde repose sur 36, et seulement 36, sages.
On les appelle les Lamed Vavniks, mais nul ne sait qui ils sont vraiment.
Eux non plus ne le savent pas.
Ainsi... Qui que soit que vous rencontriez, avec lequel vous conversez, gardez toujours à l'esprit que cette personne est peut-être l'un des 36 Lamed Vavnik de la planète."

Il fit une courte pause, et reprit son récit.
"Un jour, sans un centre pour personnes âgées, une vieille dame s'approche de moi et, comme il arrive souvent, elle m'attrape par le revers de la veste et me tire vers elle en me disant à voix basse : "je ne voulais pas le dire à tout le monde, mais je vais vous le dire à vous."

Elle me raconta que son époux était décédé deux ans auparavant. Ce fut une mort lente, douloureuse et pénible.
L'été avant sa disparition, sa famille l'emmena à leur maison de campagne. Et son petit-fils, âgé de neuf ans à peine, vint lui rendre visite. C'était un été très chaud, l'après-midi avait été pénible et le vieil homme était souffrant et faible.
L'enfant vint vers sa grand-mère et lui dit : "Grand-mère, amenons Grand-Père à la rivière. Je lui enlèverai ses chaussures et ses chaussettes et lui tremperai les pieds dans l'eau. Cela l'apaisera et il se sentira mieux."

"Oh" dit-elle. "C'est une idée merveilleuse mais vois-tu, le chemin qui descend à la rivière est rocailleux et escarpé et Grand-Père est très faible, je pense que cela l'épuiserait. Mais c'est une belle idée, et tu est vraiment merveilleux d'y avoir pensé. Merci."

Mais le vieil homme avait entendu la conversation et dit : "Non, allons-y !"

Ainsi l'emmenèrent-ils lentement et avec beaucoup de difficultés vers la rivière. Ils le posèrent sur un rocher, et l'enfant s'occupa de son Grand-Père. Il lui retira ses chaussures, puis ses chaussettes et lui aspergea tendrement les pieds. Ils restèrent là un moment."

Le conteur leva les yeux, et expliqua.
"Je pensais alors qu'elle allait me dire que son petit fils était un Lamed Vavnik. Mais elle dit plutôt :
"Vous savez, cela n'a pas aidé mon mari d'aller à la rivière. Aller sur ce chemin l'a quasiment achevé. Mais il savait ce que cela signifiait pour un enfant de neuf ans de faire quelque chose de bienveillant pour son grand-père mourant. Il savait quel souvenir son petit-fils en garderait.
Mon mari, dit-elle, lui, il était un Lamed Vavnik."
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Sam 7 Nov 2009 - 18:45

Moi aussi trouvant intéressante les histoires de Nasreddin j'ai cherché et reussi a en trouvé.


[url]Grand ou petit verre ? [/url]
Djeha-Hodja Nasreddin est invité par son ami Mokhtar à prendre le thé sur sa terrasse. Pour faire croire, aux voisins qui les observaient de leurs terrasses toutes proches, qu'il était généreux, il donna à Djeha-Hodja Nasreddin un très grand verre, mais qui ne contenait qu'un doigt de thé.
- Donnez-moi une corde, pour que je l'attache à ma taille, s'écria Djeha-Hodja Nasreddin, assez fort pour les voisins l'entendent.
- Tu perds la raison, Djeha-Hodja Nasreddin, dit Mokhtar.
- Au contraire, rétorqua Djeha-Hodja Nasreddin, Si je tombe au fond du verre, comment veux-tu-m'en sortir sans corde ?
Ayant compris l'allusion, son ami lui amena cette fois-ci un tout petit verre qu'il remplit à ras bord.
- Donnez-moi une corde, s'écria à nouveau Djeha-Hodja Nasreddin, pour que je l'attache au verre.
- Cette fois, tu es complètement fou, dit Mokhtar.
- Si j'avale le verre, dit Djeha-Hodja Nasreddin à la grande hilarité de l'assistance, comment ferai-je alors pour le sortir de mon estomac ?




Le joueur de luth
Quelqu'un demanda, un jour, à Djeha-Hodja Nasreddin s'il savait jouer du luth.
- Oui, répondit Djeha-Hodja Nasreddin
On lui donna un luth et il commença à jouer.
- Diiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing ....
Toujours la même note, avec la même corde, à plusieurs reprises. Après quelques minutes, les gens demandèrent à Djeha-Hodja Nasreddin de cesser de jouer.
- Djeha-Hodja Nasreddin, ce n'est pas une façon correcte de jouer du luth, vous jouez toujours la même note. Les joueurs de luth déplacent leurs doigts de haut en bas et vice-versa.
- Eh bien, je sais pourquoi ils vont en haut et en bas et essayent les différentes cordes.
- Pourquoi donc cela ?
- Parce qu'ils cherchent cette note que, moi, j'ai déjà trouvée.



La vérité ou la mort
Un jour le roi décida de forcer tous ses sujets à dire la vérité. Un gibet fut érigé devant les portes de la ville. Un héraut annonça que quiconque entrerait dans la ville devait d'abord répondre à une question qui lui sera soumise. Djeha-Hodja Nasreddin était le premier de la listes. Le capitaine de la garde lui a demandé
- Où allez-vous ? Dites-nous la vérité – sinon ce sera la mort par pendaison.
- Je vais à ce gibet, dit Nasreddin, pour y être pendu.
- Je ne vous crois pas.
- Très bien, si j'ai dit un mensonge qu’on me pende de suite!
- Mais ce pourrait être la vérité, dit le capitaine !
- Exactement, dit Nasreddin, votre vérité.
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Dim 22 Nov 2009 - 18:18

Aethera, ton histoire est tirée de "mon nom est personne" non? J'y ai penser dès que j'ai lu celle sur le cocon .

Bref...


Près de Tokyo vivait un grand samouraï, déjà âgé, qui se consacrait désormais à enseigner le bouddhisme Zen aux jeunes. Malgré son âge, on murmurait qu'il était encore capable d'affronter n'importe quel adversaire.
Un jour arriva un guerrier réputé pour son manque total de scrupules. Il était célèbre pour sa technique de provocation : il attendait que son adversaire fasse le premier mouvement et, doué d'une intelligence rare pour profiter des erreurs commises, il contre-attaquait avec la rapidité de l'éclair.
Ce jeune et impatient guerrier n'avait jamais perdu un combat. Comme il connaissait la réputation du samouraï, il était venu pour le vaincre et accroître sa gloire.
Tous les étudiants étaient opposés à cette idée, mais le vieux Maître accepta le défi. Ils se réunirent tous sur une place de la ville et le jeune guerrier commença à insulter le vieux Maître. Il lui lança des pierres, lui cracha au visage, cria toutes les offenses connues - y compris à ses ancêtres. Pendant des heures, il fit tout pour le provoquer, mais le vieux resta impassible. A la tombée de la nuit, se sentant épuisé et humilié, l'impétueux guerrier se retira.
Dépités d'avoir vu le Maître accepter autant d'insultes et de provocations, les élèves questionnèrent le Maître :
- Comment avez-vous pu supporter une telle indignité ? Pourquoi ne vous êtes-vous pas servi de votre épée, même sachant que vous alliez perdre le combat, au lieu d'exhiber votre lâcheté devant nous tous ?
- Si quelqu'un vous tend un cadeau et que vous ne l'acceptez pas, à qui appartient le cadeau ? demanda le samouraï.
- A celui qui a essayé de le donner, répondit un des disciples.
- Cela vaut aussi pour l'envie, la rage et les insultes, dit le Maître. Lorsqu'elles ne sont pas acceptées, elles appartiennent toujours à celui qui les porte dans son coeur.
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   Ven 8 Jan 2010 - 21:52

Je ne sais pas si c'est le bon endroit, ce n'est pas un compte:

Citation :
Lorsque le Sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt…
(Proverbe chinois)

Lorsque le Sage explique que son doigt n’a aucune importance et que c’est la lune qui est intéressante, l’imbécile écoute le Sage et trouve qu’il parle vraiment bien…
(Variante moderne de ce proverbe)

Lorsque le Sage exige de l’imbécile qu’il regarde cette "bon sang de lune", l’imbécile a peur mais ne lève pas la tête…
(Variante très moderne de ce proverbe)

Lorsque le Sage finalement renonce à parler de la lune, et lance la conversation sur son doigt qui après tout semble intéresser l’imbécile, ce dernier se dit que le Sage est un homme qui sait se faire comprendre et parler de tous les sujets, mêmes les plus incongrus. Comme les doigts…
(Variante encore plus moderne dudit proverbe)

Lorsque le Sage est mort, l’imbécile se demande : "Mais au fait, de quoi voulait bien nous parler le Sage quand il dressait le doigt si haut au-dessus de sa tête ?"
(Variante définitive dudit proverbe)


Paradis sur mesure.
Bernard Werber

Un livre que m’as prété une cousine : )
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MessageSujet: Re: Contes et Histoires philosophiques   

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